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a8* EXPOSITION
de la terre, et le principe de la gravitation universelle, en raison
des masses, et réciproque au quarré des distances.
Ce principe est-il une loi primordiale de la nature ? n’est-il qu’uneffet général d’une cause inconnue? Ici, l’ignorance où nous sommesdes propriétés intimes de la matière, nous arrête, et nous ôte toutespoir de répondre d’une manière satisfaisante à ces questions. Aulieu déformer sur cela, des hypothèses; bornons-nous à examinerplus particulièrement, la manière dont le principe de la gravitationa été employé par les géomètres.
Ils sont partis des cinq suppositions suivantes, savoir: i°. quela gravitation a lieu entre les plus petites molécules des corps;2 °. qu’elle est proportionnelle aux masses ; 5°. qu’elle est réciproqueau quarré des distances; 4°. qu’elle se transmet dans un instant,d’un corps à l’autre ; 5°. enfin, qu’elle agit également sur les corpsen repos , et sur ceux qui, déjà mus dans sa direction, semblent sesoustraire en partie, à son activité.
La première de ces suppositions est, comme on l’a vu, urr résultatnécessaire de l’égalité qui existe entre l’action et la réaction ; chaquemolécule de la terre devant attirer la terre entière, comme elle en estattirée. Cette supposition est confirmée d’ailleurs , par les mesuresdes degrés des méridiens et du pendule ; car au travers des irrégu-larités que les degrés mesurés semblent indiquer dans la figure dela terre ; on démêle, si je puis ainsi dire, les traits d’une figurerégulière et conforme à la théorie. La grande influence de l’appla-tissement de Jupiter sur les mouvemens desnœuds et des périjovesdes orbes de ses satellites, nous prouve encore que l’attraction decette planète, se compose des attractions de toutes ses molécules.
La proportionnalité de la force attractive aux masses , estdémontrée sur la terre, par les expériences du pendule dont lesoscillations sont exactement de la même durée, quelles que soientlesSubstances que l’on fait osciller : elle est prouvée dans les espacescélestes, par le rapport constant des quarrés des temps de la révo-lution des corps qui circulent autour d’un foyer commun, auxcubes des grands axes de leurs orbites.
On a vu dans le premier chapitre, avec quelle précision le repospresque absolu des périhélies des orbes planétaires, indique la loi