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Tome trentième.
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II est toujours vrai que les sénateurs furleurs sieges, gardoient entr’eux un ordre dePréséance , pris de la dignité de la magis-trature qu’ils avoient auparavant remplie.Lorsque Cicéron en parle , il indique cetordre. C’étoit aussi celui que gardoient lesMagistrats en se plaçant, & lorsqu’il s’agis-soit de proposer leur opinion , chacun dansson rang & à son tour.

Quelques savans conjecturent que lesédiles, les tribuns & les questeurs, étoientassis fur des bancs séparés ; avec cette dif-férence , que ceux des magistrats curulesétoient un peu plus élevés que les autres.II semble que Juvénal indique cette indiffé-rence dans [a jatire jx. $%. contre celui quiveut faire voir qu’il a une dignité curule.Ces bancs étoient en quelque torte sembla-bles à nos petites chaises fans dossier. Sué-tone , dans fa vie de Claude , c. xxiij. dithue quand cet empereur avoit quelquegrande affaire à proposer au sénat, ils'aí^yoit fur un banc des tribuns, placée ntre les chaires curules des deux consuls.Mais il falloir aussi qu'il y eût d’autrcsbancs longs, de maniéré que plusieurssénateurs pouvoient s’y placer ; car Ci-céron rapporte , dans les épit.famil. iij.Q.que Pompée appeloit les décisions du sénat,le jugement des longs bancs , pour le distin-guer des tribunaux particuliers de justice.

Indépendamment de la diversité desbancs, & des places assignées à chaque or-dre de sénateurs, l’un des membres de ceoorps auguste écoit toujous distingué des«nitres par le titre de prince du sénat. Cettedistinction , qui avoit commencé sous lesrois , eut lieu dans tous les temps de larépublique. On voulut conserver cettepremiere forme établie par le fondateurde Rome , qui s’etoit réíervé en proprele choix & la nomination du principal séna-teur , qui , dans son absence & dans celledes rois, devoir présider dans cette assem-blée ; le titre de prince du sénat étoit dansles réglés , & par voix de conséquencedonné à celui dont le nom étoit placé lepremier dans la liste de ce corps, toutesles fois que les censeurs la renouvelloienc.On eut attention de le donner toujours àìM sénateur consulaire, qui avoir été revêtu° e la dignité de censeur. On choiíìllòit

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l’un de ceux que sa probité & sa sagesserendoient recommandable ; & ce titre étoittellement respecté, que celui qui Tavoitporté étoit appelé de ce nom par préfé-rence à celui de quelque autre dignité quece fût , dont il se seroit trouvé revêtu. IIn’y avoit cependant aucun droit lucratifattaché à ce titre, & il ne donnoit d’autreavantage, qu’une autorité qui sembloit na-turellement annoncer un mérite supérieurdans la personne de ceux qui en étoienthonorés. Mais voyq PRINCE DU SÉNAT.

Le sénat étant assemblé, les consuls oules magistrats qui en avoient fait la convo-cation par leur autorité, prenoient avanttout les auspices , & après avoir rempli lesdevoirs ordinaires de la religion par dessacrifices & des prières, ils étoient dansl’ufage de déclarer le motif de la convoca-tion de cette assemblée , Lc de proposer lesmatières des délibérations de ce jour. Parpréférence â tout, on expédioit d’abord &lans délai les affaires de la religion & quiconcernoient le culte des dieux. Lorsque leconsul avoit soumis à l’examen quelquepoint, on ledifcutoit; s’il étoit question,de rendre un décret, il disoin son opinionà cet égard, & parloir aussi long-tempsqustl Je vouloir; il demandoit ensuite lesopinions des autres sénateurs , en les appe-lant par leurs noms, & suivant Tordre danslequel ils étoient placés; il commençoit parles sénateurs consulaires, & cor.tinuoit parles prétoriens.

Originairement on écoit dans l’usaged’interroger le prince du sénat le premier ;mais bientôt on ne le conduisit plus ainsi,,& cette politesse fut accordée à quelquevieux sénateur consulaire , distingué parses vertus, jusqu’aux derniers temps de larépublique, que s’introduisit la coutumefixe de donner cette marque de respect àses parens , à ses amis particuliers, ou àceux que l'on croyoit vraisemblablementd’un avis conforme à ses propres vues & àses sentimens fur la question proposée. Quelque ordre que les consuls observas-sent , en demandant les opinions le premierde janvier, ils le gardoient pendant toutle reste de Tannée. C. César , â la vérité ,se mit au dessus de cette réglé & en chan-gea l’ufage ; car quoiqu’il eût au commen-