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pans de ce qu’un prince ahné de ses peu-ples peut entreprendre & exécuter, 11faut qu’on sache qu’il u.’y a point de reli-gion que les mahométans haïíiènt autantque la chrétienne ; que les fa vans que cescalifes abaíTides ralîemblerent autourd’pux, étoient presque tous chrétiens ;& que le peuple heureux fous leur gou-vernement , ne songea pas à s’en of-fenser.
Mais le régns d’Al-Mamon, ou AbugJaaíâr Abdallah , fut celui des Sciences ,des Arts, & de la Philosophie : il donnal’exemple, il s’inílruifit. Ceux qui préten-doient à fa laveur, cultivèrent les scien-ces. 11 encouragea les Sarrasins à étudier ;il appel la à-fa cour ceux qui passoient pourveríés dan.-; la littérature greque , juifs,chrétiens, arabes ou autres, lans aucunedistinction de religion.
On fera peut-être surpris de voir uuprince musulman fouler aux pits ïi stère-.ment un des points les plus importuns dela religion dominante ; mais il faut consi- 'dérér que la plupart des habitáns de l’A- ;rabie /toient chrétiens ; qu’ils .exerçóient ^la M/decine , connoissance égalementutile ' au prince & ah prêtre, au soi.t•hérétique & ali sujet orthodoxe ; qu : e lecommerce qu’ils fàisoient les rendoit im-pottans ; & que malgré qu’ils en eussent ,par une supériorité nécestáirs des lumiè-res fur "ignorance', les Sartafins \cwtaecordcnení de'l’,estime & de la vénéra-tion. Philopon'e"',"'philosophe aristotéli-,cien, se fit respecter d’Amfam, général‘d’Omar, au milieu du sac d’Alexandrie.
1 Jean Mesué sot versé dans la Philoso-phie , les Lettres & la Médeciiíe; il' eiit-une école publique à Bagdad , il fut pro-tégé des califes-, ; depuis Al-Ràshide Al-‘jMamon , jufqu’à'Al- Motawaccìlle ; ilforma des disciples parmi lesquels onhomme Honam Ebn Isaac , qui étoitarabe d’origine, chrétien de religion, &znédecin de profession, " ■ -
Jdonam traduisit les Grecs en arabe ,commenta Euclide , expliqua l’almagestede Ptolomée , publia les livres d’Eginete,& la somme philosophique aristotélique deNicolas, en syriaque , & fit connoîtrepar extraits îtfipnocrate & Galien,
SAR.
Les souverains font de l’esprit des peu-ples tout ce qu’il leur plaît ; au temps deMesué, ces superstitieux musulmans ,ces féroces contempteurs de la raison ,voyoient sans chagrin une école publiquede philosophie s’ouvrir à côté d’une mos-quée.
Cependant les imprudens chrétiens ak-taquoient l’alcoran , les juifs s’en mo»quoient- , les philosophes le négligeoient „& les stdelçs croyans íentoient la néces-sité de jour en sour plus urgente de re-courir à quelques hommes instruits & per-suadés, qui défendissent leur culte , &.qui repoussassent les attaques de i’impiété.Cette nécessité les réconcilia encore avecl’érudition ; mais bientôt on attacha un©fouie de feus divers aux passages obscursde l’alcoran ; l’un y vit une chose, uaautre y vit une autre chose ; on disputa ,& l’on se divisa en sectes qui fe damnè-rent réciproquement. Cependant l’Ara-bie, la Syrie , la Perse , l’Egypte , sepeuplèrent de philosophes , & la lumièreéchappée de ces contrées commença àpoindre en Europe.
Les contemp rains & les successeursd’Al-mamon se conformèrent à son goûtpoúr les sciences j elles furent cultivées.jusqiî’áu moment ou effrayées, elles s’en-fuirent dans la Perse , dans la Scythie &!a Tartarie , devant Tamerlan. Un se-cond stéaíi succéda à ce premier ; lesTurcs renversèrent l’empire des Sarra~fins , & la barbarie se renouvella avecses ténèbres. ' • ■ * -
Ces événemens qui abrutissoient despeuples ; ên civilisoient d’autres , lestransmigrations forcées conduisirent quel-ques favansen Afrique & dans l’Espagne 9& ces contrées s’éclairerent.
Après avoir suivi d’un coup-d’œil ra-pide les révolutions de la science chez lesSarrasins , nous allons nous arrêter furquelques détails.' 1
Le mahorfiétisirie est divisé en plus dsssoixante & dix sectes : la diversité des opi-nions tombe particulièrement fur l’unitéde Dieu & ses attributs , ses décrets &son jugement , ses promesses & ses châtí»mens , la prophétie & les fonctions dusacerdoce r. de-Jâ les Hanifites , les MejU