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Tome trentième.
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S E N

de toutes les œuvres de Séneque, & lesméditations historiques de Camérarius.

Scalíger estimoit beaucoup ies ouvragesde M. Goulart. Son Cyprien est si bien &fi joliment travaillé, dit-il, que je l’ai lutout d’une haleine. Quand il ne mettoitpas son nom â un livre, it le défignoit parces trois lettres initiales S. G. S. qui vou-aient dire, Simon Goulart senhsten. C’eít àt^ette marque que le P. Labbe croit, avecsaison , savoir reconnu pour sauteur desnotes marginales, & des sommaires quiaccompagnent les annales de Nicetas Chô-mâtes, dans sédition de Geneve iyp$.

Pajot ( François), plus connu fous lenom du poète Liniere , étoit surnommé defi>n temps Y athée de Senlis. II étoit bien faitde fa personne , & né avec d’agréablesqualités. II avoit de l’esprit , de la vivacité& du talent pour la poélïe aisée ; maisfiatyriqne , libertin, débauché. II acheva jde le gâter par fa crapule. II ne réustìssoit {Pas mal à des couplets satyriques, &: fur- Jtout à des chansons impies, ce qui fit queY e ípreaux lui dit un jour, qu il n avoit deEsprit que contre Dieu,

Madame Deshoulieres, qui prend quel-quefois le parti des mauvais poètes, s’estefforcée autant qu’elle fa pu, de justifier•Liniere du reproche ^irréligion & de íiber-tinage , quoiqu’il eût entrepris une critiqueabominable du nouveau Testament. Voici* es propres vers de cette dame.

On le croit indêvot , mais quoique l'on en die,Je crois que dans le fondTirílS n ejf pas impie.Quoiqu il raille souvent des articles de foi ,Je crois qu!il es autant catholique que moi...Ce dernier vers nedonneroit pas une hauteJ dee de la catholicité de la belle muse fran-Çoise; mais Liniere lui-mcme n’en avouepas tant dans son propre portrait, où ils’explique ainsi sur les sentimens qu’il avoirde la religion.

La lecture a rendu mon esprit assersor tContre toutes les peurs que l'on a de la mort.Et ma religion n'a rien qui m embarrasse ;Je me ris du scrupule, ítjehaislagriniace, &c.Ï 1 mourut en 1604 , âgé de 76 ans. On voitde jui diverses pieces dans les volumes dePoésies choisies, imprimées chez Serci, IITome XXX.

S E N -Z?

en court aufli heausoup de manuscrites.

{D. J.)

SENNACHERIB , ( H,st. des Assyriens. )fils & successeur de Salmanazar , exigea,comme son pere , le tribut & shommageque le royaume de Juda, depuis Achaz,s’étoit obligé de payer aux ^ Assyriens.Ezéchias, humilié de cette dependance^,refusa le tribut. Smnackerib punit bientôtsa témérité. 1! lait marcher son armee dansla Judée , & se rend maître de Lachis,dont la conquête lui assuroìt celle de Jé-rusalem. Ezéchias , étonné de la rapiditéde ses succès, & touché des malheurs deson peuple , se soumit à toutes les condi-tions qu’on daigna lui prescrire. Le monar-que Assyrien , sous le voile de la modéra-tion , n’exigea qu’une somme d’argent qui,en épuisant les Juifs, les mettoient dansl’impuíssance de renouveller la guerre.Mais, infidèle à ses promesses & à í'esiermens, il recommença les hostilités avecplus de violence qu’auparavant. Toutes lesplaces de la Judée furent contraintes de se, ranger sous son obéiíîance, excepté Jérusa-| lem dont il torma le siégé , & qu’il sutf obligé d’abandonner pour aller à la ren-contre des Ethiopiens qui s’avançoientpour délivrer Jérusalem. Leur projet étoitde faire leur jonction avec les Egyptienscommandés par leur roi Sabbace , quiréunissoit celui de prêtre de Vulcain. Ceroi pontife , fans capacité & fans expériencedans la guerre, n’ctoit propre qu’à présideraux cérémonies religieuses. Sennacherib ,avec une armée aguerrie, se répanditdans l’Egypte qu’il parcourut en vainqueur,& dont il enleva de riches dépouilles : ilretourna triomphant devant Jérusalem.La faiblesse des assiégés privc-s de secoursétrangers lui en prometteur la conquête ,lorsque son armée sut miraculeusementdétruite par fange exterminateur qui.,dans une nuit, frappa de mort cent quatre-vingt-cinq mille Assyriens. Les interprètesfont partagés fur sexplication de ce pro-dige. Les uns prétendent que cet angedestructeur désigne la foudre ou la peste,ou quelqu’un de ces vents brûlans q u * »dans ces contrées, portent les ravages &la mortalité. Sennacherib, avec les d-brisde son armée, se retira avec précipi-