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Tome vingt-neuvième.
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lc temps d’examiner ce choix 8c de le con-tredire , s'il n'étoit pas consonne à la justicela plus rigoureuse. Ce n'est qu'après cetteépreuve que le choix du seigneur est con-firmé.

Le 8 juin, jour de la fête de saint Médard,vers les deux heures après midi, la rosiere ,vêtue de blanc, les cheveux fiottans engrosses boucles fur les épaules, accompagnéede fa famille, & de douze filles aussi vêtuesde blanc, avec un large ruban bleu en bau-drier, auxquelles douze garçons du villagedonnent la main , se rend au château deSalency , au son des tambours, des violons,des musettes, &c. Le seigneur va la recevoirlui-même. Elle lui sait un petit complimentpour le remercier de son choix ; ensuite leseigneur & son bailli lui donnent chacun lamain ; 8c précédés des instrumens, suivisd’un nombreux cortege , ils la meneur à laparodie , d'où après vêpres, on va procès-sìonneilement à la chapelle de saint Médard.C’est-là que le curé bénit la couronne surl’autel : elle est: entourée d'un ruban bleu ,8c garni sur le devant d'un anneau d'argentdepuis le régné de Louis XIII. Ce prince setrouvant, il y a i€o ans, au château deVarennes près de Salency , M. deBelloy,alors seigneur de ce dernier village , suppliale roi de donner en son nom cette récom-pense de la vertu. Louis y consentit, 8c en-voya le marquis de Cordes, premier capi-taine de ses gardes, qui fit la cérémonie dela rose au nom de Sa Majesté , 8c qui, parses ordres, ajouta aux fleurs une bague d’ar-gent 8c un cordon bleu.

Le curé , après la bénédiction , pose lacouronne sur la tête de la rosiere , & lui re-met les 2.5 livres. Elle est ensuite reconduitepar le seigneur 8c son fiscal, à la paroisse ,où l'on chante le Te Deum , au bruit de lamousqueterie des jeunes gens.

On donne encore à la rosiere, après lacollation fournie par les censitaires, parforme d’hommage, une fléché, deux ballesde paume & un sillet de corne. De-là routel’asiemblée fe rend à la cour du château, sousun gros arbre, où le seigneur danse le premieravec la rosiere. Ce bal champêtre finir aucoucher du soleil. Le lendemain la rosieredonne la collation à toutes les filles du village.

C'est une chose admirable combiçn cetTome XXIX,

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établísíèment excite à Salency l’émulationdes mœurs & de la sagesse. Tous les habitansde ce village , composé de 148 feux , sontdoux, honnêtes, sobres, laborieux. Ils sontenviron cinq cens : ils n'on t point de char-rue ; chacun beche fa portion de terre , &tout le monde y vit satisfait de son fort. Onallure qu'il n'y a pas un seul exemple, non-seulement d’un crime commis à Salency parun naturel du lieu , mais même d'un vicegrossier, encore moins d’une soibleíse de lapart du sexe. Quel bien produit un seul éta-blissement sage ! Eh que ne feroit-on pas deshommes, en attachant de Phonneur & dela gloire au mérite & à,la vertu !

Nous devons ajouter que M. Pelletier deMorfontaine , intendant de Soiflòns, s'étantprêté avec plaisir, en l'absence du seigneur,à être le parrain de Marie Caué, qui a été larosiere en 17 66, a eu la générosité de la doterde 40 écus de rente pour se marier , 8c y aajouté une somme pour les frais des noces 8cpour l’acquìsition d’une maison. Après lamort de Marie Caué , qui toute fa vie tou-chera les 40 écus par an , cette rente feraréversible aux filles rosières qui en jouirontchacune pendant leur année. Voyelle n° îgde l’Année littéraire , iy66.

Nous avons remarqué pareils traits dansun établissement semblable d'une médailled'argent, fondé à Neuilly en Bourgogne en176?, par M. Fyot de la Marche , comte deNeuilly. Voye{ ci-devant Neuilly dans leDijonois.

Cet usage si respectable a fourni à M. deSauvigny le sujet d'un roman sort agréable ,à M. Favart le plan de la comédie de la Ro-siere qui a été jouée à Fontainebleau en 1768,& à M. le marquis de ] * * * , la nouvelleRofiere, en quatre actes, en vers, mêléed’ariertes, représentée à Paris, en févr. 1774,dont la musique est de M. Grétry. ( C )

SALENTIA ou SALLENTLE , (Géogr.anc.) ancienne ville de la grande Grece , anpays des Melsapiens, selon Etienne le géo-graphe.

SALENTINS, les ( Géog. anc,) Salentini;ancien peuple de la grande Grece. Leur payss’appelloit Salentìna regio. Pcolomée n'y metau bord de la mer que le promontoire nom-mé Sapygium 8c S ale nu nu m promuntorium.Léandre croît que le pays des Salentins ré»Fffff