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Tome trentième.
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qui tombent, & qui se nourrissent & ^ac-croissent , il y en a qui sentent & se meu-vent. Entre les corps graves & qui tom-bent , & qui se nourrissent & saccroiísent,& qui sentent & se meuvent , il y en aqui pensent.

Ainsi toute cspece particulière dani-maux a une propriété commune avec d'au-tres especes, & une propriété sur-ajoute'equi la distingue.

Les corps sensibles qui remplissent dansce monde le lieu de la génération & dela corruption , ont plus ou moins de qua-lités íur-ajoutées à celle de la corporéité ,& la notion en est plus ou moins com-posée.

Plus les actions font variées , plus lanotion est composée , & plus il a de qua-lités sur-ajoutées à la corporéité.

Leau a peu dactions propres à fa for-me deau. Ainsi la notion ni la composi-tion ne supposent pas beaucoup de qualitésíur-ajoutées.

II en est de même dela terre A du feu.

II y a dans la terre des parties plussimples que dautres.

Lair, Peau , la terre, & le feu se con-vertissant les uns dans les autres, il fautqu'il y ait une qualité commune. Cest lacorporéité.

II faut que la corporéité nait par ellemême rien de ce qui caractérise chaqueélément. Ainsi 'elle ne suppose ni pesan-teur ni légéreté , ni chaleur ni froid , nihumidité ni sécheresse. II ny a aucunede ces qualités qui soit commune à tousles corps. Il ny en a aucuns qui soit ducorps en tant que corps.

Si lon cherche la forme snr-ajoutée àk corporéité qui soit commune à tousles êtres animés ou inanimés , on nentrouvera point dautre que létendue con-çue fous les trois dimensions. Cette no-tion est donc du corps comme corps.

II ny a aucun corps dont lexistencese manifeste aux sens par la feule qualitédétendue fur - ajoutée à celle de corpo-réité ; il y en a une troisième sur-ajoutée.

La notion de létendue suppose la notiondun sujet de îétendue : ainsi létendue &le corps diffèrent.

La notion du corps est composte de la no-

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tion de la corporéité & de la notion de dé-tendue. La corporéité est de la matière ; lé-tendue est de la forme. La corporéité estconstante ; létendue est variable à linfini.

Lorsque leau est dans létat que fa for-me exige , on y remarque un froid sensi-ble , un penchant à descendre delle-même ; deux qualités quon ne peut luiôter sans détruire le principe de fa forme,fans en séparer la cause de sa maniérédétre aqueuse ; autrement, des propriétésessentielles à une forme pourroient éma-ner dune autre.

Tout ce qui est produit , suppose unproduisant ; ainsi dun effet existant, ilexiste une cause efficiente.

Qiiest - ce que lessence dun corps ?Cest une disposition d procedent sesactions, ou une aptitude à y produire sestnouvemens.

Les actions des corps ne sont pas delles-mêmes , mais de la cause efficiente qui aproduit dans les corps les attributs quilsont, & d ces actions émanent.

Le ciel & toutes les étoiles font descorps qui ont longueur , largeur & pro-fondeur. Ces corps ne peuvent être infi-nis ; car la notion dun corps infini estabsurde.

Les corps célestes sont finis par le côtéquils nous présentent ; nous avons II-dessus le 1 témoignage de nos sens. II estimpossible que par Te côté opposé , ils sé-tendent à linfini. Car soient deux lignesparallèles tirées des extrémités du corps ,& senfonçant ou le suivant dans touteson extension à linfini ; quon ôte à luncde ces lignes une portion finie ; quon ap-plique cette ligne moins cette portioncoupée à la parallèle qui est entiere , ilarrivera de deux choses lune ; ou quellesserotitégales, ce qui est absurde , ou quel-les ser&îHrinégales, ce qui est encore ab-surde ; à-moins quelles ne soient lune& lautre finies, & par conséquent le corpsdont elles formoient deux côtés.

Les cieux se meuvent circulairement ;donc le ciel est sphérique.

La sphérique du ciel est encore démon-trée par légalité des dimensions des astresà leur lever , à leur midi & à leur cou-cher. Sans cette égalité , ses astres servienc