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Tome trentième.
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cette méthode avoit été employée avecsuccès dans quelque cas, elle devint insen- :;fiblement le recours de tous ceux qui, poursatisfaire leur ambition , afîectoient uncaractère de popularité. Elle fut portée filoin à la fin , que le sénat fut dépouillé detout son pouvoir & de toute l’influencequ’il avoit dans les affaires publiques.

Paílons à la convocation & aux lieuxd’assemblées du sénat.

Le sénat étoit toujours convoqué par le 'dictateur loríqiston le créoit dans quelqueconjoncture critique ; mais dans tous lesautres cas, le droit de convoquer le sénatappartenoit aux consuls , suprêmes magifi 1trats de la république. Dans leur absence,ce droit étoit dévolu, selon les Ioix, aux;Magistrats subordonnés, tels que les pré-'teurs & les tribuns. II est vrai que ces der-niers se croyoient fondés à convoquer lesénat dans quelque temps que ce fût, 6clorsque les intérêts du peuple le requé-r °ient; mais malgré cette prétention, paraspect pour Pautorité consulaire, on neconvoqua jamais de cette maniéré le sénat,que lorsque les consuls étoient abfens ; à >Moins que ce ne fût dans des affaires d’im-portance & dans des cas imprévus, où ilfalloit prendre une prompte détermination.Enfin, lorsque les décemvirs, les entre-vis ou les triumvirs furent établis pourgouverner la république, ce n’étoit qu’àeux qu’il appartenoit de convoquer le sénat,comme Aulugelle le rapporte après Varron.

Dans les premiers temps de Rome , lors-que l’enceinte de la ville étoit peu consi-dérable, les sénateurs étoient appelés per-sonnellement par un appariteur, ou parUn courier, quelquefois par un crieur pu-blic, quand les, affaires exigeoient uneexpédition immédiate. Mais dans les tempspostérieurs , on les convoquent d’ordinairepar le moyen d’un édit qui aslignoit letemps & le lieu de l’aífeniblée , & quel’on publioit quelques jours auparavant ,afin que la connoissance & la notoriété enfuslènt publiques. Ces édits n’avoient com-munément lieu que pour ceux qui résidoienta Rome , ou qui en étoient peu éloignés.Cependant quand il s’agifloit de traiterquelque affaire extraordinaire , il paroît*iuiis étoient auífi publiés dans les autres

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villes d’Italie. Si quelque sénateur refusoitou négligeoit d’obéir à l’appel, le consull’obligeoit de donner des sûretés pour leparement d’une certaine somme, au casque les raisons de fou absence ne fussentpoint reçues. Mais dès que les sénateursétoient parvenus à l’âge de soixante ans,ils n'étoient plus assujettis a cette peine ,JSc ils n’étoient plus obligés de se rendredans les assemblées , que lorsqu’ils le vou-loient bien.

Dans les anciens temps, au rapport dsValérius, les sénateurs étoient fi occupésdu bien public , que fans attendre un édit,ils étoient dans Phabitude de se rassemblerd’eux-mémes fous un certain portique prèsle palais du sénat, d’où ils pouvoient s’yrendre promptement , dès que le consulétoit arrivé. Ils croyoient à peine digned’éloge leur attention à s’acquitter des de-voirs de leur état 6c de leurs obligationsenvers la patrie , fi ce n’étoit volontaire-ment & de leur propre gré, & s’ils atten-doient le commandement d’autrui , oul’intimation qui leur en seroit faite. Maisoù s’assembloient-ils ?

Les anciens Romains , pleins de religion& de vertu , avoient coutume d’allèmblerle sénat dans un lieu sacré dédié aux auspi-ces , afin que la présence de la divinitéservît à faire rentrer en eux-mêmes ceuxqui longeroient à s’écarter des réglés de laprobité. Romulus le convoquoit hors de laville dans le temple de Vulcain , & Hosti-lius dans la curie Hostilie. Nous lisons ,dans les anciens auteurs , qu’après l’expul-sion des rois , le sénat s’astembloit tantôtdans les temples de Jupiter , d’Apollon ,de Mars, de Bellone , de Castor, de laConcorde, de la Vertu, de la Fidélité,Sc tantôt dans les curies hostilienne Scpompéienne, dans lesquelles les auguresavoient fait bâtir des temples pour ceteffet. Tous ces temples formoient les lieuxd’assemblée du sénat. Voye{ TEMPLES desassemblées du sénat.

II y avoit des temps marqués pour assem-bler le sénat, savoir les calendes, les no-nes & les ides, excepté les jours des co-mices , pendant lesquels on traitoír avecle peuple. Dans ces jours-là , fa loi Papia. défçndoit d’assembler le sénat, afin que lesXxxx í