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Tome vingt-neuvième.
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§10 SAM

des interprètes , que la maison en questionétoit une íorce de théâtre de bois, appuyéfur des piliers de matière, fait à la hâte,mais apparemment construit à peu prèscomme ceux que les Romains bâtirentdans la fuite. Au milieu de l'édifice, dé-voient régner deux larges poutres fur les-quelles presque tout le reste portoit, 8c quirepo soient elles-mêmes par une de leursextrémités , fur deux colonnes presque con-tigiies , en forte que ces colonnes ne pou-voient pas être ébranlées fans que l'édificecroulât. On dira peut-être qu'ií est incon-cevable qu'un pareil édifice eût été astersolide pour soutenir plus de trois milleâmes ; Mais, qu'qn lise ce qu'atteste Plinedes deux théâtres que C. Curion avoit faitconstruire à Rome, & qui, aster vastes ,comme parle cet auteur , pour contenirtout le peuple Romain , étoient d'unestructure fi íìnguliere , qu’ils portoientchacun fur tin íeul pivot. Il y a pourtantune grande difficulté dans ce sentiment ;c'est que l’édifice de Gaza avoit un toitcapable de porter jufqu’à trois mille per-sonnes. Il faut donc que ce fut un édificed’une structure íìnguliere , comme la salleEgyptienne de Vitruve, & nullement sem-blable aux théâtres des anciens Grecs &Romains.

M. Shaw , ce voyageur si éclairé 8c sidigne de créance , croit avoir pris enAfrique une juste idée de la structure dutemple de Dagon.

“ Il y a, dit-il, dans ce pays-ci, plusieurs« palais & dou-wanas ( comme ils appellent>* les cours de justice ) , qui font bâtis" comme ces anciens enclos qui étoient» entourés les uns en partie feulement,

» les autres tout-à-íait, de bâtimcns avec» des cloîtres par dessous. Les jours de fêtes,

» on couvre la place de fable, afin que les« pello-wan, ou lutteurs, ne fe fassent pas» de mal en tombant, pendant que les toits» des cloîtres d’alentour fourmillent de» spectateurs. J’ai souvent vu à Alger,

» plusieurs centaines de personnes dans ces» sortes d’occaíìons, fur le toit du palais*> du dey , qui , de même que plusieurs» autres grands édifices, a un cloître avancé-» qui ressemble à un grand appentis, n’étant>• soutenu dans le milieu ou fur le devant,

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que par un ou deux piliers. C’est dans-- de semblables bâtimens ouverts, que les■ >- bachas, îescadis, & autres grands officiers» s'assemblent & s’asteient au milieu de leurs» gardes & de leurs conseillers, pour ad-’ >. ministrer la justice , 8c pour régler les» assures publiques de leur province. Ils» y font auífi des festins, comme les prin-" cipaux d’entre les Philistins en faifoient; » dans le temple de Dagon. De forte qu’en» fuppolant que ce temple étoit construit-- comme les bâtimens dont je viens de-- parler , il est aisé de concevoir comment» Samson , en faisant tomber les piliers qui» foutenoient ce cloître , le renversa, 8c>- tua plus de Philistins par fa mort, qu’ilv n’en avoit fait mourir pendant fa vie. --Samson dit, en invoquant le Seigneurpour l’écroulement du temple de Dagon :gue je meure avec les Philisins.. On demandesi ce souhait étoit innocent. Sa conduite nefavoriíbit-elle point le suicide ; Nous necroyons point que ces questions puissentembarrasser les personnes pieuses & éclairées.i°. Lapriere que Samson venoit d’adresierà Dieu , prise dans son vrai sens, ne saisieaucun doute fur la droiture de ses inten-tions. Ce n'est ni le dégoût de fa vie, nil’impatience , ni le désespoir , ni rien desemblable qui le pousse à demander à Dieuqu’il lui permette de s’immoler. z°. Nousrépétons de nouveau , que Samson étoitanimé d’une façon íìnguliere de l’efprit duSeigneur, qui l’avoit fait naître pour desactions héroïques & extraordinaires. ;°. Dèsq u'on le considéré comme le chef 8c lelibérateur d Israël, on ne doit plus voir dansle vœu qu’il forme , & dans faction qu’ilcommet, qu’un effort d’héroïsme 8c devertu.

Ce qui nous interdit d’attenter fur nosjours, savoir le bon usage que nous pouvonstoujours en faire pour notre propre salut,& l’obligation où nous sommes de les con-server, tant qu’ils peuvent être de quelqueutilité pour notre patrie , à l’état, à i’église& à nos familles : ces raisons - là mêmedoivent dispoler un général vaillant & fidèleà se dévouer à la mort, dès qu’il peut,par ce moyen, rendre un service essentielau public , 8c contribuer à la gloire de Dieu.La premiere intention de notre héros fut dc