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Tome trentième.
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S E N

avons bien une perception intime des ím-ressions reçues en nous, dont nous attri-iions l’occaíion à des esprits Sc à des intel-ligences qu’o n suppose exister hors de nous;niais cette perception intime ne portantconviction que d’elle-même, & étant touteintérieure, elle ne nous donne aucune cer-titude évidente d’un être qui soit hors denous. En effet , selon cette belle philoso-phie , l’ame n’est point évidemment cer-taine , si elle n’est pas de telle nature ,qu’elle éprouve par elle-même & par fafeule constitution , les impressions dontelle attribue la cause à des êtres qui exis-tent hors d’elle. Elle n’a donc pas de cer-titude évidente qu’il y ait hors d’elíe aucunesprit, ni aucun être quel qu’il soit ; ellen’a donc point d’évidence qu’elle n’exístepas de toute éternité , ou même qu’elle nesoit pas Punique être qui existe au monde.Après une conséquence aussi singulière, cen’est pas la peine d’indiquer toutes les autresqui se présenteroient en foule , pour mon-trer que je n’ai nulle évidence , si je veilleactuellement, ou si je dors ; si j'ai la libertéd agir ou de ne pas agir , de vouloir ou dene pas vouloir, ctr. Toutes ces conséquen-ces fautent aux yeux d'elles-mêmes , fansqu’il soit besoin de les marquer plus au long.

Puisque les conséquences qui s’ensuiventnécessairement de ce principe , savoir queAssentiment intime de notre propre percep-tion est Punique réglé de vérité, sont sibizarres, si ridicules & si absurdes, il fautnécessairement qu’il soit lui-même bizarre,ridicule & absurde , puisqu’il est démontréque les conséquences ne font qu’une mêmechose avec le principe. Voye\ EVIDENCEH Sens commun.

Sentimens , ( en Poéfie ) & particuliè-rement dans le poème dramatique , fontles pensées qu’expriment les différens per-sonnages , soit que ces pensées aient rapportà des matières d’opinion, de passion, d’af-faires pu de quelque chose semblable. VoyezPensée. 1

Les mœurs forment faction tragique, &les sentimens l’expofent, en découvrant sescauses , ses motifs, &c. Les sentimens fontaux mœurs ce que les mœurs font à la fable.Mœurs.

Dans les sentimens, il faut avoir égard àTome XXX.

S E N 8r,

la nature 5c à la probabilité. Un furieux ,par exemple, doit parler comme un furieux,un amant comme un amant, & un héroscomme un héros. Les sentimens ferventbeaucoup à soutenir les caractères. VoyezCARACTERE , DICTION , HÉROS , & c .

Sentimentd’épée, Sentir l’épée,( Escrime. ) on dit d'un escrimeur qu’il a l esentiment délicat ; lorfqu’en touchant l’épéede l’ennemi avec la sienne, il connoit Ionattaque & la position des épées.

Le sentiment d'épée doit etre tel qu il nefatigue pas le bras de l’ennemi, & qu il nele contraigne pas de dégager. Mais il doitêtre aslèz sensible pour s’appercevoir sil’ennemi quitte l’épée, s’il fait un conle-ment d’épée, ou s’il force l’épée. Voye[Engagement.

Sentiment , ( Vénerie . ) lorsqu’unchien reçoit le vent de la voie, on ditqu’il a du sentiment.

SENTÍN , f. m. ( G-ram, St Mytholog. )dieu qui présidoit à tout ce qui avoit lesentiment. On l’invoquoit aux couches desfemmes, afin qu’il donnât des sens biendisposés à l’enfant.

SENTINE, f. f. {-Marine.) terme dulevant qui signifie ou Panguillere ou l’eaupuante & croupie qui s’y corrompt. VoyeiAnguillere.

SENTINE, f. f. {Charpenter. navale.) fortede grand bateau ou chaland, dont on se sercen Bretagne pour la voiture des sels fur Uriviere de Loire. {D. J.)

SENTINELLE, f. f, terme de Guerre ,c’est un soldat tiré d’un corps - de - garded’infanterie , qu’on place en quelque postepour découvrir les ennemis, pour préve-nir les surprises, & pour arrêter ceux quiveulent passer fans ordre , & fans se faireconnoître.

Ce mot est moderne ; il n’y a pas long-temps que l’on difoit être aux écoutes, poursignifier ce que l’on dit a présent , être e/tsentinelle. Ménage dérive ce mot àsentìendo ,du verbe appercevoir.

Sentinelle perdue , soldat qu’on place dansun poste dangereux & presque désespéré.On appelle aussi enfans perdus , à es solJatsqu’on expose dans une bataille à la pre-mière fureur de l’ennemi. Eby e í EnfansPERDUS.

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