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Tome vingt-neuvième.
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La sappe ordinaire ou la fimple sappe , 1n’est autre chose qu'une tranchée pousséepied à pied, qui chemine jour & nuit égale-ment. Quoiqu’elle avance peu en apparence,elle sait beaucoup de chemin en effet, parcequ’elle marche toujours. C’est un métierqui demande une espece d’apprentifTage pours’y rendre habile, auquel on est bientôt faitquand le courage Sc le désir du gain fontde la partie.

Voici comment elle íè conduit.

L’ouvrage étant tracé, & les fappeursinstruits du chemin qu’ils doivent tenir,on commence par faire garnir la tête degabions , fascines, sacs à terre , fourchesde fer , crocs , maillets, mantelets , &c.

Cela fait, on perce la tranchée par uneouverture que les fappeurs font dans l’épais-seur de son parapet, à l’endroit qui leur estmontré ; après quoi, le fappeur qui menela tête , commence de faire place pour sonpremier gabion , qu’il pose fur son plan ,& l’arrange de la main du croc & de lafourche du mieux qu’il peut’, posant ledessus dessous , afin que la pointe despiquets des gabions débordant le sommet,puisse servir à tenir les fascines dont onles charge. Cela fait, il les remplit de terreen la jettant de biais en avant, Sc se tenantun peu en arriéré pour ne pas se découvrir :à mesure qu’il remplit le premier gabion ,il frappe de temps en temps de son mailletou de íà pioche contre, pour faire entasserla terre.

Ce premier gabion rempli, il en poseun second sur le même alignement, qu’ilarrange Sc remplit de même ; après cetroisième , un quatrième , se tenant tou-jours à couvert, Sc courbé derrìere ceuxqui font remplis ; ce qu’il continue toujoursde la forte : mais parce que les joints desgabions font fort dangereux avant que lasappe soit achevée , il les faudra fermer dedeux ou trois sacs à terre posés bout furbout fur chaque joint, que le deuxiemefappeur arrrange , après que le troisième& quatrième les lui ont fait paííèr.

A u vingtième ou trentième gabion poséSc rempli , on reprend les sacs de la queuepour les rapporter en avant , afin de lesépargner ; de forte qu’une centaine de sacsà terre bien ménagés , peuvent susiìre à

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conduire une sappe depuis le commence-ment du siégé jusqu’à la fin.

A î’égard de l’exécution de la sappe , voicicomme elle se doit conduire.

Le premier fappeur creuse 1 pied & demide large sur autant de profondeur, laissantune berne de 6 pouces au pied du gabion ,& taîuant un peu du même côté.

Le second élargit de 6 pouces , & appro-fondit d’autant , ce qui fait 2 pieds delarge Sc autant de profondeur.

Le troisième Sc le quatrième creusentencore chacun d’un demi- pied, Sc élar-gissent d’autant , font les talus, & rédui-sent les sappe s à 3 pieds de profondeur &autant de largeur par le haut, revenantà i pieds Sc demi fur le fond, les talusparés ; ce qui est la mesure que nousdemandons pour la rendre parfaite. Il restequatre hommes à employer de la mêmeescouade , qui se tenant en repos derriereles autres,font rouler les gabions Sc fascinesaux quatre de la tête, afin que les premiersfappeurs les trouvent fous la main ; ils leurfont aussi glisser des fascines pour garnir ledessus des gabions quand ils font pleins ;savoir deux sur les bords Sc un dans lemilieu, qu’on a foin de faire entrer dansles piquets pointus des gabions qui sur-montent le sommet, afin de le> tenir fer-mes; après quoi on les charge de terre.

L’excavation de ces 3 pieds de profon-deur fournit les terres nécessaires à rem-plir les gabions, Sc une masse de parapetformant un talus à terre courante d u côtéde la place, rempli de haut en bas, quine peut être percé que par le canon.

Quand les quatre premiers fappeurs fontlas , Sc qu’ils ont travaillé une heure oudeux avec force , ils appellent les quatreautres, lesquels prenant la place des pre-miers , ils travailleront de même force jus-qu’à ce que la lassitude les oblige à rappellerles autres, observant que celui qui a menela tête prend la queue des quatre , à lapremière reprise du rravail ; car chacund’eux doit mener la tête à son tour, Scposer une pareille quantité de gabions, afind’égaler le péril Sc le travail. De cette façonon fait une grande diligence , quand la sappe,est bien fournie.

Au surplus, ou fait marcher la sappe. non-