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stature : ses feuilles quoique de la ffiêmí jforme & de la même nuance de verdure !que celles du vrai sapin , font néanmoinsdisposées comme celles de l’épicea , Scc’est en quoi on fait consister íur-toUt labeauté du baume de gilead. Ses cônes fontlongs &c fe terminent insensiblement enpointe : ils viennent au bout des branches,la pointe tournée en haut comme ceux duvrai sapin. Les graines & les écailles dontils font formés, tombent Sc fe dispersentde bonne heure en automne ; en torte quesi l'on veut avoir de ces cônes pour en con-server la graine, il faut les surveiller autemps de la maturité. M. Miller, auteurAnglois j assure que dans quelque terreinqu’on ait planté cet arbre en Angleterre,íà beauté ne s’y est pas soutenue pendantplus de dix ou douze ans ; que quand cesarbres ont passé leur jeunesse , on les voltdéchoir ; que leur dépérisiement se ma-nifeste par la grande quantité de chatons& de cônes qu’ils rapportent ; qu’ensuite ilsne poussent que de petites branches cro-chues ; qu’il transude de leur tronc unegrande quantité de térébenthine ; qu’alorsleurs feuilles tombent , & qu’enfin lesarbres meurent au bout d’un an. Cepen-dant le même auteur ajoute qu’il y a ungrand nombre de plants âgés de cette especede sapin qui sont vigoureux & d'une bellevenue dans les jardins du duc de Bedford,dont le fol est un fable profond ; d’où onpeut conclure que le baume de gilead nepeut prospérer que dans un terrein de cettequalité. On tire de cet arbre une résine .claire & odorante , que l’on fait passerpour de baume de gilead , quoique l’arbrequi donne le vrai baume de ce nom toitune espece de térébinthe.
4- Le grand sapin de la Chine ; ses feuillesfont bleuâtres en dessous, & disposées furles branches en maniéré de peigne. Sescônes font plus gros & plus longs que ceuxdes sapins d’Europc, ils ont fur l’arbre lapointe tournée en haut ; leurs écailles, ainsique les feuilles font terminées par un filetépineux.
5. Le tris grand sapin de la Chine; (f est unevariété qui ne différé de l’arbre précédent,que parce qu’elle prend encore plus d’élé-vation & que les écailles de ses cônes r.e
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J íont pas épineuses. Mais ces deux fortes dé
í sapins de la Chine, n’ayant point encorepaste en Europe, on n’en peut parler quesort superficiellement.
6. L’épicéa ; c’est l’espece de sapin la pluscommune en Europe, celle qui atteint uneplus grande hauteur, qui fe soutient lemieux dans un terrein médiocre, que l’oncultive le plus pour l’agrément, quoiquece soit l’espece de sapin qui en ait le moins.Il a l’écorce rougeâtre Sc moins cassanteque celle du vrai sapin. Ses feuilles fontplus courtes, plus étroites, d’un vert plusmat & plus brun , Sc elles font placéesautour des nouvelles branches fans aucunordre distinct. Ses cônes font plus lisses Scplus longs ; ils tombent de l’arbre toutentiers, Sc peu à peu pendant la secondeannée, & le plus grand nombre durant latroisième ; mais si on veut les cueillir pouravoir de la graine, il faut s’y prendre avantle hâle du printemps de la seconde année ;car alors les cônes s’ouvrent & laissenttomber la graine qui est fort petite, Scque les vents répandent au loin. Il tran-sude de c. -t arbre une substance résineusequi se durcit à l’air, Sc dont on sait la poixblanche Sc la poix noire, qui servent àdifférais usages. Voye ç à ce sujet le trait *des arbres , de M. Duhamel.
L’épicea se multiplie plus aisément quele vrai sapin. Les branches de cet arbre quel’on marcotte , ont au bout de deux ans,des racines suffisantes pour la transplanta-tion , Sc même les jeunes rameaux quitouchent contre terre dans un lieu fraisfont racines d’eux-mêmes. Il réussit allezbien de boutures ; si on les fait au com-mencement de juillet, elles soront propresà transplanter en pépinière au bout de qua-torze mois. Par ces deux moyens de mul-tiplication , la croissance s’acçélere plusqu’en semant. L’épicea est l’un des der-niers arbres que l'on trouve aux extrémitésdu nord avec le pin, le saule Sc le bouleau.Il sait le principal fond des forêts de cesclimats froids où il s’éleve à une très-grandehauteur dans la terre forte Sc profondedes vallées ; quoiqu’il y soit entieremenccouvert de neige pendant six mois del’année. Les Suédois, dans la disette desfourrages » donnent aux chevaux de jeunes