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Tome trentième.
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SCANDALE, s. f. (Gram. & Théol)selon le langage de récriture & des ca-luites , signifie une parole , une aclion ouune omi//ion qui porte au péché ceux quien font témoins , ou qui en ont la con-noissimce.

Ce mot vient du grec ex.avS'uhov, oudu latin scandalurn , qui , selon Papias,signifie une querelle qui s éleve tout-â-coup , rixa quce fubitò inter aliquos Jcan-dit vel oritur.

Le scandale est actif ou donné , & pastisou reçu. Le jcandale actif ou donné estl’induction au mal de la part de celui quiscandalise. Le scandale pastis ou reçu estl’imprestion désavantageuse que fait lescandale sur ceux qu’il entraîne ou qu’ilexcite au mal.

Dans l’écriture & dans les auteurs ec-clésiastiques , scandale se met pour toutce qui se rencontre dans le chemin d’unhomme , & qui peut le faire tomber. AinsiMoïse défend de mettre un scandale devantVaveugle , c’est-à-dire , ni pierre , ni bois,ni aucune chose capable de le faire tré-bucher , Lévit. xix. 14. De-là dans lemoral on a pris le mot Jcandale pour uneoccasion de chute ou de péché. Jesiis-Christ a été , à l’égard des juifs , unepierre d’achoppement & de scandale ,contre laquelle ils se sont brisés par leurfaute , n’ayant pas voulu le reconnoître

Í iour le Mestie , malgré les caractères quie leur démontroient.

scandale dans le langage familier estune action contraire aux bonnes mœurs ,ou à l’opinion générale des hommes. 11 si-gnifie ausiiune rumeur désavantageuse, quidéshonore quelqu’un parmi le monde. Ence sens, on appelle la médisance la chro-nique scandaleuse.

Pierre de scandale, en latin lapis scandaliou vituperii , étoit une pierre élevée dansle grand portail du capitule de l’ancienneRome , fur laquelle étoit gravée la figured’un lion , & où alloient s’asleoir à nudceux qui faisoient banqueroute & quiabandonnoient leurs biens à leurs créan-ciers. Ils étoient obligés de crier à hautevoix cedo bona , j’abandonne mes biens,ÎC de frapper ensuite avec leur derrieretrois fois- fur la pierrq, Alors il n’étoitplus

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permis de les inquiéter pour leurs dettes.Cette cérémonie resiembloit assez à celledu bonnet verd, qu’on pratiquoit autrefoisen France dans le même cas. On appelloitcette pierre pierre de scandale , parce queceux qui s’y asseyoient pour cause de ban-queroute , étoient diffamés , déclarés in-testates , & incapables de témoigner enjustice.

On raconte que Jules César imaginacette forme de cession après avoir abolil’artícle de lá~"loi des douze tables, quiautorisoit les créanciers à tuer ou à faireesclaves leurs débiteurs , ou du moins àles punir corporellement : mais cetteopinion n’est appuyée d’aucune preuvesolide.

Scandale des grands, scandalurn ma -gnatum , est un terme de droit, par le-quel on entend une injure ou offense faiteà un personnage considérable , comme unprince , un prélat, un magistrat , ou d’au-tres grands officiers , en semant contreeux des médisances ou calomnies , d’oùnaissent la discorde & les débats entre eux& ceux qui leur font subordonnés , aumépris , & souvent au détriment de leurautorité.

On appelle aussi scandalurn magnatumun ordre qu’on obtient en ce cas pouravoir des dommages ou intérêts contre lecalomniateur , ou tel autre auteur duJcandale.

Scandale , montagne du , ( Critiquesacree. ) dans la vulgate mons offenfionis,la montagne du Jcandale est la montagnedes oliviers, fur laquelle Salomon érigeades autels aux faux-dieux par complaisancepour les femmes étrangères qu’il avoit pri-ses , exceljà ad dexteram partem montisoffenfionis , œdificaverat salomon r exIJraél ..... polluit rex. ( D. J. )

SCANDALEUX , adj. ( Gram. ) quicause du scandale , il se dit des choses &des personnes. Avancer comme quelquesécrivains de la société de Jésus l’ont fait,qu’il n’est pas permis à tout le monde dedisposer de la vie des tyrans j c’est uneproposition Jcandalease , parce qu’elle laisseentendre qu’il y a apparemment des per-sonnes à qui le tyrannicide est permis. Ladoctrine du probabififme xst une doctrine