72 r S E N
en effet Pline fe plaindre de la viciíTitudedes temps, & déplorer le changement quis’étoit introduit dans le choix des sénateurs,des juges & des magistrats qu’on élif'oit ,selon le calcul de leurs biens, époque àlaquelle on commença de n'a voir plusd'é-gard au vrai mérite.
Cicéron dans une de ses lettres écriteslors de 1 administration de C. César, rendun témoignage assuré de 'a quotité desbiens que devoir avoir un sénateur ; il prieun de ses amis, qui avoit alors du crédit,d’empêcher que certaines terres ne soientenlevées par les soldats à Curtius, qui fansses biens ne pourroit conserverie rang desénateur, auquel César savoir lui-mémeélevé.
Ce n’étoit pas assez aux sénateurs d’avoirune certaine quotité de biens ; il falloitencore qu'ils donnassent un exemple debonnes mœurs á tous les ordres de 1 état;mais indépendamment de cette régularité ,de mœurs qu’on exigeoit d eux , Cicéronnous parle encore des devoirs auxquels ilsétoient assujettis ; l’un de ces devoirs, étoitl’obligation d’être assidu La liberté qu’ilsavoient d’aller à la campagne, dans lesintervalles d’une assemblée àl’autre, ayantdégénéré en abus , les consuls leur défen-dirent dans plusieurs circonstances de s'ab-senter de Rome plus de trois à la fois,&c des’éloigner de maniéré qu’ils ne pussentrevenir dans le jour. Le second devoir con-íìstoit â ne parler qu’à son tour. La troi-sième réglé de discipline étoit de ne pasétendre son avis au delà des bornes ; maiscette réglé eut souvent ses exceptions. Aureste, un sénateur perdoit son état lors-qu’il se dégradoit lui-méme, en montantsur le théâtre , ou en descendant dansl’arene.
II arrivoit aussi que les illustres mem-bres d’un conseil suprême , qui tenoit dansses mains les renés d’un aussi puissant em-pire, qui réglois toutes les affaires avecles étrangers, & qui dans son lustre pré-fìdoit à toute la terre , étoit regardé par-tout , avec la plus grande distinction. Nousvoyons en effet, que plusieurs d’entr’euxavoient sous leur protection particulière,des rois, des villes & des nations.
Cicéron rendant compte des avantages
S E N
d’un fìáateur fur les membres des autresordres de la république, dit qu’il avoitl’autorité & l’état dans Rome , le nom &la saveur chez sétranger. II jouiílòit duprivilège de prendre place dans les assem-blées des sénats des provinces alliées à larépublique. Quelle est la ville, ajouteCicéron, dans les parties les plus éloignéesde la terre, quelque puissante & quelqu®libre qu’elle soit, quelque rudesse & quel-que barbarie qu’elle puisse avoir ; quel estle roi qui ne se fasse un plaisir d’accueillic& de bien traiter chez lui un sénateur dupeuple romain ?
Parmi les membres de cet ordre feule-ment , on choisislòit tous les ambassadeurs,& ceux qu’on employoit dans les étatsétrangers ; & lorsqu ils avoient quelqu smotif particulier de voyager au dehors,même pour leurs propres intérêts, ils obte-noient du sénat le privilège d’une légationlibre. Ce privilège leur donnoit le droitd’écre traités partout avec les honneurs dûsà nn embassadeur , & d’être fournis pen-dant leur route d’une certaine quantité devivres, & de choses qui pouvoient leurêtre nécessaires, ainsi qu’à leurs gens. Deplus, pendant tout le temps qu’ils rési-doient dans les provinces de la république,les gouverneurs de ces provinces étoientdans l’usage de leur donner les licteurs quiles précédoient. S ils avoient quelque pro-cès ou quelque discussion d’intérêt dans cesprovinces, il paroi t qu’ils jouissoient dudroit de demander leur renvoi à Rome,
Ils n'étoient pas moins distingués desautres citoyens dans cette capitale, pardes privilèges & des honneurs particuliers;puisque dans les fêtes & les jeux publicsils avoient des places qui leur étoient assi-gnées dans le lieu le plus commode & I eplus honorable. Lorsqu’on offroit des sa-crifices à Jupiter, ils jouissoient seuls dadroit de donner des fêtes publiques dans J®capitole , revêtus de leurs habits de céré-monie , ou des habits propres aux charg® 5qu’ils avoient exercées.
Ils étoient d’ailleurs distingués des autre*citoyens par les ornemens de leurs habitsordinaires , ainsi que par leur tunique »par la matière, & la forme de leurs sou*liers, dont les anciens auteurs rendent