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Tome trentième.
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S E N

Veur d’un calme trompeur ; la raison cnest qu’elles sont d’ordinaire occasionnéespar des especes de miasmes ou être mor-bifiques , entia morbosa , qui frappent d’en-gourdissement & de stupeur les parties sen-sibles , & enchaînent l’exercice de lasensibilité dans quelques-uns de ses princi-paux districts. L’efìet de l’opium nousdonne un exemple de ces maladies. Com-munément cependant, telle est la qualitéde la cause morbifique qu’elle sollicite lasensibilité de la fibre animale dont les se-cousses , les efforts, l’accélération des mou-vemens font ce qu’on appelle la fievre.

Qu’est-ce donc que la fievre ? un élan ,un sursaut général de famé sensitive quiagite violemment les nerfs &r les partiesnerveuses, & s’irrite toute enriere par unesensation fausse ou contraire aux sensationsordinaires ; c’est là cette disconvenante,ce dérangement dans la disposition des prin-cipes dont parle Lucrèce, & qui fait que leshumeurs n’ont plus un goût qui se rapporteau sentiment naturel des parties, ni les par-ties un ton convenable à l’élaboration ordi-naire des humeurs :

Quippe ubi cui sebris , bilisuperante , coor-

tae fi> .

Aut aliâ ratione alìqua e(l vis excita morbi ,*Perturbatur ibi totum jam corpus , Ù omnesCommutantur ibi positurce principiorum :

Fit priàs aisensum ut qutx corpora convenie-bant

Nunc non co/iveniant ; & ccetera fint magisapta

Quae penetrata queunt sensum progignereacerbum.

lib. IV, de rer- natur.Ainsi dans la fievre humorale , la fibreanimale se fronce sous faction de cettecause irritante, ses productions se héris-sent , s’il est permis de le dire , ainsi queles pattes d’un infecte qu’on inquiette ;cependant toute la sensibilité semble se jeteravec ses forces fur les fonctions vitales,c’est-à-dire, fur le cœur & le système vas-culaire , & négliger entièrement les autresfonctions ; les humeurs sont entraînées de*a circonférence au centre , à peu prèsc omme nous l'avons vu arriver dans laterreur ; le corps pâlit &. frissonne, & cet

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état violent dure jufqu’à ce que par sabordd’un fluide sain qui est le produit de cettecommotion générale , le fluide de l 'éthersoit invisqué au point de ne plus causer lamême sensation aux parties nerveuses ;d'où vient que pour lors ces parties serelâchent, &c. & comme !e plus souventcette cause réside dans les premieres voies, ou aux environs , on sent jusqu’ou peuvent] aller quelquefois les spasmes, les constric-| fions des productions nerveuses de cefameux centre, dont les suites trop ordinai-res sont te reflux du sang dans certaines par-ties , des engorgemens de viscères, des stasesd’humeurs, &c. sources funestes de tant demaladies.

Il en est de même de la fievre qu’onappelle nerveuse. C’est toujours l’irritationde l’ame sensitive , un spasme des organesqui en resserre toutes les voies excrétoires,& qui peut être occasionné, ou par unecause matérielle qui a pénétré fort avantdans la substance de ces organes , & qui yadhéré opiniâtrement, ou par une indis-position vicieuse que l’habitude, & les pas-sions même, sont capables de donner auxnerfs , &c.

On voit dams cette legere image de toutesles fievres & de toutes les maladies, quela sensibilité est toujours le même principequi agit dans ce cas, comme il agit dans lasanté, c’est-à-dire, relativement aux dis-positions des parties organiques ; mais cequi mérite une considération particulière,on a dû s’appercevoir que ce principe s’ir-ritant plus ou moins, & augmentant sesforces suivant les résistances & les variationsqu’éprouve dans ses qualités la cause mor-bifique, il n’est pas possible de vouloir adap-ter les loix méchaniques à de pareils phé-nomènes.

En continuant d’après cette considéra-tion , & sc rappelant ce que nous avonsdit des trois temps marqués dans le som-meil , on trouvera qu’il arrive dans lecours de la maladie aux parties sensiblesautant d’époques remarquables qui sont lesphases des maladies , savoir Yirritatíon ,dont nous avons déja parlé, la coction &l 'excrétion.

La coction est donc encore 1 ouvrage dela senfibilité, du moins en-partie. est este