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Tome trentième.
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déclara d’une maniéré particulière en fa-veur des Sciences ; elle donna retraiteLux Lettres chassées de Rome & d’Athè-nes. On cultiva la Philosophie dans lesacadémies du Caire , de Constantine ,de Sigilsmèí'e, de JBasora , d’Hubbede ,de Fez, de Maroc, de Tunis, deTripoli, d’Alexandrie , & de Coufah.

Malheureusement les Sarrasins l’avoientreçue fort altérée des mains des derniersinterprètes, & ils n’étoient point en étatde la rétablir dans l’on véritable sens.Ils y vouvoient trop d’obstacles, &. dansleur langue, qui leur rendoit le tour deslahgues étrangères difficile à entendre, &dans le caractère de leur génie , plus pro-pre à courir après le merveilleux , ou à ap-profondir des subtilités, qu’à s’arrêter àdes vérités solides. J

Leur théologie rouloit fur des idéesabstraites ; ils fe perdoient dans leursrecherches profondes fur les njjjns deDieu & des anges : ils tournoient enastrologie judiciaire , la connoissancequ’ils avoient du ciel : enfin , attachantdes mystères & des secrets à de simplessymboles, ils croyoient posséder l’art devenir à bout de leurs desseins, par unusage arbitraire de lettres ou de nombres.

Les juifs jouirent en orient de la plusgrande tolérance , fous la domination desSarrajíns. Persécutés par-tout ailleurs ,ils avoient une ressource dans la bontédes califes , soit que les Mahométans usas-sent de cette indulgence , en considéra-tion de ce que leur prophète s’étoit servid’un juif pour rédiger l’alcoran ; soit quece fût un effet de la douceur qu’inspirenaturellement l’amour des Lettres. Lesjuifs eurent la permission d’établir leursacadémies de Frora & de Piendébira , auvoisinage de Coufah & de Bagdad , oùles princes Sarrajíns tenoient successive-ment le siège de leur empire.

Us empruntèrent de leurs nouveauxmaîtres l’usage de la Grammaire , & em-ployerent alors la massore à l'exemple desSarrajíns , qui avoient ajouté des pointsà l’alcoran du temps d’Omar : ils firentaussi des traductions de livres arabes.

Enfin , comme les Sarrasins aimoientsur-tout i’Asironomie & la Médecine ,

S A R

les juifs s’appliquèrent avec succès à cesdeux sciences , qui ont été souvent depuisune source de gloire & de richesses pourplusieurs particuliers de cette nation. ( Lechevalier de Jauco vkt.)

Sarrasins ou Arabes ,,philosophiedes , ( tíijl. de la Philojophie.) V. ce quenous en avons déjà dit à X’art. Arabes ,

& à l'article Religion des Arabesoù nous avons conduit l’histoire philo-sophique de ces peuples depuis fa pre-miere origine , jusqu’au temps de I’ista-misine. C’est à ce moment que nous al-lons la reprendre. Les sciences s’etei—gnoient par-tout ; une longue fuite deconquérans divers avoit bouleversé le*empires subsistans , & laissé après eux

l'ignorance & la misère; les Chrétiens, même s’étoient abrutis , lorsque les Sar-rasins feuilletèrent les livres d’Aristote ,ìk relevèrent la Philosophie défaillante.

Les Arabes n’ont connu récriture quepeu de temps avant la fondation de l’hégire.Antérieurement à cette époque on peutles regarder comme des idolâtres gros-siers , fur le quels un homme qui avoitquelque éloquence naturelle pouvoit tout.Tels furent Sahan , Wayel , & sur-toutKossus: ceux qu’ils désignèrent par le titrede chated , étoient pâtres , astrologues ,musiciens, médecins, poètes , législateurs& prêtres , caractères qu’on ne trouvejamais réunis dans une même personne ,que chez les peuples barbares & sauva-ges. Ouvrez les fastes des nations ; &îorfqu’iîs vous entretiendront d’un hommechargé d’interpréter la volonté des dieux ,de les invoquer dans les temps de cala-mités générales, de chanter les faits mé-morables , d’ordonner des entreprises ,d’infiiger des châtimens, de décerner des'récompenses, de prescrire des lois ecclé-siastiques , politiques & civiles , de mar-quer des jours de repos & de travail, delier ou d’absoudre , d’assembler ou dedisperser, d’armer ou de désarmer , d’im-polèr les mains pour guérir ou pour exter-miner ; concluez que c’est le temps de laprofonde ignorance. A mesure que lalumière s’accroîtra , vous verrez ces fonc-tions importantes se séparer ; un hommecommandera ; un autre sacrifiera ; un