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Tome vingt-neuvième.
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laquelle il est sujet par la transpiration ,prouve asiez ce que j’avance. Lorsque lecorps se trouve exposé à un certain volumed’eau capable de le presser de tous les côtés,& dont chaque goutte a une pesanteurnaturelle, elle s’insinue dans chacun de cesinterstices , dont elle augmente la capacitépar le relâchement que procure son humi-dité : parvenue après un certain temps jus-qu’» l’intérieur du corps, elle se mêle avecle sang ; aidée d’ailleurs par les contrac-tions réitérées du cœur, qui augmente àproportion de la pression, elle détruit lacohésion trop forte des molécules du sang,le fait circuler avec plus de facilité , & lerend plus propre aux sécrétions ; augmentecelle des esprits animaux , si nécessaire pourl’entretien des forces 6c l’exécution detoutes les fonctions, en même temps qu’ellemet le sang en état de se dépouiller desparties nuisibles que son trop grand épais-sissement ou sa trop grande lenteur à cir-culer y avoient amaííees.

Ces principes posés , il ne fera pas diffi-cile de déduire les raisons des phénomènesqu’on observe , selon le degré de chaleurou de froid des eaux qu’on emploie, 6c ladifférence des matières dont elles font im-prégnées. En augmentant la chaleur de l’eausimple, on lui donne un degré d-’élasticitédont elle est redevable aux parties ignéesqu’elle contient , & qui la rendent pluspénétrante. Lorsqu’elle se trouve chargéede parties ferrugineuses 6c chaudes enmême temps , ion resibrt & son poidsffont augmentés en raison réciproque de sachaleur & de la quantité de fer dont elleest chargée , & qui la rend propre à guérirplusieurs maladies qui ont pour cause l’em-barras du sang dans ses couloirs. Si, aucontraire , on emploie l’eau froide , leseffets en feront différens ; car quoique lafluidité & l’humidité soient la même , lefroid, loin de dilater les pores de la peau,les resserre en quelque forte, empêche unetrop grande évacuation par la transpiration,porte le calme dans la circulation du sang,lorsqu’elle est déréglé», 6c détruit, par cemoyen , les causes des maladies occasio-nées par ce dérangement. Willis nous endonne un exemple dans son traité de laMhrénéjìe , à l’occâsiqn d’une fille qui sut

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guérie de cette maladie par un seul bainfroid que l’on lui fit prendre : cette maladeétoit dans cet état depuis plusieurs jours;les saignées, les délayans, les amples bois-sons émulsionnées, &c. n’avoient pu dimi-nuer la sievre violente dont elle étoit atta-quée , 6c la soif qui la dévoroit. Le baimd’eau simple, pris dans la riviere pendant unquart-d’heure, calma tous les accidens, lui'procura un sommeil tranquille , 6c. elle sut.guérie lans avoir besoin d’autres remedes..On trouve dans la pratique plusieurs exem-ples de ces guérisons miraculeuses arrivée»par hasard; car souvent des gens attaqués*de phrénésie se sont jetés d’eux-mêmcsdans des fontaines ou bassins , 6c ont été'guéris.

Ce que l’on peut encore assurer, c’est quel’usage des bains de riviere, pendant leschaleurs, de l’été , est un fur préservatifcontre les maladies qui règnent ordinaire-»,ment dans cette saison..

Il reste à présent à chercher la raison deseffets du bain de mer , que l’on regarde-comme le remede le plus salutaire contrela rage, & que je tâcherai de déduire des,mêmes principes r ce qui ne fera pas im-.

; possible, en faisant attention d’abord que• la fluidité & l’humidité que nous trouvonsdans l’eau commune , se rencontre dansl’eau de mer, que fa pesanteur est augmentéepar le sel qu’elle contient, & qui lui donneune qualité beaucoup plus pénétrante ;enfin , que la terreur du malade, née del’appareil & du danger où il se trouvelorsqu’on le plonge, fait un contraste ca-pable de rétablir le dérèglement de l’ima-gination, qui est aussi dérangée dans cecas, que dans la phrénésie la plus violente.,D’ailleurs, on prend la précaution d’allerà la mer pour y être plongé, lorsque l’ona le soupçon d’être attaqué de la rage, sans,en avoir de certitude. Voye[ Rage.

On conçoit aisément que les bains devapeurs pénètrent la texture de la peau , &parviennent par les pores juíqu’à l’inté-rieur , où elles occasionent. à peu prèsles mêmes effets que si l’on avoit appliquéles médicamens dont on les tire ; c’est ce -que l’on éprouve de la part de 1’ esprit .de-vin , de celui de vapeurs de cinabre, quiexcitent même quelquefois la salivation.,.