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Tome trentième.
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En 2.4Í , c’est-à-dire, l’année d’aprèsque les rois furent chastes de Rome, unepeste violente accompagnée de plusieursprodiges ayant jeté la consternation dansla ville , Publius Valerius Poplicola fit fur1 c même autel des sacrifices à Pluton & àProserpine, & la contagion cessa. Soixanteans après, c’est-à-dire, en Zos , on réi-téra les mêmes sacrifices par ordre desprêtres des sibylles, en y ajoutant les cé-rémonies prescrites par les livres sibyllins,& alors il fut réglé que ces fêtes se fer oienttoujours dans la fuite a la fin de chaquesiecle : ce qui leur fit donner le nom dejeux séculaires. Ce ne fut que long tempsaprès, c'est-à-dire, pendant la secondeguerre de Carthage, qu’on institua lesjeux appollinaires à l’honncur d’Apollon& de Latone. On les célébrois tous lesans ; mais ils n’étoient point distingués desjeux séculaires , l’année qu’on représentoitceux-ci.

L’appareil de ces jeux étoit fort consi-dérable ; on envoyoit par les provinces desfiscaux, pour inviter tout le monde à lacélébration d’une fête qu’ils n’avoient ja-mais vue , &L qu’ils ne reverroient jamais.

On distribuoit au peuple certaines grai-nes & certaines choses lustrales ou expia-toires. On sacrifioit la nuit à Pluton , àProserpine , aux Parques, aux Pithies ,a la Terre ; & le jour à Jupiter , à Junon ,à Apollon , à Latone , à Diane & auxGénies. On faisoit des veilles & des sup-plications ; on plaçoit les statues desdieux fur des couffins, où on leur servoites mets les plus exquis. Enfin pendant lesrois jours que duroit la fête , on chantoit^àírens, comme l’assure

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lpeaacles. La scene d e i a f A e chaneeoit

Si vous voulez que l'on entre dans ApPlus grands détails de la célébration desjeux séculaires , vous saurez que peu dejours avant qu’on les commençât, les quin-ze prêtres íybillins, assis fur leurs siegesdevant le temple d’Apollon palatin & deu i»cer capitolin, distribuoisnt à tout Ig

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peuple des flambeaux , du bitume , du lou-tre & autres choses lustrales ; c’est ce quiest exprimé dans les anciennes médailles,par ces mots • frug. acfruges accepta-. & ilspaíloientlà, & dans le temple de Dianefur le mont Aventin , des nuits entieres àl’honncur des parques avec beaucoup dedévotion.

Quand le temps de la fête étoit arrivé,le peuple s’assembloit dans le champ deMars ; on immoloit des victimes a Jupiter,à Junon , à Apollon , à Latone , a Dianeaux Parques, à Cérès à Pluton & a Pro-serpine.

La premiere nuit de la fête , l’empereurà la tête de quinze pontifes, faisoit dresserlur le bord du Tibre crois autels qu’on ar-rosait du lang de trois agneaux , à fur cesautels on brûloit les offrandes & les victi-mes. H paroît que c’est à cette circonstancequ’il faut rapporter la médaille où l’on voitla tête d’Auguste avec ces mots : Augufiustr.pot. VII. & de l’autre côté une colonne,avec cette inscription : imp. cas. Aug. lui.sac. A droit & à gauche de la colonneXV. S. F. c’est-à-dire , quindecim virisacrissaciendis , & autour, L, Mescinius RususIII. vir, qui est le nom du trévir qui avoirfait frapper la médaille pour consacrer lamémoire d’un événement auffi remarqua-ble que celui de la célébration des jeux.

Après cela on marquoit un certain es-pace dont on faisoit une espece de sceneilluminée. On chantoit plusieurs hymnesfaits exprès pour cette occasion ; on célé-brois plusieurs sortes de jeux ; on jouoitplusieurs pieces de théâtre. La fraîcheurde la nuit donnoit un nouvel agrément âces spectacles, fans parler des illuminationsqui non seulement éclairoient la scene ,mais qui se faisaient auffi dans les temples,dans les places publiques Sedans les jardins :lumina cum rogis accenduntur , dit Zosime.On peut même croire que la description desfeux d’artifices dont parle Claudien dans lepanégyrique du sixième consulat d’Hono-rius, ne convertoit pas moins aux fêtes sé-culaires qu’aux jeux du cirque ; mais conti-nuons.

Le lendemain, après qu’on éroit montéau Capitole pour y offrir des victimes , ons’en retournoit dans le champ de Mars, &