S A L
Comme on ne peut s’y servir d’aucunesToitures , les esclaves y font la fonction dechevaux , 8c transportent d’un lieu à unautre, toutes les marchandises ; ils portentaullì les habitans fur une espece de lit decoton à réseau , suspendu par les deuxbouts ; ce lit ou palanquin est couvert d’uneimpériale, d’où pendent des rideaux quiempêchent d’être vu , 8c qui garantissentdu soleil. On est fort à son aise dans ce lit ;la tête repose sur un chevet , & le corpsíiir un petit matelas proprement piqué ; lachaleur violente du climat, 8c la mollesseextrême des habitans, ont rendu ces ha-macs très-communs, non-feulement pourfaire les visites , mais aussi pour se rendre àl’église.
San-Salvador , est la résidence du viceroidu Brésil, le siégé d’un archevêque, d’unconseil souverain, 8c d’une cour des mon-noies.
Les maisons y sont hautes , Sc presquetoutes de pierre de taille 8c de brique. Leséglises sont riches , Ôc les communautésnombreules ; les jésuites seuls y sont aunombre de près de deux cens , 8c les plusriches de tous les religieux. Ils y posiedentune église & un coìlege magnifique, où ilsentretiennent six régens pour enseigner.
San-Salvador , est un lieu de grand abordpour les marchandises qui s’y trafiquent,telles que sont les toiles, les baies, les serges,& les perpétuanes ; les chapeaux , les bas desoie & de fil , les biscuits , les farines, lefroment, les vins de port-i-port, &c ., leshuiles, le beurre, le fromage , les batteriesde cuisine , les esclaves de Guinée , &c.Pour toutes ces choses, on y reçoit en re-tour de l’or , du lucre , du tabac , du boisde teinture de Brésil & autres ; des peaux ,des huiles, des soifs, du baume de capahu,de l’ypécacuana, fi’c.
Cette ville si avantageuse pour les Por-tugais , est sor une hauteur de 80 toises ,qui dépend de la côte orientale de la baiede tous les Saints. Certe hauteur est très-difficile à grimper , & on s’y sort d’uneespece de grue pour monter & descendreles marchandises du port à la ville.
San-Salvador est en général bien fortifiée,mais la garnison est aussi débauchée quemal disciplinée. Les autres habitans ne valentTome XXJX.
S A L 865
guere mieux ; ils sont voluptueux, îgnorans,vains 8c bigots. Ils marchent ordinairementun rosaire à la main, un chapelet au cou ,un S. Antoine sur l’estomac, un poignardsur le sein , un pistolet dans la poche, 8cune longue épée au côté , afin de ne pasperdre l’occasion, en disant leurs chapelets,de so venger d’un ennemi. Lat. méridio-nale , 22.. ( D. J.)
SALVAGE , f. m. ( Droit de naufrage. )c’est un droit qui so paie à ceux qui ont aidéà sauver des marchandises 8c autres chosesqui péri floient dans un naufrage : ce droitest ordinairement le dixieme de ce qu’on asauvé. ( D. J. )
SALYAGES, isles , ( Géogr. mod. ) onnomme ainsi deux petites iíles d’Afriquedans l’Océan Atlantique, entre Madere aunord Sc les Canaries au midi ; elles sontincultes 8c inhabitées ; on croit cependantque ce sont les isles de Junon, J unies infultx.{D. J.)
SALVATELLE, f. m. terme d*Anatomie ,branche fameuse de la veine axillaire ouis’étend sor la partie extérieure de la main,entre le doigt annulaire 8c le petit doigt.Voye\’ Axillaire & Veine,
Plusieurs médecins , à limitation desArabes , recommandent la saignée de lâfalvatelle , comme très-propre dans les fievrestierces 8c quartes , 8c dans les maladieshypocondriaques.
SALVATIERRA , {Géogr. mod.) il ya deux à trois villes ou bourgs de ce nom enEspagne, 8c une en Portugal.
i°. Salvatierra , petite ville d’Espagneen Gallice , sur le Minho , dont l'évêqueest au nord-est de Tuy. Long. 10. 55. latit.
39 - 45 •
z°. Salvatierra , petite ville d’Espagnedans la Biscaye , province d’Alava > au piedd’une montagne. Long. 25. 30. latit. 42.. 48.
5 0 . Salvatierra , bourg d Espagne , dansle comté d’Arragon , au confluent des pe-tites rivières d’Arragon 8c de Veral, 8c àquatre lieues de Java.
4 0 . Salvatierra , ou Salvaterra , est uneville forte de Portugal, dans la provincede Béyra , fur la riviere d’Elia , à l’orientde Ségura. Long. g, $ ; éatit. gg , 34.{D. J. )
SALVATIONS, f. f. ( Gramm, & Ju-R rrrr