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montagne , parce qu’on la croyoit fous)a protection de Saturne. On appelloitpareillement Saturnii , ceux qui habi-toient la forteresse qui étoit au bas dumont Capitolin ; il y avoit dans cet en-droit un autel qui paroissoit avoir été con-sacré à Saturne avant la guerre de Troie ,parce qu’on y sacrifìoit la tête découverte ,au - lieu que les prêtres d’Italie sacri-sioient la tête couverte d’un voile, àlimitation d’Enée , qui, dans le tempsqu’il faifoit un sacrifice à sa mere Vénus ,fur le rivage de Laurentum, se couvritd’un voile , pour n’être pas connu d’U-lysse, & évita par ce moyen d’être vude Ion ennemi. ( D. J. )
SAl'URUM , ( Gíog. anc, ) ville deTarente à l’orient ; cette ville étoit furles frontières de la Pouille & de la Ca-labre ; Servíns dit fur le quatrième livredes Géorgiques : Tarentino ah oppidoSatureo juxta Tarentiim , surit Baphiaubi tingitur ìana. Voyez SatYRIUM.
SATYRES , f. m. ( Mythol.) les sa-tyres étoient selon la fable des divinitéschampêtres , qu’elle représente commede petits hommes fort velus, avec descornes & des oreilles de chevres ; laqueue , les cuistès, & les jambes du mê-me animal ; quelquefois ils n’ont que lespiés de chevre. On fait naître les satyresde Mercure & de la nymphe Y^htimé ,ou bien de Bacchus & de la nayade Ni-cée , qu’il avoit enivrée, en changeanten vin l’eau d’une fontaine où elle buvoitordinairement. Le poète Nonnus ditqu’originamement les Jdtyres avoient laforme toute humaine ; ils gardoient Bac-chus, mais comme Bacchus malgré toutesles gardes , sc changeoit tantôt en bouc ,tantôt en fille , Junon irritée de ces chan-gemens, donna aux satyres des cornes &des piés de chevres.
Pline le naturaliste prend les satyresdes poètes, pour une espece de singes ,& il allure que dans une montagne desIndes , il se treuve des satyres à quatrepiés, qu’on prendroit de loin pour deshommes ; ces fortes de singes ont souventépouvanté les bergers , & poursuivi quel-quetois les bergeres , c’est peut-étre ce
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qui a donné lieu à tarit de fables touchantleur complexion amoureuse; ajoutez qu’ilest souvent arrivé que des bergers cou-verts de peaux de chevres , ou des prê-tres , aient contrefait les satyres ; pourséduire d’innocentes bergeres. Dès - lál’opinion sc répandit que ìes bois étoientremplis de ces divinités malfaisantes ; lesbergeres tremblèrent pour leur honneur ,
& les bergers pour leurs troupeaux ; cesfrayeurs firent qu’on chercha à les ap-pailer par des sacrifices & par des of-frandes.
Paufanias rapporte qu’un certain Eu-phémus ayant été jet té par la tempête ,avec son vaisseau , sur les côtes d’uneîle déserte , vit venir à lui des efpecesd’hommes sauvages tout velus, avec desqueues derriere le dos ; qu’íls voulurentenlever leurs femmes, & se jetterenefur elles avec tant de fureur, qu’on tutbien de la peine à se défendre de leur bru-talité. Nos navigateurs revoient souventles satyres , ou hommes sauvages toutvelus de Paufanias ; ce font des singes àqueue. {D. J.)
SATYRE , f. f. ( Poéfie. ) poème danslequel on attaque directement le vice ,ou quelque ridicule blâmable.
Cependant la satyre n’a pas toujourseu le même fonds , ni la même formedans tous les temps. Elle a même éprouvéchez les Grecs les Romains , des vicis-situdes & des variations si singulières ,que les savans ont bien de la peine à entrouver le fil. J’ai lu , pour 1e chercher& pour le suivre, les traités qu’en ontfait, avec plus ou moins d’étendue ,Casaubon , Heinsius , MM. Spanheim ,Dacier & sc Batteux. Voici le précis deslumières que j’ai puisées dans leurs ou-, vrages.
De Vorigine des satyres parmi lesGrecs. Lés satyres dans leur premiersorigine , n’avoient pour but que le plaisir& la joie ; c’étoient des farces de villa-ges , un amusement, ou un spçctacle degens assemblés pour sc délasser de leurstravaux, & pour se réjouir de leur ré-colte , ou de leurs vendanges. J3cs jeuxchampêtres, des railleries grossières, des