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été d’abord motazalite , & il étoit dansJe sentiment que Dieu est nécessité defaire ce qu’il y a de mieux pour chaqueêtre ; mais il quitta cette opinion.
Asshari , suivant à toute outrance lesabstractions , distinctions, précisions aris-totéliques , en vint à soutenir que l’exis-tence de Dieu disséroit de ses attributs.
11 ne vouloir pas qu’on instituât de com-paraison entre le créateur & la créature.Maimooide qui vivoit au milieu de tousces hérésiarques musulmans, dit qu’Aristoteattribuoit la diversité des individus à l’ac-cident , Aí'ana à la volonté , Mutazali àla sagesse ; & il ajoute pour nous autresJuifs , c’eít une fuite du mérite de cha-cun & de la raison générale des choses.
La doctrine d’Asshari fit les progrès lesplus rapides. Elle trouva des sectateurs enAsie , en Afrique , & en Espagne. Ce futle docteur orthodoxe par excellence. Lenom d’héresiarque demeura aux autresthéologiens. Si quelqu’un osoit accuser defausseté le dogme d’Asshari, il encouroitpeine de mort. Cependant il ne se soutintpas avec le même crédit en Asie & enEgypte. II s’éteignit dans la plupart descontrées au temps de la grande révolu-tion ; mais il ne tarda pas à se renouve-ler , &c c’est aujourd’hui la religion domi-nante ; on l’explique dans les écoles ; onl’enseigne aux enfans ; on l’a mise en vers,& je me souviens bien, dit Léon, qu’onme faisoit apprendre ces vers par cœurquand j’étois jeune.
Abul Hussein Essophi succéda à al-Ass-hari. 11 naquit à Bagdad ; il y fut élevé ;il y apprit la philosophie & les mathéma-tiques , deux sciences qu’on faisoit mar-cher ensemble & qu’il ne faudroit jamaisséparer. 11 políéda l’astronomie au pointqu’on dit de lui, que la terre ne fut pasaussi-bien connue de Ptolomée que le cield’Esi'ophi. 11 imagina le premier un pla-nisphère, où le mouvement des planètesétoit rapporté aux étoiles fixes. II mourutPan 383 de Fhégire.
Qui est-ce qui a parcouru l’histoire dela médecine & qui ignore le nom de Ra-sés ou al-Raíe , ou Abubecre ? II naquità Rac, ville de Perse, d’pù son pere l’em-mena à Bagdad pouc l’initier au commerce,
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mais l’antorité ne subjugue pas le génie?Rasés étoit appellé par la nature à autrechose qu’à vendre ou acheter. II prit quel-que teinture de médecine , & s’établit dansun hôpital. 11 crut que c’étoit là le grandlivre du médecin , & il crut bien. 11 nenégligea pas l’érudition de ja philosophie ,ni celle de son art; ce fut le Galien desArabes. II voyagea : il parcourut diffé-rens climats. II conversa avec des hom-mes de toutes sortes de professions ; ilécouta fans distinction quiconque pouvoitl’instruire oudesmédicamens, ou des plan-tes , ou des métaux , ou des animaux , oude la philosophie , ou de la chirurgie , 011de Fhirtoire naturelle , ou de la physique,ou de la chymie. Arnauld de Villeneuvedisoit de lui : cet homme fut profond dansl’expérience , sûr dans le jugement, hardidans la pratique , clair dans la spécula-tion. Son mérite fut connu d’Almanfòr quil’appella en Espagne , où Rasés , acquitdes richesses immenses. II devint aveugleà quatre-vingt ans, & mourut à Cordoueâgé de quatre-vingt-dix,l’an de l’hégire roi.II laiílà une multitude incroyable d’opuf-cules ; il nous en reste plusieurs.
Avicenne naquit à Bochara l’an 3^0 deFhégire, d'un pere qui connut de bonneheure l’esprit excellent de son fils & lecultiva. Avicenne, à l’âge où les enfansbégayent encore , parloir distinctementd’arithmétique, de géométrie & d’astro-nomie. II fut instruit de l’iíkmisme dansla maison ; il alla à Bagdad étudier la mé-decine & la philosophie rationelle & expé-rimentale. J’ai pitié de là maniéré doncn^us employons le. temps, quand je par-cours la vie d’Avicenne. Les jours & lesnuits ne lui suffisoient pas , il en trouvoitla durée trop courte. II faut convenir quela nature leur avoit été bien ingrate , àlui & à lès contemporains , ou qu’elle nousa bien favorisés , si nous devenons plussavans au milieu du tumulte & des dis-tractions , qu’ils ne Font été après leursveilles, leurs peines, & leur assiduité. Sonmérite le conduisit à la cour ; il y jouitde la plus grande considération , mais ilignoroit le lòrt qui l’attendoit. il tombatout-à-coup du faîte des honneurs & dela richesse au fond d’un cachot. Le sultan
Jaí'ochbugh