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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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52 54 EXPOSITION

la lune au méridien supérieur ou inférieur ; ce qui est conforme àce que l’on observe. Mais l’instant de la marée composée doitosciller autour de l’instant de la marée lunaire, suivant une loidépendante des phases de la lune, et du rapport de son action àcelle du soleil. Le premier de ces instans précède le second, depuisla plus grande jusqu’à la plus petite marée; il le suit depuis laplus petite jusqu’à la plus grande marée; en sorte que l’heuremoyenne de la marée composée, étant la même que celle de lamarée lunaire , le retard moyen des marées d’un jour à l’autre,estde 35o5".

Suivant la théorie, comme par les observations, le retard desmarées varie ainsi que leur hauteur, avec les phases de la lune. Leplus petit retard coïncide avec la plus grande hauteur : le plus grandretard coïncide avec la plus petite hauteur, et par un accord remar-quable , la théorie donne pour ces retards d’un jour à l’autre, 2706"et 5207 ", l cs mêmes qui résultent des observations. Cet accordprouve à-la-fois la vérité de cette théorie, et l’exactitude du rapportsupposé entre les actions de la lune et du soleil. En changeant unpeu ce rapport, il seroit fort éloigné de satisfaire aux observationsdes hauteurs et des intervalles des marées, qui le donnentpar consé-quent , avec beaucoup de précision.

O 11 doit faire ici une remarque importante, de laquelle dépendl’explication de plusieurs phénomènes des marées. Si le sphéroïdeque recouvre la mer, étoit un solide de révolution; les maréespartielles auroient lieu à l’instant du passage de leurs astres respec-tifs au méridien ; ainsi, quand la sysigie arriveroità midi, les deuxmarées lunaire et solaire coïncideroient avec cet instant qui seroitcelui de la plus grande marée composée. Celte plus grande maréeaui’oit encore lieu, le jour même de la sysigie ; si les deux maréespartielles suivoient à très-peu près du même intervalle, les passagesau méridien, des astres qui les produisent. Mais le mouvementjournalier de la lune dans son orbite, étant considérable ; la rapiditéde ce mouvement, peut influer sensiblement sur l’intervalle dontcet astre précède le flux lunaire.

Nous aurons une juste idée de ce phénomène, en imaginantcomme ci-dessus , un vaste canal communiquant avec la mer , et