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Tome vingt-neuvième.
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S A L

fait mouvoir successivement la petits rivièrede Valiere , portent à leur axe des mani-velles de fonte qui, en tournant , tirent &poussent des balanciers, dont le mouvementprolongé jusque dans les bâtimens , y faitjouer 40 pompes. Elles font drestees dansles bassins, d'où elles élèvent les eaux saléesdans les cheneaux graduans , & leur enfburniííènt à proportion de ce qu’ils en dis-tribuent sur les épines.

L’art de graduer consiste donc à étendreles surfaces des eaux , & à les exposer àl’air, pour les faire tomber en pluie à tra-vers une longue maflè d’épines. Par là lesparties les plus légeres, qui font les douces,se volatilisent & se dissipent, tandis que lesautres , plus pelantes par le sel qu’elles con-tiennent , se précipitent dans le bassin , d’oùelles font remontées pour être de nouveauexposées à l’air, jusqu’à ce qu’elles aientacquis le degré de salure que l’on se pro-pose. Celui auquel on les bouillit commu-nément à Monrmorot , est de 12. à 1 ; ;lorsqu'on leur en fait acquérir davantage ,elles n’ont pas lc temps de se dégagerentièrement des parties étrangères , grassesSc terreuses, qui doivent tomber au fondde la poêle avant que le sel se déclare.

Il entre ordinairement par jour aux bâ-timens de graduation líoo muids d’eau ,& il s’en évapore 90® ; ce qui feroit par100 pieds de bâtiment, une évaporationd’environ 18 muids d’eau : on a tiré ce jourcommun fur l’année entiere de 1759.

Il faut observer qu’il y a des temps, telsque ceux des fortes gelées, où l’on ne graduepoint du tout , parce que l’eau se gelantdans les pompes & fur les épines , feroitbriser toute la machine. Mais la violencemême du froid qui empêche l’évaporationdes eaux, y supplée en les graduant par con-gélation. On perd alors en entier les eauxfoibles du puits de Lons-íe-saunier, & l’onremplit les bassins avec celles des puitsCorno^ & de l } étang du Saloir , qui font à 6& à 9 degrés. Il n’y a que le flegme , ou lesparties douces qu’elles contiennent, qui íëgelent. Quand elles le font, on casse la glace,& l’on renvoie aux baisoirs , ou réservoirsétablis près des poêles, l’eau salée, qui dansles grands froids acquiert ainsi par fa feulecongélation, jusqu’à 4& y degrés de plus.Tome XXIX.

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Mais lc degré n’est pas égal dans tous lesbassins ; il est toujours relatif à la quantitédes parties douces contenues dans l’eau ,& qui font les seules susceptibles de gelée :en forte que l’on acquiert quelquefois dudegré fur les eaux faiblement salées, tandisqu’on n’en acquiert point de sensible surcelles qui le font beaucoup.

Les temps les plus favorables pour lagraduation , font les temps secs avec unair modéré. Les grands vents perdent beau-coup d’eau ; ils la jettent hors des bâtimens,& emportent à la fois les parties salées 6 cles douces. Lorsque l’air est très humide,& pendant les brouillards fort épais, l'eau,loin d’acquérir de nouveaux degrés , perdquelquefois un peu de ceux qu’elle avoitdéjà. Elle se gradue, mais faiblement, parles temps presque calmes. L’air, comme uncorps spongieux, passant sur les surfaces del’eau, s’imbibe & se charge de leurs partiesles plus légeres. Aussi les grandes chaleursne produifent-elles pas la graduation la plusavantageuse , parce que l’air se trouvantalors condensé par les exhalaisons de la terre,perd de fa porosité, & conséquemment deion effet.

Nous pensons qu’il y auroit un moyen detirer encore un plus grand avantage desdifférentes températures de l’air , dont dé-pend absolument la graduation. Il faudroitconstruire un bâtiment à trois rangs parallèlesd’épines, où les vents les plus violens gra-dueraient toutes les eaux , fans les perdre.S’ils emportoient celles de la premiers & dela seconde ligne , ils les laisseraient tomberà la troisième, qui achevant de rompre leurimpétuosité déjà affaiblie , ne leur laisseraitplus jeter au dehors que les parties de l’eaules plus légeres. Un second bâtiment à deuxrangs d’épines, servirait pour les temps ottl’air est médiocrement agité. Enfin, il yen auroit un troisième à un seul rang , Scc’est sur celui-ci que l’on graduerait les eaux,lorsque l’air presque tranquille, ne pouvantagir qu’à travers une feule malle d’épines ,perdrait entièrement ía force s’il en ren-contrait urie seconde, Ze y laisserait retomberles parties douces qu il auroit emportées dela premiers.

Les eaux en coulant fur les épines, ylaissent une matière terreuse , sans salureM m m m m