S E M
bien nettoyé , & que les pailles & les bar-bes fuient iéparécs du grain , d’auffi prèsqu’il fera possible , aíin que cela ne I’empê-che pas de sortir du sernbrador-
VIII. Après les semailles laitesil fau-dra pratiquer un sillon pour aíîàinir le ter-rain & en tirer les eaux , en suivant Tissagedu pays, fans qu’íl soit besoin d’y rien fairede plus jufqu’à la moisson.
Inftrucl.ons. i". Avant que d’ensemencerun terrain , il saut lui donner autant de la-bourages, qu’il est d’ufage dans les pays oùon laisse reposer les terres.
2°. Quar.d le temps des semailles est ve-nu , le laboureur doit commencer à ouvrirun sillon avec la charrue fur un ou deuxpas de long ; & quand la charrue est dansla terre à une profondeur convenable , ilfaut attacher alors le sernbrador au trainde la charrue , de telle façon que les clousdes roues puissent s’accrocher à la terre ,& les faire tourner uniformément.
3°. Les oreilles de la charrue , étant pluslarges qu’on ne les a faites jusqu à présent,il en résultera deux avantages ; première-ment elles donneront plus de largeur auxsillons , pour recevoir les semences , &elles recouvriront mieux ceux qui font en-semencés ; secondement elles empêcherontque les grostès mottes de terre fit les pier-res ne donnent des coups contre le lem-brador , au cas que ces mottes n’aient pasété brisées & les pierres enlevées. Mais s’iíy avoir dans un terrain une si grande quan-tité de pierres , que la charrue ne pût ypenetrer , alors íe laboureur doit passer ou-tre , en enlevant la charrue , jusqu’à ce qu’ilretrouve une terre praticable ; il faut enle-ver en même temps le sernbrador, dont lepoids très-léger ne fait pas un grand em-barras aa laboureur.
4*. Quand une feule paire dsoreilles nesuffit pas à la charrue , pour écarter lesmottes de terre fit les pierres, on pourray ajouter uue autre paire d’oreilles de qua-tre ou cinq pouces plus hautes que les pre-mières & de même grosseur , que l’on pla-cera dans un endroit convenable du trainde la charrue , & cependant un peu enarriéré des autres oreilles ; par ce moyen ,le sernbrador sera parfaitement garanti fitdéfendu contre soi pierres fie les mottes
5 E M
de terre , comme l’expérience l’a fait voir.
5°. Au rapport des fermiers les plus ex-périmentés , le temps propre aux semaillesest quand la fleur de la terre est feche, ouqu’elle approche un tant soit peu de l’hu-miditc ; dans l’un ou l’autre de ces cas , lesroues de ce nouvel instrument tournerontfans obstacle , & les trous par où tombentles semences ne feront pas fermés par laboue.
6°. Quand on fe servira du sernbradorcomme il convient, on femera en fromenttrois celamines ou environ un quart dsboisseau , fit en orge, cinq celamines ou undemi-boiíleau , dans autant de terrain qu’ilen faudroit pour semer environ un boisseau& demi suivant l’usage ordinaire. Si danscette proportion il fe trouve plus ou moinsde semence , cela proviendra de quelquedéfaut dans finstrument, ou de la négligen-ce du laboureur.
7°. II faut proportionner les cuillers auXgraines, fit en faire faire exprès pour cha-que espece de semence.
S y . On doit faire les sillons très-près IeSuns des autres > enforte que la charrue enrepassant puisse mkux recouvrir le précé-dent sillon qu’on vient d’ouvrir fit de semer.
9°. Après avoir ensemencé un terrain »on doit le rendre aussi uni qu’il est possible >à l’exception des sillons qu’on a faits pourl’écoulement des eaux , comme cela s’estpratiqué jufqu’à présent ; mais il suffirad’enlaisser un à chaque distance de quatre ver-ges , car l’expérience nous a appris qu’ustterrain où on n’a laissé aucuns sillons ou-verts , rapporte plus de blé que celui où onen a laissé beaucoup , par la raison que dan*ce dernier cas, le froment, forge fit d’au-tres grains, font fort sujets à dépérir par lasécheresse ; & c’est à quoi l’on doit fur-ton tprendre garde en Espagne, qui est l’une de»plus seches contrées de l’Europe.
xo°. On a observé en 1664 , dans pi 11 'sieurs endroits de l’Efpagne , que les terre*ensemencées au mois de septembre avoien cproduit de meilleur grain que celles qui L*'voient été en octobre ; & celles emblave®*en octobre , du blc mieux conditionné q 11 ®celles ‘emées en novembre ; ce qui prouvequ’il est plus avantageux de semer tôt quStard. ( Recueil académique. J