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Tome trentième.
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plus éloignés ou plus voisins dans un mo-ment que dans un autre.

Les mouvemens célestes s’exécutent enplusieurs sphères contenues dans une sphè-re suprême qui les emporte toutes d’o-rìent en occident dans l’intervalle d'unjour & d’une nuit.

II faut considérer sorbe céleste &. toutce qu’il contient , comme un systèmecomposé de parties unies les unes aux au-tres ; de maniéré que la terre , seau , î’air,les plantes , les animaux & le reste descorps renfermé fous la limite de cet or-be ; forment une efpece d’animal dont lesastres font les organes de la sensation ,dont les sphères particulières font les, membres , dont les excrémens font cause

iiicuiures , uont r es exemuens iuulde la génération & de la corruption dansce grand animal , comme on le remarquequelquefois , que les excrémens des petitsproduisent d’autres animaux.

Le monde est—il éternel , ou ne l’est-ilpas ? C’est une question qui a ses preuveségalement fortes pour & contre.

Mais, quel que soit le sentiment qu’onsuive , on dira : si le monde n’est pas éter-nel , il a une cause efficiente : cette causeefficiente ne peut tomber fous le sens,être matérielle ; autrement elle feroicpartie du monde. Elle n’a donc ni déten-due & les autres propriétés du corps ; elle ,ne peut donc agir fur le inonde. Si le |monde est éternel , le mouvement est 1éternel ; il n’y a jamais eu de repos. Maistout mouvement suppose une cause mo-trice hors de lui: donc la cause motricedu monde feroit hors de lui ; il y auroitdonc quelque chose d’abstrait, d’antérieurau monde , d’incomparable , & cl’anomala * es P ar ties qui le composent.

L essence de ce monde , relativementau moteur dont il reçoit son action , quin est point matériel, qui est un abstrait quine peut tomber sous le sens, qa’on nepeut s’imaginer , qui produit les mauvemens célestes fans différence , fans alté-ration , fans relâche , est quelque chosed’analogue à ce moteur.

Toute substance corporelle a une for-me, sans laquelle le corps ne peut ni êtreconçu ni être. Cette forme a une cause ;cette cause est Dieu ; c’est par elle que

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les choses font , subsistent , durent : stpuissance est infinie, quoique ce qui en

dépend soit fini. ,

]] y a donc eu création. II y a priorité

d’origine , mais non de temps , entre 'emonde & la cause efficiente du monde.

Au moment qu’on la conçoit , on peut laconcevoir , disant que tout soit, & tout

étant. r , .

Sa puisiance & sa sagesse , si evidentes

dans Ion œuvre , ne nous laissent aucun

doute fur fa liberté , fa prévoyance & íes

autres attributs : le poids de i’atome le

plus petit lui est connu.

Les membres qu’il a donnés à l’animal,avec la faculté d’en user , annoncent samunificence & sa miséricorde.

L’être le plus parfait de cet universn’est rien en comparaison de ion auteur.N’établissons point de rapport entre lecréateur & la créature.

Le créateur est un être simple. Il n’ya en ini ni privation ni défaut. Son exis-tence est nécessaire ; c’est la source detoutes les autres existences. Lui , lui ; toutpérit excepté lui.

Le Dieu des choses est le seul digneobjet de notre contemplation. Tout cequi nous environne , nous ramene à cetêtre, & nous transporte du monde sensi-ble dans le monde intelligible.

Les sens n’ont de rapport qu’aux corps ;l’être qui est en nous , & par lequel nousatteignons à l’existence de la cause incor-porelle , n’est donc pas corps.

Tout corps se dissout &: se corrompt ;tout ce qui se corrompt & dissout , estcorps. L’ame incorporelle est donc indis-soluble , incorruptible , immortelle.

Les facultés intelligentes le font, ou enpuissance ou en action.

Si une faculté intelligente conçoit unobjet , elle en jouit à fa maniéré ; & fajouissance est d'autant plus exquise \ quel’objetest plus parfait ; & lorsqu’elle en estprivée, fa douleur est d’autant plus grande.

La somme des facultés intelligentes jl’essence de í’homme ou l’ame, c’est Jamême chose.

Si l’ame unie au corps n’a pas connuDieu ; au sortir du corps, elle n’en peutinuít- ^ elle est étrangère au bonheur ds