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Tome trentième.
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'Galien reconnoissoit pour insensible lagraiste qui, chez les anciens, comprenoisle tjfîu cellulaire , une partie des glandes,la moelle , les parenchymes des viscères ,pu-isqu’il n'y a point de nerfs , les os, lesligamens, les cartilages.

En consultant ('anatomie , on trouveraque pluíieurs parties du corps humain n’ontpoint de nerfs , & qu un plus grand nom-bre n’en a pas d’aílez sensibles pour êtredémontrées. Le placenta & le cordon íòntfans nerfs.

Les os & les cartilages sont insensibles.Dans la dent, le nerf remplit la cavité ; c’eíìlui qui lent : quand ii est détruit, la dentne lent plus rien. J’ai vu, & à loisir, trépa-ner íe crâne extrêmement épais d’unc fem-me qui attribuait à du mercure épanché furla dure-mere, un sentiment de froid perpé-tuel au haut de la tête dont elle étoit tour-mentée : dans faction du trépan , elle nefentoit rien.

La moelle est une cfpcce de graille; ellefera insensible comme elle ; l’expéricnce enest difficile à frire ; car , pour la faire , ilfaut blesser tant de parties, qu’ii est diffi-cile d assigner à la douleur son véritableftege. Si effectivement l’artere nourricièredes os est accompagnée d’un nerf, il y auratin sentiment proportionné à ce nerf. Jefl’ai pas fait de recherches là-destus ; maisde très-habiles gens en Italie & ailleurs, onttrouvé la moelle insensible.

II y a eu de vives disputes fur l’infensi-filité des tendons. Galien distinguoit dans* e tendon la partie ligamenteuse véritable-ment insensible , & la partie proprementtendineuse, qu’il croyoit cependant moinssensible que le nerf. Plusieurs chirurgiensdu siccle précédent , Severini lui-même &•M. Meckren , & d’autres chirurgiens dufiecle présent, mais qui ont écrit avant lesdernieres controverses, ont reconnu queles tendons n’avoient qu’un sentiment trèsobscur.

Le tendon d’Achille rompu dans le dan-seur Cochin & dans f anatomiste Monro ,se déchira fans la moindre douleur. Atkins«i consirmé cette insensibilité au fond de laGuinée. On avoir fait la future des tendonsdans toutes les parties de l’Europe , fansApercevoir des douleurs ni des accidens

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qu’une piqûre devoir produire dans unepartie nerveuse.

D’innombrables observations ont cons-taté que les blessures des tendons ne causentaucun accident, n’excitent point de con-vulsions , fie guérissent fans !a moindredifficulté. J’ai découvert le tendon d'A-chille à des chiens , je l’ai piqué , brûlé ,j’en ai retranché la moitié , jamais îeschiens n’ont souffert le moins du monde.Un tissu cellulaire bleuâtre feformoitd’uneglu épaissie , & réunisloit les extrémitésdivisées du tendon. Les chirurgiens inci-tent tous les jours les grandes aponévroses ,quand un épanchement de sang demandeun libre écoulement ; ils n’ont jamais vuleur opération suivie d’aucun symptôme ;& cependant ils avoient fait ce que l’onregarde comme la maniéré de blesser lestendons la plus pernicieuse , puisque l’apo-névrose n’écoit qu’à demi-divisée.

Les anatomistes avoient vu les oiseauxvivre avec des tendons osseux , le mêmechangement survenir assez souvent auxtendons de l’homme. Véfaic avoir révoquéen doute l’existence des nerfs dans lestendons ; LeeuWenhoeck n’en avoir pointtrouvé , en se servant du microscope : ona pris le même soin en Italie, & on n’en ajamais vu. II est vrai que des nerfs rampentdans le tissu cellulaire qui couvre les ten-dons , mais ils ne sont pas destinés aux ten-dons ; ils n’y fournissent aucune branche, &ils passent à la peau.

Ce fut en 17sr que M. de Hallc-r publiasos premieres expériences fur f insensibilitédes tendons. II avoir été appelé pour unjeune homme blessé à la main , & qui per-doit beaucoup de sang. Un autre médecinavoir arrosé la blessure d’huile de térében-thine chaude pour supprimer le sang : leblessé avoit souffert des douleurs extrêmes ■»le tendon du long supinateur paroissoít àdécouvert dans le fond de la plaie , & n’a-voitrien souffert. M. de Haiier hasarda dele presser avec un stilet ; &, voyant que lejeune homme ne se plaignoit pas, il irrita cetendon en differentes manierc-s, fans causerni douleur ni accident. La blessure ne putêtre guérie que par une incision qui nntl’artere radiale à découvert ; on la lia, fitl hémorrhagie ceûà.