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Tome trentième.
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gravés. M. Sphanheim en cite une qui dc-voit son origine â la raillerie piquanteque Narcisse affranchi de Claude essuya,lorsque cet empereur l’envoya dans lesGaules , pour appaiser une sédition quis’étoit élevée parmi les troupes. Narcisies’avisa de monter sur la tribune pour ha-ranguer s armée à la place du général'mais les soldats se mirent à crier : io Jji-turnaìia , voulant dire que c’étoit la têtedes jaturnales , où les esclaves í'aisoientles maîtres.

Les jaturnales commencerent d’abordlc 17 Décembre , suivant Tannée deNu-ma , & ne duroient alors qu’un jour. Ju-les César , en réformant le calendrier ,ajouta deux jours à ce mois, qui furentinsérés avant les saturnales , Sc attribuésà cette fête. Auguste approuva cette aug-mentation par un édit, Sc y joignit unquatrième jour. Caligula y fit Tadd;tiond’un cinquième nommé juvenalià. Dansces cinq jours , étoit compris celui quiétoit particulièrement destiné au culte deRl.éa, appellé opalia. On célébroit en-suite pendant deux jours en Thonneur dePlut, n , la fête figillancs , à cause despetites figures qu'on offroità ce dieu.

Toutes ces fêtes étoient autant de dé-pendances des saturnales qui duroie t ainsisept jours entiers, savoir du 15, au zi Dé-cembre. C’est pourquoi Martial , épigr.hv. XIV. dit

saturai septem vénéra t ante dies.Telle est en peu de mots TluHoire estsfêtes de Saturne, mais elles méritent bienque nus nous y arrêtions davantage.

Nous avons dit que les saturnaleséto'ientconsacrées om: plaisirs , aux ris & aux sel-t-ins. En estât , la premiere loi de cettefête étoit d’abandonner routé affaire pu-blique, de bannir tous les exercices ducorps, excepté ceux de récréation , dene rien lire en public qui ne fût consonneà ce temps de joie..

Les railleries étoient encore permises ,ou pour m’exprimer avec un autour, latin ,le pi d a proserendi licebat. C’est pour celaqu’Aullugelle raconte qifil passa les Ja-turnales à Athènes dans des amusemensagréables & honnêtes : saturnalia Athe-ms apitabanius hiiarè ac honejìè ; car

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les gens de goût ne fe permettoient qu’uneraillerie fine , qui eût le sel & l’urbanitéattique.

II ne faut pas s’éíinner que les festinsrégnassent dans cette fête? puisque Fite-I.ive , liv. I. ch. j. en exposant l’m/i 1 tu—tion des saturnales , parle en particulierde l’ordonnance d’un repas pubhc : convi-vium public im per urbem saturnalia , diemac noâem clamatum. L’empereur Juliendit plaisamment à ce sujet dans fa satyredc césars qui l’ont précédé , queTarquinvoulant célébrer les saturnales , fit ungrand festin , auquel il invita non - feule-ment les dieux , mais encore les césars ;& tous les lits y furent préparés d’aprèsi’usage que ces derniers suivoient pourleurs plaisirs.

La statue de Saturne qui étoit liée debandelettes de laine pendant toute Tan-née , apparemment en mémoire de la cap-tivité où U avoir été réduit par les Titansík par Jupiter , en étoit dégagée pendantfa fête , soit pour marquer sa délivrance ,soit pour représenter la liberté qui réguuicpendant le liecle d’or, & celle dont onjouisloit pendant les 'saturnales. En effet,,toute apparence de servitude en étoitbannie ; les esclaves portoient le chapeaumarque de liberté se vétisloient des.mêmes habits que les citoyens, & fe choi-lìssoient un roi de la fête.

Je fais que l’opinion commune est, que;dans les Jaturnales les valets rhan-geoient, non-feuiemenr d’état &: d habits,avec leurs maîtres , mais même qu’ils emétoient servis a tabie. Je no fuis point:de ce sentiment, & Tautorité de Lucerv.ne m’èmbarraílè guere. Comme cet au-teur a coutume de broder tous ses ta-bleaux , on juge bien qu’il ne faut pas pren-dre à la lettre fa peinture des saturna-les. Quint au témoignage d’Athénée , jeupuis lui opposer ceux de Séneque , epit..LXXII ; de Taffe , in sylv. ha’.. Vec;.&' de I’lutarque , dans fa vie de Nutna,.Tous fe. contentent de dire, que durant'cette fête les valets mangeoient avec*leurs maîtres des mêmes mets : or ce.n’ét it encore là qu’un usage bourgeois ,,qui 11e ssttendoit point dans les massons-des gens d’un. certain ordre. Mais en gí-