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EXPOSITIONde Jupiter, qui lui montrèrent une nouvelle analogie de la terreavec les planètes : il reconnut ensuite, les phases de Vénus, et dès-lors , il ne douta plus de son mouvement autour du soleil. La voielactée lui offrit un nombre infini de petites étoiles que l’irradiationconfond à la vue simple, dans une'lumière blanche et continue : lespoints lumineux qu’il apperçut au-delà de la ligne qui sépare lapartie éclairée, de la partie obscure de la lune, lui firent connoîtrel’existence et la hauteur de ses montagnes. Enfin, il observa lesapparences occasionnées par l’anneau de Saturne, les taclies et larotation du soleil. En publiant ces découvertes, il fit voir qu’ellesprouvoient incontestablement, le mouvement de la terre; mais lapensée de ce mouvement, fut déclarée hérétique, par une congré-gation de cardinaux; et Galilée, son plus célèbre défenseur, futcité au tribunal de l’inquisition, et forcé de se rétracter, pouréchapper à une prison rigoureuse.
Une des plus fortes passions, est l’amour de la vérité , dansl’homme de génie. Plein de l’enthousiasme qu’une grande décou-verte lui inspire, il brûle,de la répandre, et les obstacles que luiopposent l’ignorance et la superstition armées du pouvoir, ne fontque l’irriter et accroître son énergie. Galilée convaincu par sespropres observations , du mouvement de la terre, médita long-temps un nouvel ouvrage dans lequel il seproposoitd’en développerles preuves. Mais pour se dérober à la persécution dont il avoitfailli être victime, il imagina de les présenter sous la forme dedialogues entre trois interlocuteurs dont l’un défendoit le systèmede Copernic, combattu par un péripatéticien. On sent que l’avan-tage restoit au défenseur de ce système ; mais Galilée ne pronon-çant point entr’eux, et faisant valoir autant qu’il étoit possible, lesobjections des partisans de Ptolémée, devoit s’attendre à jouir d’unetranquillité que lui méritoient ses travaux et son grand âge. Lesuccès de ces dialogues, et la manière triomphante avec laquelletoutes les difficultés contre le mouvement de la terre, y étoientrésolues, réveillèrent l’inquisition. Galilée à l’âge de soixante etdix ans, fut de nouveau cité à ce tribunal. La protection du grand-duc de Toscane ne put empêcher qu’il y comparût. On l’enfermadans une prison où l’on exigea de lui, un second désaveu de ses