8-8 $ E N
tein , très-habi ! e anatomiste à Strasbourg,a mis ces faits hors de doute, par les dis-sections les plus exactes.
Maigre' ces préjugés, on a cru , & detout temps, que ladure-mere étoit douéed'un sentiment exquis, que ses blessurescausoient des convulsions, son inflamma-tion la frénésie, fa compression 1 assoupis-sement. Cette opinion s est conservée denos jours , & dans des expériences fort ré-centes. Peut-être le voisinage du cerveauaura-t-il donne lieu a cette hypothèse : ilpeut arriver bien facilement que la compres-sion des méningés paroisse produire desaccidens, parce que le cerveau est com-primé par la méme cause , & que l’inflam-mation est commune à la méningé & cu
cerveau.
Les chirurgiens auroient pu se souvenircependant des observations fans nombrede blessures de route efpece, de fvagmensdu crâne, des pierres engagées dans ladure-mere, d’une inflammation & d’unesuppuration très-confidérable de tant delésions de cette méningé, dont aucune n’acausé ni douleur, ni le moindre symptôme.Le précepte généralement reçu d’ouvrirla dure-mere, quand il y a un fluide quel-conque sous elle, les auront dû convaincreque les blessures de cette méningé nccausent pas de convulsion. Mais le pouvoirdes préjugés a toujours été bien grand furPeípiit des hommes , & les a portés à dé-fendre le parti de Terreur dans des occa-sions bien plus importantes.
Des expériences innombrables, faitesfur les animaux, & d’autres très-nom-breuses, faites fur les hommes par d’ha-bi’es chirurgiens, par M. Vetna, Riviera& d’autres auteurs ; d’autres expérien-ces des adversaires de Tinsensibilité , deMM. V. Doeveren & Laghi , ont cons-tate au delà de toute répliqué, que ladure-mere est aussi insensible qu’elle est peudouce de nerfs. Aussi MM. Hunter , Lobs-tein & p-uneurs autres illustres en anatomieA en chuurgie , font convaincus de cette
insensibilité. _
Il est plus difficile de faire des expériencesfur la pie-mere ; celles que l’on a faitesparoiífent la faire insensible, & ce que nous
S E N
dirons fur les enveloppes des nerfs, nouáconfirme dans ces idées.
Les membranes en général font ,comme le périoste & comme la dure-mere,un tissu cellulaire plus compact & plusferré ; il n’y en a aucune à laquelle onne puisse rendre par la macération fa pre-mière condition de celluleufe. Essentielle-ment elles n’ont point de nerfs qui leursoient propres.
Les expériences faites fur le sac herniaire,sur le mésentère, sur la membrane externe »méme des intestins , & dans les animaux &dans l’homme, s’accordent à faire ces mem-branes insensibles. Si quelquefois la pleureenflammée ou fuppuréeeít accompagnée dedouleur, car elle ne Test pas toujours, il Ya fur la pleure , entr’ellc & les musclesintercostaux , de gros troncs nerveux , qu sTinflammation & l’abcès ont pu intéresser.
La tunique cornée de l’ccil a paru insen-sible à M. David , qui a eu tant de foismeilleure occasion d’en observer le senti-ment; jel’aí trouvée insensible dans les ani-maux. Des chirurgiens qui ont fait centfois T extraction du crystallin , Tont percefans que le malade ait senti de la douleur.II est vrai qu’elle est recouverte par la con-jonctive ; & que certe membrane a àéinerfs ; mais ces nerfs ne détendent peut-étre pas jusqu a la cornée , & peut être leífilets y sont-ils trop petits & trop rares pouffaire une sensation.
Les viscères ne sentent que foiblemenf >Galien s’en est déja apperçu ; ils s° nEtrès-souvent détruits par des abcès, s an ?que le malade s’en apperçoive. Le ssdpoumon, qui a des branches nerveuses d anSla membrane nerveuse des bronches, con-tinuée avec la peau, est trèssensiblecomm 3elle.
Le même Galien a compté entre les P ar "ties insensibles quelques glandes ; je n’ai P aSfait d’expériences Air elles, mais je st>Eçonne aster que le sentiment des glandsconglobéesest fort obscur , n’y ayant jam alSremarqué de nerfs.
Les artères & les vaines font infensib eS ,!soit qu’on les lie ou qu’on les irrite. I* evrai que les gros troncs des artères, “cœur , du mésentère , £’c. servent
soutien à des nerfs sensibles fans do^ 0 '
m alJ