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Tome trentième.
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troisième guérira ; un quatrième plus sacréles immortalisera par ses chants.

Les Arabes avoient .peut - être avantliílamisme quelqnes teintures de poésie& dastrologie , telles quon peut les sup-poser à un peuple qui parle une languefixée , mais qui ignore lart décrire.

Ce fut un habitant dAmbare , appelleMoramere , qui inventa les caractèresarabes peu de temps avant la naiíî'ancê deMahomet, & cette découverte demeurasi fecrette entre les mains desCoraishites,quà peine se trouvoit-il quelquun qui fûtlire lalcoran lorsque les exemplaires com-mencerent à sen multiplier. Alors la na-tion étoit partagée en deux claíses, lune jdérudits , qui savoient lire , & lantredidiots. Les premiers résidaient à Me-dine, les seconds à la Mecque. Le samtprophète ne savoit ni lire ni écrire : de-la haine des premiers muulmans contretoute espece de connoiffance ; le méprisqui sen est perpétué cher leurs succes-seurs ; & la plus longue durée garantieaux mensonges religieux dont ils fontentêtés.

Voyei à l'arîìch Arabes ce qui con-cerne les Nomades & iesZabiens.

Mahomet fut si convaincu de lincompa-bilité de la Philosophie & de la Religion,quil décerna peine de mort contre celuiqui sappliqueroit aux arts libéraux : cestle même pressentiment dans tous les temps& chez tous les peuples , qui a fait hasar-der de décrier la raison.

II étoit environné didolâtres, de za-biens, de juifs & de chrétiens. Les ido-lâtres ne tenoient à rien ; les zabíens jétoient divisés; les juifs misérables &-Prifé? > & les chrétiens partagés en mono-physites ou jacobites & orthodoxes , sedéchiraient. Mahomet sut profiter de cescirconstances pour les amener tous à unculte qui ne leur laissoit que lalternativede choisir de belles femmes , on dêtreexterminés.

Le peu de lumière qui restoit saffoi-blit au milieu du tumulte des armes, &séteignit au sein de la volupté ; lalcoranfut le seul livre ; on brûla les autres, ouparce quils étoient superflus sils ne co -fienoient que ce qui est dans fui cor an ,

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ou parce quils étoient pernicieux , silsco tenoient quelque chose qui ny fûtpas. Ce fut le raisonnement daprès lequelun des généraux sarrasins fit chaufferpendant six mois les bains publics avecles précieux manuscrits de la bibliothèquedAlexandrie. Ov peut regarder Mahometcomme le plus grand ennemi que la raisonhumaine ait eu. U y avoit un flecle quefa religion étoit établie , & que ce fu-rieux imposteur nétoit plus , lorsqu onentendoit des hommes remplis de Ionesprit sécrier que Dieu punirait le califeAlmamon , pour avoir appelle les sciencesdans ses états, au détriment de la sainteignorance des fidèles croyans ; & que flquelquun limitoit , il falloic íempaler ,& le porter ainfl de tribu en tribu ,précédé dun héraut qui diroit , voilàquelle a été & quelle fera la récompensede limpie qui préférera la Philosophie àla tradition & au divin alcorao.

Les Ommeades qui gouvernèrent jus-quau milieu du second flecle de lhégire ,furent des défenseurs rigoureux de la loide lignorance , & de la politique dusaint prophète. Laversion pour les Scien-ces & pour les arts so ralentit un peu sousles Abastides. Au commencement du jx.flecle , Abul-Abbas Al-Mamon & ses suc-cesseurs , instituèrent les pèlerinages ,élevèrent des temples ; prescrivirent desprières publiques , & se montrèrent fl re-ligieux , quils purent accueillir la science& les sav ans fans sexposer.

Le calife Walid défendit aux chrétienslusage de la langue greque ; & cet ordresingulier donna lieu à quelques traductionsdauteurs étrangers en arabe.

Abug-Jaafar Al-tnansor , son succes-seur , osa attacher auprès de lui un astro-logue <k deux médecins chrétiens, & étu-dier les Mathématiques & la Philosophie :on vit paraître fans scandale deux livresd Homere traduits en syriaque, & quel-ques autres ouvrages.

Abug-Jaafar Har. n Raschid marcha surses traces d Al-mansor , aima la poésie ,proposa des récompenses aux hommes delettres, & leur accorda une protectionouverte.

Ces souverains sont des exemples írap-