DU SYSTÈME DU MONDE. 5s5
çale. On le voit, même dans ses derniers ouvrages, se complairedans ces chimériques spéculations, au point de les regarder commeYame et la vie de l’astronomie. Il en a déduit l’excentricité de l’orbeterrestre, la densité du soleil, sa parallaxe, et d’autres résultats dontl’inexactitude aujourd’hui reconnue est une preuve des erreurs aux-quelles on s’expose, en s’écartantdela route tracée par l’observation.
Après avoir détruit les épicicles que Copernic avoit conservés ;après avoir déterminé la courbe que les planètes décrivent autourdu soleil , et découvert les loix de leurs mouvemens ; Keplertouchoit de trop près, au principe dont ces loix dérivent, pour nepas le pressentir. La recherche de ce principe exerça souvent sonimagination active; mais le moment n’étoit pas venu, de faire cedernier pas qui demandoit une connoissance plus approfondie dela mécanique, et une géométrie plus perfectionnée. Cependant, aumilieu des tentatives infructueuses de Kepler, et de ses nombreuxécarts ; l’enchaînement des vérités l’a conduit à des vues saines surcet objet, dans l’ouvrage où il a présenté ses principales décou 7vertes. « La gravité , dit-il dans son Commentaire sur Mars, n’est» qu’une affection corporelle et mutuelle entre les corps semblables.» Les corps graves ne tendent point au centre du monde, mais à» celui du corps rond dont ils font partie; et si la terre n’étoit pas» sphérique, les graves ne tomberoient point vers son centre, mais» vers différons points. Si la lune et la terre n’étoient pas retenues» dans leurs distances respectives ; elles tomberoient l’une sur» l’autre, la lune faisant-les {7 du chemin, et la terre faisant le reste,» en les supposant également denses ». Il croit encore que l’attrac-tion de la lune est la cause du flux et du reflux de la mer, et il soup-çonne que les irrégularités du mouvement lunaire, sont produitespar les actions combinées du soleil et de la terre, sur la lune.
L’Astronomie doit encore à Kepler, plusieurs découvertes utiles.Son ouvrage sur l’optique, est plein de choses neuves et intéres-santes; il y explique le mécanisme de la vision, inconnu avant lui ;il y donne la vraie cause de la lumière cendrée de la lune; mais ilen fait hommage à son maître Mœstlin recommandable par cettedécouverte, èt pour avoir rappelé Kepler à l’astronomie , et con-verti Galilée, au système de Copernic. Enfin, Kepler, dans son
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