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Tome trentième.
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fui en feroient continuellement une tellecurée , qu’ils épailleroient & feroient fuirles lits, troupes ou bandes de ces petitspoissons ; que la jardine nage entre deuxeaux comme les harengs , & que c’est pourl’attirer à la surface qu’on amorce ; larogne qui est pesante tombant perpendi-culairement à fond , si les Jardines s’ytenoient, elles ne s’éleveroient pâte avectant de vivacité ; elles trouveroient à fondleur pâture ; cette idée est soutenue del’expérience qu’ils ont ; c’est aussi celle despêcheurs des côtes de la Méditerranée oula même pêche fe fait fans boite ni appât,& des pêcheurs du hareng qui se tient demême entre deux eaux à différentes pro-fondeurs , suivant les vents qui règnent ,ou la qualité des lits des poissons.

Une grande partie des Jardines de lapêche de Belle-111e s’enleve par des ba-teaux chasse-marées , & le reste s’apporteà terre pour être vendu aux marchands& faleurs , qui ont des presses où ils lespréparent de la maniéré que nous l’expli-querons ci-après.

11 n’est pas d’usage à Belle-Iste de fumerou l’oreter les Jardines ; cette forte depréparation semblable à celle de l’aprêtdes harengs fors y est inconnue , & n’y ajamais été pratiquée.

L’appât ou la boîte qui sert à la pêchede la jardine , que l’on nomme rave ,rogue ou rejiire , comme on l’a dit, estapportée aux pêcheurs de Belle-Iste , deBergaen & de Dronston en Norvege , &de Hollande. Ce sont les œufs des moruesprovenant des pêches des Norvégiens, desDanois , des Hollandois dans les mers dunord, ces œufs sont connus sous le nomde Jlocfî/h. Le . François qui font la pêcheur le banc de Terre-Neuve , salent larogue pour le même usage , & les pê-cheurs picards , normands St autres , quifont hors la manche & dans le canal lapêche des maqulreaux , et* préparent aussiles œufs pour servir d’appât à la pêche dela sardine.

Le baril de raue , réfuté ou rogue ve-nant de Bergaen , ne pese qu’environ cenicinquante livres. J^oye^ RESURE.

Une chaloupe sardinière consommependant la durée de la pêche quelquefoii

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jusqu’à sept & huit barils , ou trois à qua-tre barriques de rave ou resure , pendantl’espace de trois à quatre mois qu’elledure ordinairement ; on ne íauroit rienfixer là-dessus de précis, parce que cetteconsommation dépend, souvent & de l’a-bondance & de la stérilité de la pêche ;plus il y a de poisson, & moins il fautl’amorcer pour le faire monter ; elle dé-pend aussi du moins autant de^ 1 intelli-gence & de l’expérience des maîtres. II yen a qui emploient un tiers plus de resureque les autres.

Les Jardines que l’on destine a etresalées, fe salent en grenier , à terre , dánsles presses ou magasins ; quand elles y sontarrivées , on les met égoutter leur eaupendant une heure ou deux avant de lessaler ; ensuite on les entasse, & on lesarrange de maniéré que toutes les têtesfe trouvent en-dehors, & les queues en-dedans ; cn seme du sel de couche en cou-che d’un doigt d’épais ; on n’éleve les tasordinairement que deux ou trois piés auplus, pour ne point écraser ou trop af-sailser les sardines qui forment les pre-miers lits de dessous ; les piles ont uneforme irréguliere , & suivant le lieu de la! presse où l’on les place ; on laisse ainsi lessardines durant dix à douze jours avantque de les lever pour les aller laver dansl’eau de mer , comme nous l’expliqueronsci - après ; ainsi , quoique les Jardinessoient bien plus petites que les harengs ,il ne faut cependant guere moins de tempspour en perfectionner la salaison. Les ha-rengs sont parqués en baril, les Jardinesen grenier.

Lorsque les sardines ont été assez salées,on les enfile par la gueule & par les ouïes,comme on fait aux harengs que l’on veutsorrer, & de la même maniéré, fur depetites broches ou brochettes de cou-drier , mais à la différence des harengsqu on arrange de maniéré qu’ils ne se tou-chent point, on presse sor ] es brochetteste jardines de telle forte qu’elles en rem-plissent tout-a-fait la longueur.

Les femmes & les filles sont occupéesordinairement à ce travail, elles portentensuite les Jardines ainsi embrochées, furdes civières au bord de la basse mer , ob-

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