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choses convenables aux divinités de lamer. Pline dit de ce morceau , qui selontoute apparence avoir été traité en bas-relief , magnum & prœclarum opus ,etiamsi totius vùœ fuis et. Ouvrage quiseroit admirable , quand il auroit occupétoute la vie d’un homme.
Nous ne connoissons pas, contìnue-t-il,tous les morceaux qui font sortis de lamain de cet artille ; cependant il a exé-cuté Mars assis & de proportion colossale.Cette statue est placée dans le temple deBrutus Gallaïcus dans le même cirque oùl’on voit de plus une Vénus nue capablede rendre célébré tous les autres lieuxqui pourroient la posséder ; mais l’air degrandeur & de magnificence qui régné par-tout dans la ville de Rome , peut seulétouffer la réputation de ces grands mor-ceaux : il n’est pas possible de les admi-rer & de les contempler ; le mouvementdes affaires détourne fans cesse , & l’ad-miratíon des chefs-d’œuvres a besoin dusilence & de la tranquillité de l’esprit.
Cette peinture du mouvement de laville de Rome est peut-être plus frappanteque toutes celles qui se trouvent dans au-cun autre auteur.
On ne fait , continue Pline , fi c’est àScopas ou à Praxitèle que l’on doit at-tribuer la Niobé mourante avec ses en-fans ; ce grouppe est placé dans le templed’Apollon Sosien. Le sujet de N iobé sevoit encore partie dans la vigne de Mé-dicis à Rome ; mais il est douteux si cesrestes appartiennent à celui dont parlePline.
On ignore aussi , continue toujours cetauteur , lequel de ces deux artistes Sco-pas ou Praxitèle , a fait le Janus que l’onvoit au temple d'Auguste . & que C eprince avoir fait apporter d’Egypte : onle fait d’autant moins que l’on a fait dorerîa figure.
Voilà , dit M. de Caylus , une raisontirée de fart ; car il est constant que toutecouleur, dorure ou vernis appliqué fur unestatue , ôte des finesses , empêche dedistinguer la touche , émousse les vivesarêtes, dénature ì’expression de la chair,& par conséquent empêche souvent lesconnoisseurs de l’attribuer à un maîtreTome XXX>
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plutôt qu a un autre. Les anciens allioientencore quelquefois , dans les ouvrages desculpture en ronde-bosse , les marbres decouleur , l'or , l’ivoire & le bronze. Lesmodernes ont heureusement banni cettefausse magnificence , qui diminue , inter-rompt l’effet, & ne produit aux yeux qu’unpapillotage sans goût.
Je reviens à Scopas , pour dire , enfinissant son article , que son nom acquitde plus en plus de la célébrité , non-sou—lemenc par ses ouvrages qui subsistèrent ,mais parce qu’il avoit eu des émules &des rivaux d’un grand .mérite. Horace ,ode viij. liv. iy. en fait lui-même unbel éloge. « Si j’avois , dit—il , un cabinetr> enrichi des chefs-d’œuvresde Parrhasius» ou de Scopas...
Divise me fcilìcet artium ,
Quas aut Parrhajìus , aut Scopas ;
, Silanion , né à Athènes , vivoit dutemps d’Alexandre le grand , & se rendittrès-habile dans son art, fans avoir eu demaître. Les historiens parlent de la statued’un certain Satyrus qui avoit souventremporté le prix aux jeux de la Grece ,de celle de l’athlete Démarate , de celled’Achille , & de celle d’un Espistates exer-çant les lutteurs. Cicéron vante extrême-ment la Sapho de bronze de ce célébréstatuaire. Verres l’avoit enlevée du pry-tanée de Syracuse. Pline raconte que Jemême Silamon avoit jette en bronze lastatue d’Apollodore son confrère, hommeemporté contre lui - même > & à qui ilarnvoit souvent de briser ses propres ou-vrages , parce qu’il ne pouvoit les porterà la souveraine perfection dont il avoitl’ídée dans l’esprit ; Silanion représentad’une maniéré fi vive cet emportement ,que l’on croyoit voir , non Ápollodore ,mais la colere en personne : hoc in eoexpressif , nec hominem ex œre fecit se diracundiam , dit Pline. Silanion écrivitun traite des proportions, suivant le té-moignage de Vitruve.
Socrate. Je me garderai bien d’en-vier à la sculpture l’honneur qu’elle a eude compter ce grand homme parmi sesélevés. II étoit fils d’un statuaire, & d so
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