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Tome vingt-neuvième.
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So8 S A L

Lorsque l’eau , versée des exhalatoiresdans le poêlon où est la murre ou le sel desocquemenr, se dispose à bouillir, on rem-plir entièrement de bois lc fourneau de larande poêle, en laissant des jours entre lesuches que l’on croise à cet effet ; on al-lume ce bûcher, & si-tót que la poêle a prischaleur, on l’arrose avec la compolìtion dupoêlon , que l’on puise avec des vaisseauxappelles scillotes.

Quand le fer de la poêle est bien chaud,Sc qu’il commence à être encroûté de selformé par l’arrosement susdit , on y laisseentrer l’eau naturelle jusqu’à ce qu’elle soità peu près pleine ; ensuite on donne quatrechaudes consécutives, c’est-à-dire ; qu’oncharge quatre fois ce fourneau de bois ; laderniere chaude finit à trois heures aprèsmidi ; dans l’intervalle de ces chaudes , onlevé les augelots , ou ces especes de caissesde fer, avec une anse, qui se posent auxangles 8c le long des côtés de la poêle, 8cdans lesquels le schlot se dépose.

Cette premiere opération se fait par lemaître , le salineur 8c le bœuf ; c est ainsique l’on nomme l’ouvrier qui décharge lebois des charrettes, le jette fur la poêle, 8cfait les autres menus services.

A trois heures après midi le socqueur secharge de la poêle , il donne la dernierechaude avec le salineur qui se retire à sixheures ; le socqueur rabat les braises , 8claisse couler de nouvelle eau du poêlon dansla poêle , suivant la force de sa muire ; onne commence à tirer le sel que le trois ouquatrième jour, quelquefois en petite quan-tité , quelquefois assez abondamment ,suivant les accidens survenus pendant lacuisson.

On compte le salinage par abattues , lesabattues par tour, le tour est de 14 heures, &il y en 1 q dans une abattue ; chaquetour commence à quatre heures du ma-tin : le produit en sel est plus ou moinsgrand.

Il n’y a en cette saline que cinq ouvriers,parce qu’ils ne font pas obligés à travaillerle bois.

L’été est la saison la plus favorable ausalinage , il y en a bien des raisons qui seprésenteront,

S A L

mois*

abattues.

cordes de bois.

muids de sel.

Janv. 1737

M

XSSO

5170

517

IO97

8

1 6

2720

580

Août 7

M

M J°

5119

669

Mai 8

16

2669

1310

661

On a choisi pour cette comparaison ,deux mois d’hiver , pendant lesquels lenombre des abattues 8c des cordes de boisa été à peu près le même que dans deuxmois d’été.

Lorsque la muire ou l’eau des sourcessalées a lenti le feu pendant quelque temps,elle devient trouble 8c elle commence àdéposer un corps étranger , de couleurcendrée, gras au toucher , grumeleux ; encontinuant de le frotter entre les doigts,on le croiroit plein de sablon allez si n ; cettematière se nomme schlot, ou terre 8c crassede poêle ; c’est cette matière qui forme lecorps de l’écaille ou équille ; elle se durcitsur le fond de la poêle , devient auíïì solideque de la pierre commune , 8c lie le pre-mier sel qui tombe sur fond ; son dépôtprogressif est fini lorsque le grain de selcommence à paroître à la superficie de lamuire.

Pour diminuer l’épaisseur de l’écaille quidiminue faction du feu & ruine les sers ,on se sert des augelots, le schlot s’y dépose ;on le jette , parce qu’on sait par expériencequ’il ne contient presque point de íel ; ilfait périr les arbres , s’il pénétré jusqu’àla racine ; en le travaillant avec art 8c sansmélange , on en tire un sel pareil à celuid’Epson. >

On en tire encore d’autres sels ; en l’exa-minant, il donne des crystaux depuis sixjusqu’à 18 8c 20 lignes de long , & depuis1 jusqu’à ; ì lignes de largeur; ce sont desprismes à six pans irrégulièrement réguliers ;les deux surfaces du petit diamètre sont àpeu près doubles de largeur des deux sur-faces qui terminent chaque extrémité dugrand diamètre ; chacun des deux boutsest terminé en pointe de diamans, par sixtriangle* dont les bases sont égales aux deux