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cés, & ce bel ouvrage étoit d’un seulbloc. Auguste ie mit su-r Tare qu’il con-sacra à la mémoire de son pere , & lerenferma dans un petit temple environnéde colonnes. C’est Pline qui tait ce récit.L’arc dont il parle commis d’unç nouvelleinvention pour porter des statues , étoitapparemment d’une médiocre grandeur,& íe réduisoit à un grand socle ou pié-destal chargé de la figure du monument.Ce corps solide devoir cependant avoirune certaine hauteur , pour indiquer uneplus grande idée de magnificence que descolonnes &des piédestaux ordinaires , d’au-tant mème que ces corps étoient encoreplus susceptibles de tous les bas-rgliets donton vouloir les enrichir.
Lyfìppe natif de Sycione & contempo-rain d’Alexandre ; c’étoit à lui & à Apelleseulement qu’i! étoit permis de représen-ter ce conquérant, Lyfìppe fit plusieursstatues de ce prince , suivant ses différensâges. L’c-mpereur Néron posséda la plusprécieuse ; mais comme elle n’étoit quede bronze, il crut que l’or en renrichif-sant la rendroit plus belle ; il arriva toutau contraire , que la nouvelle parure gâtaJa statue , & cju’on fut forcé d’enleverPot , ce qui dégrada beaucoup cette an-tique par les taches & les cicatrices qui yresterent.
Lyfìppe travailioit avec autant de génieque de facilité. Une imitation trop servilede la nature étant un défaut plutôt qu’unebeauté , il savoir lui donner plus de grâces& d’agrémens qu’elle n’a coutume d’er.avoir. Ce célébré artiste avoir représentéun homme sortant du bain , morceau pré-cieux qui faisoit un-des plus grands orne-mens des thermes d’Agrippa. Tibere fitenlever cette piece admirable pour enembellir son palais ; mais le peuple ne puts’accoutumer à ne plus voir ce chef-d’œu-vre de l’art, & força l’empereur de larestituer.
Utiris rapporte que Lyfìppe , ce sontsos paroles de Pline, n’a point eu de maî-tre ; Tullius apparemment Cicéron , sou-tient qu il en a eu un , mais que dans lescornmencemem qu’il étudioit son art , laréponse du peintre Eupompas lui donnapn précepte ; car l w j ayant fc-
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mandé quel étoit celui des anciens dontil lui conseilluit de suivre la maniéré , illui montra une multitude d’hommes , &lui ind.qua par-lá qu’il ne falloít suivreque la nature. Toutes les parties de l’es-prit ont autant besoin que les arts de cettegrande vérité , & tous ceux qui n’ont paseu la nature en vue n’ont présenté cjuede faux brillans , & leurs succès n’ontjamais été que passagers.
Après la liste d’une partie des grands &des beaux ouvrages de Lyfìppe , Pline fi-nit par dire : il a beaucoup embelli l’artstatuaire par la façon légere dont il a traité1 les cheveux , par la diminution des tètesque les anciens tenoient fortes , & par lescorps traités plus légers & plus sveltespour faire paraître ses statues plus gran-des.
Mais ce qui semble fort étonnant estla quantité d’ouvrages que Lyfìppe exécu-ta. II fit six cens dix morceaux de sculp-ture , qui tous auroient rendu célébrél’artîste qui n’en suroît fait qu’un seul ,ajoute Pline, hv. XXXIV. cìi. vif. tanteeomnia artis , ut clarìtatetn pofìent darevel Jìngula.
II fut aisé de savoir leur nombre , car ilavoir coutume de mettre à part un denierd’or , quand il avoir produit un nouvelouvrage , & son héritier en fie le calculaprès fa mort ; cependant ce fait mérited’étre expliqué ; voici donc ce qu’en penseM. de Caylus.
S’il étoit question , dit-il , dans ce cal-cul des ouvrages de Lyfìppe , de statuesde marbre, & même de figures de bronzede grandeur naturelle , ou faites chacunefur différens modelés , quoiqu’il en aitproduit plusieurs de ce genre , le nombrede fix cens dix morceaux de la main d’unseul artiste ne scroit ni possible , ni vrai-semblable ; la connoissance des arts & leurmarche dans l’exécution vont heureuse-ment servir à lever tous nos doutes.
Quand la pratique de la fonte est fami-lière à un artiste & qu’il a sons ses ordresdes gens capables de l’aider , les ouvragessc multiplient en peu de temps ; l’artisten’a proprement besoin que de faire desmodelés en terre ou en cire , manœuvreque l’on fijit être auiïï"prompte que facile.