SE N _
beaucoup de maladies aiguës la matièremorbifique résidant dans le tissu spon-gieux ou cellulaire des parties, les saignéesdont l’indication eíl le plus ordinairementfondée chez les modernes fur la théoriede la circulation , ne sauroient entrer dansle traitement de ces maladies ; 2°. le corpsanimal étant un composé de solides 8c de jfluides, qui font les uns à l’égard des autres jdans une réciprocité absolue dc besoins & jd’utilité , on peut en inférer que des sai-gnées multipliées dans une maladie doiventêtre aux fluides ce que la mutilation estaux solides. En vain prétendroit-on jultifìerl’abus de ce remede par des théories &des exemples, en imaginant même d’avoirà combattre dans les humeurs une dépra-vation qui équivaudroit à Tétât de gan-grené dans les parties solides d’un membre;Ton ne voir pas à quoi serviroient quel-ques poëlettes dc sang , le vice gangreneuxétant supposé infecter toute la masse des
S E N
tenant, suivant nos principes, \ des concepsdans Tarne sensitive, nous en reconnoif-sons> comme dans Thiítoire des maladies,d’originaires & d’accidentels, qui peuventse rapporter plus ou moins aux trois étatsdont nous venons de parler. On doit placerparmi les premiers quelques antipathies,sympathies, & autres incommodités dontil n’est pas toujours prudent d’entreprendrela eurasien , étant identifiées avec la vie,& comme autant de constitutions irre'gu-lieres. Ainsi Pline rapporte d’après ValereMaxime , que le poète Antipater sinodienavoir la fievre chaque année , le |Our de fanaissance. Voy;^ hifi. natur. hb. Vil , p. 407.Schenckius fournit de pareils exemples dansle livre VI. de ses observât, médec. On a vudes personnes qui ont eu habituellementla fievre durant toute leur vie , & qui n’ontpas laissé que de parvenir à une vieillessetrès-avancée ; tel a été l’illustre Mecene.
Quant aux concepts accidentels , il y en a
fluides. Ce n’est pas cependant que lasai- ) qu’on peut regarder comme de fortes ba-
guée ne produise d’admirables esters,lorsqu’elle est placée à propos, par exem-ple , au commencement des maladies aiguësou dans le temps d’irritation , suivant laPratique des anciens, dans la suppressiondes réglés & d’autres hémorrhagies habi-tuelles , dans certaines douleurs vives ,dans une chaleur, une lourdeur excessive ducorps , 6 ’c. Mais dans tous ces cas même iltfest permis d’user de ce remede quetrès-modérément, parcâ manu , à titre d’ad-)uvant, adjuvans , & jamais à titre de cu-J'.utif, comme lorfqu’on applique des émol-bens fur un abcès pour en aider la matu-tation , qu’on fait des scarifications à unepartie , qu’on emploie les véíicatoires, &c.€ar le corps efi le mime à í intérieur qu à f ex-térieur. Voye% là dessus un excellent ouvrageintitulé , les abus de la saignée démontrés , &c.
Effets particuliers de la sensibilité. Nouscroyons avoir suffisamment établi Tinfluxadmirable du principe sensitif’ dans lestrois états de la vie , de la santé & de lamaladie. II est pourtant encore des dispo-sitions ou affections nerveuses singulières. comme autant de bizarreries dans la^nsibilité, augmentent son histoire dequeiquos autres phénomènes.
Ces dispositions ou affections nerveuses
bitudes nerveuses dégénérées en terr.pé-ramens, 8c qu’il faut traiter avec la mêmecirconspection que les premiers. D’autresfont dûs aux impressions fâcheuses de quel-que maladie grave qui a été mal jugée,ou interrompue dans fa marche, ou re-connoissent pour cause quelqu’autre acci-dent : ceux-ci admettent le plus souventles secours de J’art. KaW Boerhaave ra-conte " qn’un vieillard nommé Monroo, parune sympathie contractée depuis Tenfance,.ne pouvoit regarder personne dont il ne fûtoblige d’imiter tous les mouvemens corpo-rels ; ce pantomime singulier porfoit l’imi-tation jusqu’à rendre scrupuleusement lesplus légers mouvemens des yeux, des levres,des mains, des pies, f>r. II se couvroit & sedécouvroit la tête, suivant qu’il le voyoitfaire aux antres, avec une liberté & unefacilité surprenantes ; lorsqu’on essayoit delui ôter Tissage dune main , tandis qu’ilgefficuloit de l’autre , il se débattoit avecdes efforts extraordinaires, & la raison qu’ilen donnoit , c’eít qu’il y étoit forcé par ladouleur qu il ressentoit au cerveau & a>icœur. Enfin ce pauvre homme , en consé-quence de son incommodité, n’alloit jamaisdans les rues que les yeux bandés ; & lors-qu’il lui arrivoit de s’encretenir avec ses