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porte ces saumons à Rennes ï Saint jMalo , Brest & autres villes de la pro-vince, & mêmejufqu’â Paris , quand lasaison le permet ; les frais du transportne sont pas un obstacle à ce commerce ,par la vente avantageuse qu’on en fart ;il y a eu quelques années ou 1 on en a prisune quantité telle que tous frais faits ,le propriétaire de la pêcherie en a euplus de dix mille livres net de profit ,ainsi qu’il î’a lui-même assuré.
La deuxième espece de pêche se faitentre la chaussée & la digue , avec deuxbateaux, dans chacun deíquels font deuxhommes, dont l’un nage , & l’autre tientune perche de deux à trois brasses delong ferrée par le bas ; à cette perche estamarré un filet en forme de sac , de cha-lut ou ret traveríìer , fans flottes par latête, ni pierres , ni plomb par le pie ;son ouverture par le haut de la gueule aenviron cinq brasses ; le bas de la mêmeouverture en a quatre ; les côtés ont sixbrasses de longueur, & le fond du sac ena autant ; les- mailles du ret dont il estcomposé, font de la grandeur de celle duhaveneau , dont on so sert pour faire lapêche dans le coffre : ce font les mêmesmailles que celles des seines dérivantespour la pêche de l’alose & du saumon jdans les rivières où l’on en fait la| pê-che; au coin du fond du sac est amarrée june petite cordelette que l’on nomme |guide y que Pun des pêcheurs qui tient lapoche presse dans l’index de la maindroite , & que l’autre tient dans celui defa gauche ; les deux bateaux ne font éloi-gnés Pun de Pautre que de trois brassesau plus, ils vont de conserve : & quand 'Pun d’eux s’apperçoit par fa cordette ouguide , qu’il y a dans le filet du poisson depris , ce qu’il sent dans Pinstant par lemouvement extraordinaire que le sau-mon fait faire au filet en s’agitant quandil est arrêté, il avertit aussitôt le pêcheurde Pautre bateau ; ils relevent alors cha-cun leur pêche en même temps ; ils ferapprochent, & retirent le poisson deleur peche par Pouverture du sac qu’ilsmettent auparavant dans leurs bateaux ;ils tuent le saumon en le retirant, & re-commencent ensuite la pêche.
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Cette pêche ne se peut faire que d«jour feulement , les pêcheurs traînantainfi leur filet par fond , parce que le sau-mon qui monte, ne paroît guere au-des-sus de Peau , qu’il refoule aisément ,étant alors dans fa force ; au contrairequand il retourne à la mer , & qu’il estalors énervé de P opération du frai , ils’en retourne en troupe; & comme il n’apoint de force, il fe Jaisiè emporter patle courant de Peau , & nage à fa sur-face.
Le temps de la pêche du saumon àChâteaulin , est depuis le mois d’Octobreou au commencement de Novembre juf-qu’à Pâques qu’on prend ce grand pois-son ; depuis Pâques jufqu’à la S. Jean ,qu’on la continue encore ; on ne pêcheguere alors que le saumon que les pê-cheurs bretons nomment guenie , qui estgris, ou jeune saumon de l’année ; aucommencement de Juillet on tient lesvannes des écluses ouvertes, pour laisserau saumon la liberté de monter.
Les rivières où les saumons & lestruites abondent , ne font ordinairementpoint poissonneuses, parce que les fau-,mons mangent les autres poissons, &s’en nourrissent ; ils font même si voracesqu’ils s’entre-mangent.
Rien ne fait plus de tort à la pêche dece poiíìbn que la saison où les riverainsmettent rouir leurs chanvres ; les eauxempoisonnées en chassent tous les pois-sons , qui n’y reviennent qu’aprcs que ceseaux corrompues fe font écoulées.
Description de la pêche des saumons &des truites avec grands verveux. La pêchedes saumons & des truites fe fait encoredans le ressort de l’amirauté d’Abbeville;les pêcheurs qui la pratiquent font cettepêche av ec de grands verveux , que lesPicards nomment vergneuls ou vergneux ,dont Pouverture est d’une brasse envi-ron ; ils en placent quatre à cinq cûte-à-cête . ensorte que ces instrumens barrenttoute la riviere , & Pouverture est expo-sée au courant ; ainsi ils ne pêchent cespoissons que lorsqu’ils descendent pouraller à la mer , à-moins qu’ils ne les re-tournent pour pêcher dç marée mon-tante.