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émiivoque. Ainfi en demeurant 9 aI J s ‘"'fbornes qui lui font prescrites, la sculpturene perdra aucun de scs avantages , ce quilui arriveroit certainement si elle vouloitemployer tous ceux de la peinture. Cha-cun de ces arts a scs moyens d imita-tion ; la couleur n’en est point un pour lasculpture.
Mais íi ce moyen qui appartient proprement à la peinture , est pour elle un .* va ”tage , combien de difficultés n a-t-e e pqui font entièrement étrangères a a / ptare ? Cette facilité de produire lstluhonpar le coloris, est elle- me me une tres-grande difficulté; la rarete de ce talent nele prouve que trop. Autant d objets q'Qle peintre a de plus que le sculpteur areprésenter , autant d’études particulières.Limitation vraie des ciels, des eaux , despaysages , des différens milans du jour ,des effets variés de la lumière , & l a l°!de n’éclairer un tableau que par le teulsoleil , exigent des connoiffances & destravaux nécessaires au peintre , dont lesculpteur est entièrement dispensé. Ce neferoit pas connoitre ces deux arts , si onôtoit leurs rapports. Ce feroit une errerr,ti on donnoit quelque préférence à 1 unaux dépens dc l’autre, à cause de leursdifficultés particulières. A
La peinture est encore agréable > mornelorfqu’elle est dépourvue de l’enthousias-me & du génie qui la caractérisé , maislans l’appui de ces deux bases , les pro-ductions de la sculpture font insipides. Quele^ génie les inspire également, rien n’em-pechera qu’elles ne soient dans ia plusintime union, malgré les différences qu’ily a dans quelques-unes de leurs mar-ches ; si ces arts ne font pas semblables entout il. y a toujours la ressemblance defamille.
Faciès non omnibus u naFisc^ dìverfi tatnen , qualem decet t Jse
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fororum.
Qvid. Met, l. f j.Appuyons donc là-dessus : c’est l’intérêtdes arts. Appuyons-y encore , pour éclai-rer ceux qui en jugent, fans en connoitreles principes, ce qui arrive assez souventmême à des esprits du premier ordre.
Si par une erreur , dont on voit heu-„ Tome XXX.
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reniement peu d’exemples , un sculpteuraiioir prendre pour de senthousiasme &du génie , cette fougue déraiíonnée quiemportoit le Boromini, qu’il soit persuadéque de pareils écarts , bien loin d’embel-Itr les objets, les éloignent d u vrai , &c neservent qu’à représenter les désordres derimagination. Quoique cet artiste ne fûtpas sculpteur , il peut être cité commeun exemple dangereux , parce que lemême esprit qui conduit sarchìtecte, con-duit aussi le peintre & le sculpteur. L’ar-tiste dent les moyens font simples, est àdécouvert ; il s’expofe à être jugé d’autantplus aisément, qu’il n’empioie aucun vainprestige pour échapper à l’examen , &souvent masquer ainsi sa non - valeur.N’appelîons donc point beautés dans quel-que ouvrage que ce soit, ce qui ne fe-roit qu’éblouir les yeux , .& tendroit àcorrompre le goût. Ce goût si vanté avecraison dans les productions de l’eíprit hu-main , n’est que le résultat de ce qu’operele bon sens fur nos idées : trop vives } ilfait les réduire , leur donner un frein ;trop languissantes, il fait les animer. C’eíìà cet heureux tempéramment que la sculp-ture , ainsi que tons les arts inventés pourplaire , doit scs vraies beautés, les seulesdurables.
Comme la sculpture comporte la plusrigide exactitude , un dessein négligé yferoit moins supportable que dans ia pein-ture. Ce n’est pas à dire que Raphaël & leDominicain n’aient été de três-corrects &favans dessinateurs , & que tous les grandspeintres ne regardent cette partie commeessentielle à sart ; mais à la ligueur , untableau où elle ne domineroit pas, pour-roit intéresser par d’autres beautés. Lapreuve en est dans quelques femmes pein-tes par Rubens , qui malgré le caractèreflamand & incorrect , séduiront toujourspar le charme du coloris. Exécutez - lesen sculpture sor ìe même caractère dudessein , le charme fera considérablement' f ^ f'ost entièrement détruit.L essai feroit bien pire sur quelques figuresde Rimbrand.
Pourquoi est-i! encore moins permis ansculpteur qu’au peintre de négliger quel-ques-unes des parties de son arc ? Cela
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