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peut prouver qu’il n’est pas besoin de fer-mentation pour former & entretenir la cha-leur dans le corps humain. i°. Les partiessolides du corps humain font très - propresà s’échauffer par les frottemens: on l’expé-rimente à chaque moment par Faction desmains ou de quelque autre partie. i°. Dèsque le cœur viendra à agir par ses meuve-nt ens alternatifs, il pouffera les parois arté-rielles , qui par leurs vibrations fréquentess’échauíferont peu à peu. 3 0 . Les vibrationsdes artères ayant fort échauffé les autresparties solides, il arrivera que cette chaleurse communiquera aux fluides, ainlî les so-lides seront la seule cause de la chaleur dansle corps humain. 4 0 . Les parties fluides quifont dans les vaisseaux, sont très propres àréchauffer, puiíqu’elles font fort huileuses;ainsi elles pourront réchauffer beaucoup.y°. Par ce que nous venons de dire, on sedébarrasse facilement de la difficulté qu’onfait d "ordinaire contre ce sentiment ; savoircomment il se peut faire que les fluidesréchauffent beaucoup dans notre corps finsfermentation , puisque l’eau qu’on bat neréchauffe jamais. On en trouve aisémentla raison dans ce que nous venons de dire ;ri! n’y avoit que de l’eau dans le corps ,la chaleur seroit suffoquée , mais il y ad'aurres matières : d’ailleurs íì les parois desvaifleaux étoient bien fortes, & que l’eaun’empêchât pas l’efprít animal de coulerdans les nerfs, la chaleur pourroit se fairesentir. O11 n’a qu’à imbiber d’eau des piecesde bois qui réchauffent facilement, onverra que si on les frotte long temps í’unecontre l’autre, elles réchaufferont t or celane peut se faire qu’il ne survienne quelquechaleur dans l’eau contenue dans les pores ;de plus , s’il y avoit un principe d'éiasticitédans l’eau comme dans le sang , la chaleursurviendrait de même par les mouvemensde ce fluide , comme par le mouvement dusang. 6 °. Il y a une expérience qui prouveque la cause primitive de la circularion &de la chaleur , est Faction des vaisseaux.Qu’on prenne une grenouille, qu’on l’ou-vre Sc qu’on l’expose au froid, on verraque le sang qui est dans le mésentère secoagulera Sc se réduira en grumeaux. Sil’on présente ces vaisseaux au feu , les gru-meaux subsistent toujours', Faction des par-Tume XXIX.
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ties ignées ne les résout point ; mais dèsqu’on présente le cœur de la grenouille aufeu, Sc qu’il commence à battre , dès-lorstous les grumeaux disparaissent, & la cir-culation se revivifie , comme nous avonsdéjà dit. De là il s’ensuit évidemment quece n’est pas la chaleur qui donne la fluiditéau sang, que ce n’est que Faction des par-ties solides qui le divisent ; que sa chaleurest un effet du mouvement des vaisseaux ,Sc qu’elle n’est pas même absolument né-cessaire ; puisqu’elle n’est qu’une suite duressort des fibres. S’il arrivoit que ces fibrespussent avoir aflez de force pour diviser lesang , mais qu’elles n’en eussent pas assezpour réchauffer, le sang ne seroit nulle-ment chaud , quoiqu’ìl fut fluide. 7 0 . Onpeut voir par tout cela que le sangqm feratrop agité par les parties solides, réchauf-fera davantage , tendra à s’aîkalifier , de-viendra plus acre. 8-°. On peut expliquerpourquoi la chaleur devient plus forte quandla circulation trouve quelque obstacle : lesartères se trouvant plus dilatées, agiíientavec plus de force; ainsi la chaleur doit íèfaire sentir plus fortement. Voye^M. Senac,essai phys.
On peut concilier tout ce que nous ve-nons de dire du sang , avec les différentesespeces de tempéramens que les anciensont établies. Si le sang abonde en globulesrouges ou du premier genre , cet état feracelui que les anciens appelloient tempéra-ment sanguin ; Sc on rendra raison par-làdes symptômes particuliers à ce tempéra-ment. Si les globules rouges font en petitequantité dans le sang, & que celui-ci soitfluide Sc séreux, ce sera ce qu’ils appelloienttempérament phlegmatique. S’il arrive , parquelque cause que ce toit , que le sang setrouve surchargé de parties groílìeres, épaisses , Sc difficiles à mettre en mouvement,parties que les anciens ont regardées commeles principaux ingrédiens de l’attrabile, ce ferapour lors cette constitution qu ils ont ap-pellée mélancolique , temperamentum melan-colicum. Nos aíimens en général font d’unematière acide, ou participent de cette qua-lité ; mais par les altérations qu’ils ont àsouffrir dans notre corps > ils patient bientôtdans un état neutre: la structure du corpsdes animaux est telle , que la circulation par
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