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Exposition du systême du monde / par P. S. Laplace
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327
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DU S Y S T Ê ME DU M O N D E. 627grand nombre de découvertes; et si ce rare génie eût eu lidéede combiner ses théorèmes sur la force centrifuge, avec ses bellesrecherches sur les développées, et avec les loix de Kepler; il eûtenlevé à Newton, sa théorie des mouvemens curvilignes, et cellede la pesanteur universelle. Mais cest dans de semblables rappro-chemens, que consistent les découvertes.

Vers le même temps , Hevelius se rendit utile à lastronomie,par dimmenses travaux. Il a existé peu dobservateurs aussi infa-tigables : on regrette quil nait pas voulu adopter lapplication deslunettes aux quarts de cercle, invention qui a donné aux observa-tions, une précision jusqualors inconnue.

A cette époque, lastronomie prit un nouvel essor, par léta-blissement des sociétés savantes. La nature est tellement variéedans ses productions et dans ses phénomènes, elle est si difficile àpénétrer dans ses causes ; que pour la connoître et la forcer à nousdévoiler ses loix, il faut quun grand nombre dhommes réunissentleurs lumières et leurs efforts. Cette réunion est sur-tout nécessaire,quand les sciences, en sétendant, se touchent et se demandent demutuels secours. Alors, le physicien a recours au géomètre, poursélever aux causes générales des phénomènes quil observe; et legéomètre interi'oge à son tour, le physicien, pour rendre ses recher-ches utiles, en les appliquant lexpérience, et pour se frayer parces applications mêmes, de nouvelles routes dans lanalyse. Mais leprincipal avantage des sociétés savantes, est lesprit philosophiquequi doit sy introduire , et de-, se répandre dans toute unenation, et sur tous les objets. Le savant isolé peut se livrer sanscrainte, à lesprit de système ; il nentend que de loin, la contradic-tion : mais dans une société savante, le choc des opinions systéma-tiques finit bientôt par les détruire ; et le désir de se convaincremutuellement, établit entre les membres, la convention de nad-rnettre que les lésultats de lobservation et du calcul. Aussi, lex-périence a prouvé que depuis lorigine de ces établissemens, la vraiephilosophie sest généralement répandue. Eu donnant lexemplede tout soumettre à lexamen dune raison sévère ; ils ont fait dis-paroître les préjugés qui avoient régné trop long-temps dans lessciences, et que les meilleurs esprits des siècles précédens, avoient