Buch 
Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
Entstehung
Seite
316
JPEG-Download
 

3iG li X P' O S I T I O N

des progrès rapides et continus, à la hauteur nous la voyons.Purbacli, llegiomontanus, et Waltlierus, préparèrent ces beauxjours de la science ; et Copernic les fit naître par lexplication heu-reuse des phénomènes célestes, au moyen des mouvemens de laterre sur elle-même et autour du soleil. Choqué comme Alphonse,de lextrême complication du système de Ptolémée ; il chercha dansles anciens philosophes, une disposition plus simple de lunivers.Il reconnut que plusieurs dentreux, avoient mis Vénus et Mer-cure en mouvement autour du soleil; queNicétas, au rapport deCioéron, faisoit tourner la terre sur son axe, et par ce moyen,affranchissoit la sphère céleste, de iinconcevable vitesse quil fal-loit lui supposer pour accomplir sa révolution diurne. Aristote etPlutarque lui apprirent que les pythagoriciens faisoient mouvoirla terre et les planètes, autour du soleil quils plaçoient au centredu monde. Ces idées lumineuses le frappèrent : il les appliqua auxobservations astronomiques que le temps avoit multipliées; et ileut la satisfaction de les voir se plier sans effort, à la théorie desmouvemens de la terre. La révolution diurne du ciel ne fut quuneillusion due à la rotation de la terre, et la précession des équinoxesse réduisit à un léger mouvement dans laxe terrestre. Les cerclesimaginés par Ptolémée, pour expliquer les mouvemens alternati-vement directs et rétrogrades des planètes, disparurent : Copernicne vit dans ces singuliers phénomènes, que des apparences pro-duites par la combinaison du ipouvement de la terre autour dusoleil, avec celui des planètes; et il en conclut les dimensions res-pectives de leurs orbes, jusqualors ignorées. Enfin, tout annonçoitdans ce système , cette belle simplicité qui nous charme dans lesmoyens de la nature, quand nous sommes assez heureux pour lesconnoître. Copernic le publia dans son ouvrage sur les révolutionscélestes : pour ne pas révolter les préjugés reçus, il le présentacomme une hypothèse. «Les astronomes, dit-il, dans sa dédicace» au pape Paul ni, sétant permis dimaginer des cercles, pour» expliquer les mouvemens des asties; jai cru pouvoir également» examiner si la supposition du mouvement de la terre, rend plus» exacte et plus simple, la théorie de ces mouvemens ».

Ce grand homme ne fut pas témoin du succès de son ouvrage : il