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Tome trentième.
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atomes , comme un tout figuré ou modeléfi,r l’ensemble de ces mêmes parties : " Parlà , dit Bny’e, on est à l’abri de ^objectionfoudroyante de Galien, lorsqu’il interprèteces paroles d’Hippocrate , st unum effethomo , non dokret , quia non foret undl dole-ret ». Voye^ dictionn. de Bayle , vol. II,ors. Epicure.

Du reste, on se recriera peut-être surl’idée de cette figure que nous affectons ,d’après Willis, à l’ame sensitive ; mais cene fera , fi l’on veut , qu’une métaphorequi paroît en quelque façon justifiée par cequi se manifeste du principe sensitif dansles pallions. C’est en effet le relief de cetteame qui semble varier celui du corps fousdes caractères relatifs aux affections qu'elleéprouve ; souvent même ces caractèresrestent représentés fur certaines parties ,quelques momens après la mort; ce quirend presque applicables à des être réels,les expressions figurées des historiens & despoètes , comme , par exemple, le relui ctin vultíbits minet de Florus lib. I, & le emorto anco minaccia , du Taflè , ctc.

De tout ce que nous venons de dire ilfuit, qu’on peut regarder le sentiment dansles animaux , comme une paílion physiqueou de la matière, fans qu'il soit besoin, pourrendre raison des spasmes affreux que peutcauser un stimulus même leger, de recourirà l’ame spirituelle qui juge, ou qui estimeles sensations, comme le ptétend Stahl.Vid. Theor. ver. tom. II, capit. de fenfibilitate.On connoit cette histoire de Galien, cefítand homme racconte qu’étant tombédangereusement malade , & entendant quedeux assistans de fies amis s’entretenoient dequelque mauvais signe qu’ils venoient dej'econnoître en lui, il s’écria qu’on y prîtbien garde, qu’il étoit menacé du délire , &demanda qu’on lui fît des remedes en con-séquence ; cet exemple est remarquable , ilffen est point qui établisse mieux la distinc-.fion des deux âmes dans l’homme, savoirla raisonnable , & la sensitive , & les disse-jRentes fonctions de chacune; famé sensitive 'de Galien malade, est occupée du mal;Su’elle ressent dans ses organes, & de toutj® danger qui menace le corps, elle en est

°ub!ée , ce trouble, cette affection se

a usieíìe au dehors par des palpaiions invo- !

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lontaires j l’ame raisonnable paroît aucontraire indifférente à cet état de passiondu corps, ou de l’ame sensitive, elle attendqu’on l’en avertisse, ctc. Galien remarquemême que tel étoit dans ces momens, l’étatassuré de son ame , que sa raison n’avoitrien perdu de son assiette ordinaire , utrationalis facultas non vaùllaret. Vid. delocìs affeâis , lib. IV , cap. ij , Charter ,,tom. II. On sent les coníéquences qui relui-rent de ce que nous venons de rapporter ,contre les prétentions trop absolves desstahliens.

Ainsi le plaisir & la douleur feront, enfait de sensation, comme les données ou lesdeux sensations élémentaires dont le mode,le ton, s’il est permis de le dire, est originai-rement conçu dans l’ame sensitive; ce fera labase ou la gamme de toutes les autres sensa-tions qu’on pourroic appeler secondaires ,&: dont l’ordre , la série existe nécessaire-ment dans des relations infinies : tirées de! habitude des individus ou de la variétédes especes.

C’est donc une condition inséparable del’état d’animal , que celle de percevoir oude sentir matériellement , comme on dit ,ou dans fa substance. L’ame raisonnablepeut sans doute ajouter à ces sensationspar des circonstances morales ; mais en-core une fois ces circonstances n’appar-tiennent point à l’animal considéré commetel, & il est même probable qu’elles n’ontpoint lieu chez plusieurs.

Restera 4 toujours cette différence no-table entre l’homme & la brute , que dansla sensibilité ou Vanimalité est dirigée oumodérée par un principe spirituel &immortel qui est l ame de l’homme ,5c que dans la brute elle tient à un êtremoins parfait & périssable appelé instinct ouame des bêtes. Voye j Ame. Les payens eux-mêmes ont reconnu cette distinction bien-faisante , qu’il a plu au Créateur d’étabiiren faveur de l’homme ; bejliis autem jenj'umct motum dédit, ct cum quodam appetitu accej-sum ad res jalutares , h pejlifens recejsum ,homini hoc ampliàs quod aàdidit rationcm quaregerentur animi appetitus qui tum remitte-rentur , tum continerentur. C’est dans cestermes que Ciçéron en parle d aptes les