z§6 SCO
roná toutes ces choses d’après les obser-vations de M. de Maupertuis , impriméesdans les mémoires de l’académie des Scien-ces année 1731 Commençons par la des-cription de l’insecte.
Description da scorpion. Le scorpion or-dinaire de la campagne en Languedoc , estau moins de la grosseur d’une grosse chenil-le, Sc ressemble à une petite écrevistè : il yen a de diverses couleurs , de blancs , denoirs , de roux , de jaunâtres & de noi-rltres. Son corps tout cuirassé est de figureovale. Sa cuirasse du dos est pointilléede petits tubercules ; la longueur de cetinsecte est environ de deux pouces, plusou moins. On peut le diviser avec Swam-merdam en trois parties, la tête , la poi-trine & la queue.
La tête paroît jointe & continue avecla poitrine , fur le dessus de laquelle il adeux petits yeux au milieu , & deux versl’extrémité de la tête. De chaque côtésortent comme deux bras semblable auxpinces d’une écrevisse, qui se divisent cha-cune en deux articulations, dont la der-niere est armée d’un ongle au bout.
II a huit jambes qui naissent de fa poi-trine 5 chaque jambe se divise en diver-ses articulations couvertes de poils , & lesextrémités font armées de petits ongles.
Le ventre se partage en six ou sept an-neaux , du dernier desquels fort la queue ;elle est longue , nouée , faite en maniéréde patenôtres , c’est-à-dire qu’elle estcomposée de six ou sept petits boutons,oblongs , attachés bout-à-bout , & armeeen son extrémité d’un aiguillon.
Les scorpions paroislënt n’avoir pasd’autres dents que les petites serres aveclesquelles ils mâchent leurs alimens ; leurbouche est garnie de petits poils, & quoi-que leur peau soit d’une véritable écaille,ils ne laissent pas d'être velus en plusieursendroits , aux serres , aux jambes , & audernier nœud de la queue.
Description particulière de son aiguil-lon. Ce dernier nœud, comme nous ve-nons de le dire , est armé d’un aiguillonqui est creux , long , crochu , fort pointu ,avec lequel l’animal pique ; & comme ilproduit quelquefois par fa piquure des
SCO
effets mortels, il faut nécessairement quecet insecte verse quelque liqueur dans laplaie que fait son aiguillon ; c’est pourquoil’on a conjecturé que cet aiguillon devroitêtre percé d’un petit trou à son extrémité,pour donner issue à la liqueur empoison-née , dont le réservoir est dans le dernierbouton de la queue. Cependant Rédi,après avoir cherché ce trou avec les meil-leurs microscopes, avoue qu’il ne l’a jamaispu découvrir , il vit feulement un jour àl’extrémité de i’aiguillon de la queue d’unscorpion irrité , une petite goutte de li-queur , qui lui donna lieu d’assurer qu’il yavoir quelque ouverture.
Mais Leuwenhoek, plus heureux queRédi au lieu d’un trou unique que lesautres auteurs fuppofoient , en a vu deux,dont M. de Maupertuis a confirmé I’exií-tence , & en a donné la figure & la des-cription qui ne diffèrent qu’en peu dechoses de celle de Leuwenhoek ; cettedifférence même peut venir de la diffé-rente espeee de scorpions que les deuxobservateurs ont examiné savoir l’un enHollande » & l’autreà Montpellier. Voicila description de l’académicien de Paris .qui avant fa mort étoit directeur de l’a-cadémie de Berlin.
Le dernier nœud de la queue du scor-pion est une petite fiole d’une espeee decorne , qui f’e termine par un col noirfort dur, fort pointu , & ce col est l’ai-guillon ; il présente au microscope deuxpetits trous beaucoup plus longs quelarges, qui au-lieu d’être placés à l’ex-trémité de l’aiguillon , ie sont des deuxcôtés à quelque distance de la pointe.Dans plusieurs aiguillons , quelquefois lasituation de ces trous varie un peu ,quoiqu’ordinairement ils commencent àla mëme distance de la pointe.
11 n’est pas/néceíîàire que le micros-cope grossiste beaucoup les objets, pourappercevoir ces trous; on les découvrefort bien avec une loupe de deux ou troislignes de foyer : & lorsque Rédi n’a pules voir , c’est apparemment qu’il s’est at-taché à chercher à l’extrémité de l’aiguillon,un trou qui n’y est point,& que préíèntanttoujours à Ion microscope i’aiguillon par lapointe, il ne powvoit pas appercevoir ces