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Tome trentième.
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guerre, comme un arc , une épée , unelance, des éperons, un cheval, des gante-lets , &c.

SERGENT , f. rt. (Gram & Jurispr.) estun officier établit pour faire toutes sortesd’exploit judiciaires & extrajudiciaires , &pour mettre à exécution les jugemens &mandemens de justice.

Pafquier & Ménage ont avec raisonrepris Cujas d’avoir voulu dériver ce motde ccejarianus , ainsi qu il fait fur la loidefenjìonis 7. au code de jure fisci.

Ce terme vient du latin Jerviens qui sig-nifie Jervant parce que les sergens font enefí'et les ministres de la justice^ & qu’ilsexécutent fes ordres & mandemens.

Du hún/érviens on a fait par corruptionservjens & en franc ois servjens , serjens ,sergent. On trouve quelquefois écrit Jerre-gens ; ce qui a fait croire à quelques-unsque ce terme venoit de ce que les sergensfaifoient serrer les filles des gens de guerre;d’autres ont cru que cela venoit de ce que1 tessergens serrent des gens , c’est-à-dire ,.emprisonnent ceux qui sont condamnéspar corps ou décrétés ; mais c’est par cor-ruption que l’on a écrit serregens pour ser-gens , & îa véritable étymologie de sergent* vient, comme on l’a dit, du latin Jerviens& de ce que les sergens font les ministresde la justice.

Présentement presque tous les sergens sesont attribué le titre S huissier-fer gent oud ’huissier simplement, quoique le titre à’huij-ster ne convienne véritablement qu’à ceuxd’entre les sergens qui sont préposés à lagarde de l’huis ou porte de l’auditoire.

Le titre de serviens ou sergent leur étoitcommun anciennement avec tous les noblesqui servoient à la guerre sous les chevaliers.Armigerjcutarius ou serviens étoient termessynonymes les écuyers étoient appelés fer-ventes , parce qu’ils servoient les cheva-liers , portoient leur écu : & comme ancien-nement il falloit être chevalier pour rendrefa justice , il ne faut pas s’étonner fi ceuxqui éxecutoient les mandemens de justice ,furent appelés servi eìtlei même que lesécuyers d autant mieux qu’il y avoit des ser-gens de 1 épee ou dii^ plaid de l’épée qui,étoient établis singulièrement pour exécu-tes par les armes les mandemens de justice..

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Ces sortes de sergens faifoient alors ec quefont aujourd’hui les archers. Ils étoientquelquefois préposés à la garde des châteauxqui n’étoient pas fur la frontière , & al-loient en guerre fous les châtelains, commeon v.oit dans l’ancienne chronique de Flan-dre , ch. xij. xv. xlvij. Ixxviij. Ixxxxj. Ixxxxix.xc. & au liv. 1 . de Froistàrt , ch. xix.

Le service des écuyers étoit néanmoins"différent de celui des sergens de justice. Ecquoique les sergens tant à pié qu’à cheval »aient été armés, & aient eu solde pour leservice militaire , leur service & leur rangétoit moindre que celui des écuyers ; c’estpourquoi les sergens ou máflìers du roi furentappelés sergens £ armes , pour les distingueràessergens ordinaires, & parce qu’ils étoientpour la garde du corps du roi ; ils pouvoientpourtant aussi faire fergenterie partout leroyaume, c’est - à - dire , exploiter. MaisCharles V. cn 1376 leur défendit de mettre,à exécution les mandemens de justice quiétoient adressés à tous sergens en général :le service des armes & celui de la justiceétant deux choses distinctes.

II y avoit deux fortes de sergens poucla justice : les uns royaux : les autres pourIcs justices seigneuriales.

Le nombre des uns & dés autres étoitdevenu fi excessif, & ils s’écoient rendustellement à charge au peuple', qu’on les ap-peloit mangeurs , parce qu’ils vivoient à dis-crétion chez ceux chez lesquels on les avoirmis en garnison. Le peuple demanda cn1 ;si que le nombre de ces officiers fûtréduit ;& en conséquence le roi Jean or-donna qu’il n’y en auroit plus que quatre-dans les endroits où il y en avoit vingt, &ainsi des autres endroits à proportion.

Au commencement,les salaires d es sergens,■quand ils alloient en campagne, fe payoientpar journées , & non pas par exploits.Les sergens à cheval n’avoient que 3 fouspar jour , & les sergens à pié J 8 deniers ; les-11ns ni les autres ne pouvoient prendre da-vantage , quelque grand nombre d’ajour-nemens qu’ils donnassent dans différentesaffaires & pour différentes parties*, leursalaire fut depuis augmenté , & néanmoinsencore réglé à tant par jourlis ne pouvoient autrefois exploiter , ûns-être revêtus de leur manteaux bigarrés, &