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EXPOSITION
CHAPITRE XV.
Réflexions sur la loi de la pesanteur universelle.
E N considérant l’ensemble des phénomènes du système solaire,on peut les ranger dans les trois classes suivantes ; la premièreembrasse les mouvemens des centres de gravité des corps célestes,autour des foyers des forces principales qui les animent ; la secondecomprend tout ce qui concerne la figure et les oscillations desfluides qui les recouvrent ; enfin, les mouvemens de ces corpsautour de leurs centres de gravité, sont l’objet de la troisième. C’estdans cet ordre , que nous avons expliqué ces divers phénomènes ;et l’on a vu qu’ils sont une suite nécessaire du principe de la pesan-teur universelle. Ce principe a fait connoître un grand nombred’inégalités qu’il eût été presque impossible de démêler dans lesobservations ; il a fourni le moyen d’assujétir les mouvemenscélestes, à des règles sûres et précises 5 les tables astronomiquesuniquement fondées sur la loi de la pesanteur, n’empruntent main-tenant des observations, que les élémens arbitraires qui ne peuventpas être autrement connus ; et l’on ne doit espérer de les perfec-tionner encore, qu’en portant plus loin à-la-fois, la précision desobservations et celle de la théorie.
Le mouvement de la terre, qui par la simplicité avec laquelle ilexplique les phénomènes célestes, avoit entraîné les suffrages desastronomes, a reçu du principe de la pesanteur, une confirmationnouvelle qui l’a porté au plus haut degré d’évidence dont les sciencesphysiques soient susceptibles. On peut accroître la probabilité d’unethéorie , soit en diminuant le nombre des hypothèses sur lesquelleson l’appuie, soit en augmentant le nombre des phénomènes qu’elleexplique. Le principe de la pesanteur a procuré ces deux avantagesà la théorie du mouvement de la terre. Comme il en est une suite