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Tome trentième.
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l’équipage qui leur est propre, soit de ceque leurs plaisanteries avoient plutôtpour but de divertir & de faire rire ,~que de mordre & de tourner en ridiculeleurs cdtocitoyens , leurs villes & leurspays, comme Horace dit de Lucilius ,l’imitateur d’Aristophane & de ses pa-reils. J’ajoute que la composition n’ent toit pas la même , & que l’anciennecomédie ne se lia point aux vers Inmbi-ques , comme firent les pieces satyri-ques des Grecs. Concluons que ce fut auxpoèmes dramatiques , dans lesquels inter-venoient des Satyres avec leurs danses &leurs équipages , que demeura attachéparmi les Grecs le même nom de Jatyre,celui de satyrique ou de pieces satyri-ques , CntTVpol, <rcLTVplX.Z S'pa.ptctTcl.

Des satyres romaines. Ce fut parmi lesRomains que le mot de jatyre, de quel-que maniéré qu’on récrive, j'atira , fa-tyra , satura , ou quelque origine qu’oníui donne, fut appliqué à des composi-tions différentes , & d’autre nature queles poèmes J'atyriques des Grecs, c’est-à-dire qui n’étoient, comme ceux-ci , nidramatiques, ni accompagnés de Satyres,de leurs équipages & de leurs danses, nifaites d’ailleurs dans le même but. Ondonna ce nom à Rome , en premier lieuà un poème réglé & mêlé de plaisanteries,& qui eut cours avant même que lespieces dramatiques y fussent connues ,mais qui c esta ou y changea de nom , &fit place à d’autres paffetemps, commeon l’apprend de Tite-Live.

On communiqua ensuite le nom desatyre à un poème mêlé de diverses sor-tes de vers, & attaché à plus d’un sujet ,comme firent les satyres d’Ennius , oucomme Cicéron l’appelle, poëma variumÇj elegans , en parlant de celles de Var-ron , qui étoient tout ensemble un mé-lange de vers St de pieces de littérature& de philosophie , d mt il nous apprendlui-même dans cet orateur , le but L laVariété.

On donna enfin ce nom de satyre aupoème de Lucilius, qui au rapport d’unde ses imitateurs , avoir tout le carac-tère de l’ancienne comédie ; hinc ornnisptndet Lucilius, c'est-à-dire par la même

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licence qu'il s’y donna , d’y reprendrenon-seulement les vices en général, maisles vicieux de son temps d’entre ses ci-toyens , fans y épargner même les nomsdes magistrats & des grands de Rome.

Ce fut là , si on en croit Horace Sc biend’autres, la premiere origine St le pre-mier auteur de ce poème inconnu auxGrecs, à qui le nom de jatyre demeuracomme propre & attaché parmi les Ro-mains , St tel qu’il l’est encore aujour-d’hui dans l’usage des langues vulgaires.C’eít aussi fur ce modele que furent for-més ensuite , comme on fait, les satyresdu même Horace, de Perse & de Juvé-nal , fans toucher ici au caractère parti-*culier que chacun d’eux y apporta , sui-vant son génie, ou celui de íòn siécle.Et c’est enfin sur ces grands exemplesque les auteurs modernes ffançois , ita-liens, anglois & autres, ont formé lespoèmes qu’ils ont publiés fous ce mêmenom de satyres.

Je laifìè maintenant à juger de la con-testation de deux lavans critiques du fic-elé passé , dont l’un Casaubon , prétendque la Jatyre des Romains n’a rien decommun avec les pieces J'atyriques desGrecs , ni dans l’origine & la significa-tion du mot , ni dans la chose, c’est-à-dire dans la matière St dans la forme ;6c dont l’autre, Daniel Heinsius, au con-traire , y croit trouver une même origine ,une même matière, une même forme & unmême but. íl.est certain qu’il y a des diffé-rences trop essentielles entre les unes & lesautres pour les confondre; & par consé-quent , l’on doit plutôt s’en rapporter ausentiment de Casaubon , qui a le premierdébrouillé cette matière dans le traitéqu’il en a mis au jour. Je vais exposeren peu de mots ces différences, parce quele craité de Casaubon est latin , & qu’onn’a rien publié fur cette matière en sran-çois, même dans les mémoires de l’aca-démie des Inscriptions jufqu’à ce jourpour la décision de cette dispute. *

Différence entre les satyres des Grecs ,& les satyres latines. La premiere diffé-rence , dont on ne peut disconvenir, c’estque les satyres , ou poèmes J'atyriques desGrecs, étoient despieces dramatiques ou