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Tome vingt-neuvième.
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SAP

On a accoutumé de leur payer quelquechose de plus que le prix de la toise cou-rante , pour chaque coupure qu’ils fontdans la tranchée, par la raison qu’il y a plusd’ouvrage qu’ailleurs ; cela se peut réduireà doubler le prix de la toise & rien deplus.

Au reste , il y a une chose à quoi lesofficiers doivent bien prendre garde ; c’estque souvent les sappeurs s’énivrent à la têtede leur fiippe , après quoi ils le font tuercomme des bêtes, fans prendre garde à cequ’ils font ; c’est de quoi il faut les em-pêcher en ne leur permettant pas d'y porterdu vin qui ne soit mêlé de beaucoupd’eau.

Comme rien n’est plus convenable à lasûreté , diligence & bonne façon des tran-chées , que cette maniéré d’en conduireles têtes, & de les ébaucher, rien n'estaussi plus nécessaire que d’en regler la con-duite ; car outre que la diligence s’y trou-vera , il est certain qu on préviendra beau-coup de, friponneries , qui s’y font par laprécipitation confuse avec laquelle elles seconduisent, qui font qu’il y a toujours de^embrouillement, & quelqu’un qui enprofite. Attaque des places, par M, le maré-chal de Vauban. Voyei PI. XVI , de for-fication, fig. z, n°. /,1eplan d’une sappe,fa vue du côté intérieur, n°. z, 8c du côtéextérieur , n°. $ , le profil d’une sappeachevée , n°. 4, & le profil représentantl’excavation des quatre sappeurs, n°. j , dela même Planche.

SAPPE R une muraille , ( Fortification. )C’est creuser la terre qui est au pied d’unmur , a fin de la renverser tout d’un coup ,faute de soutien. Sapper , selon Daviler ,c’est ruiner un ouvrage avec des marteaux ,des pioches , des bêches, &c ., en étayantla partie supérieure , & en creusant pardessous, & alors on met le feu aux étais,gu si c’est un rocher, en creusant une minefous lui.

Pour démolir des murailles fortes &épaisses , de vieilles citadelles, 6 x., on aen a coutume de fe servir de la sappe.Chambers.

' SAPPEUR , ( Fortification. ) soldat durégiment de Royal artillerie destiné à tra-vailler dans les lappes.

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On instruit dans les écoles d’artillerie lessappeurs à poser les gabions avec adresse ,& en s’expofant le moins qu’il est possible ;on dresse les gabions avec la fourche & lecrochet de sappe , & l'on fait à génou unboyau de deux pieds de profondeur ; lesappeur doit laisser un grand pied de relaientre les excavations &c les gabions , afinqu’ils ne culbutent pas dans la tranchée,ce qui arrive assez souvent. Voyez Sappe,.( <2 )

SAPPHIQUE, adj. (. littéral .) nom d’unvers fort usité dans la poésie Grecque &cLatine, ainsi appelle de Sapho à qui l’onen attribue l’invention.

Levers Japhique consiste en onze syllabes,ou cinq pieds , dont le premier, íe qua-trième & le cinquième font des trochées*le second un spondée, & le troisième ustdactyle.

Vivitur parvo bent , cui paternum

Splendet in mensa tenui salinum :

Nec leves somnos, timor, aut cupideSordidus ausert.

Horat.

Ce dernier vers íe nomme adonique, &on le joint ordinairement à trois vers saphi-ques , pour en former une strophe.

Cependant ou trouve dans les ancienspoètes tragiques , des chœurs composésd’un grand nombre de vers saphiques quise suivent immédiatement j en général, unvers japhique est dur quand il n’y a pas unecésure après le second pied. On a tenté,mais fans succès, de faire des vers saphiquese n François.

SAP RA PALUS , ( Géogr. anc.) lacdans l’isthme de la Chersonnelè satirique,selon Strabon , /. VII, pag. 308, ce mot; rá-rpn , féminin de <ra.irp > veut dire pourri ,corrompu. Le lac que Casaubon croit êtrele même que Byce, est au nord de la Cher-sonnefe à l’orient de l’isthme qui la jointà la terre-ferme , Sc qui, comme dit Stra-bon , le sépare de la mer , c’est-à-dire,du Pont-Euxin , ou , ce qui revient aumême, du golfe Carcinite. Il étoit plusenfermé qu’il n’est présentement par une