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Tome trentième.
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guere de gibier ; mais outre les 40 millebœufs que l’on y consomme tous les ans ,frais ou salés , les pourvoyeurs doiventfournir tous les jours zoo moutons ; iooagneaux ou chevreaux , suivant les saisons;io veaux ; 200 poules ; zoo paires de pou-ssts ; 100 paires de pigeons; 50 oisons.Voilà pour nourrir bien du monde.

Tout à Pentour de !a cour régné unegalerie assez basse, couverte de plomb &soutenue par des colonnes de marbre. II n ya que le grand-seigneur qui entre à chevaldan s cette cour ; c'est pour cela que ia penteécurie s’y trouve, mais il n’y a de place quepour environ 30 chevaux ; on serre les har-nois dans des salles qui font au deflus, & cefont les plus riches harnois du monde , parla broderie & les pierres précieuses dont ilsfont relevés

La grande écurie dans laquelle on entre-tient environ mille chevaux pour les offi-ciers du grand-feígneur , est du côté de lamer fur le Bosphore. Les jours que lesambassadeurs font reçus àl’audience , lesjanissaires proprement vêtus se rangent àdroite sous la galerie. La salle où se tient ledivan, c’esì-à-dire, où l’on rend la justice,est. à gauche tout au tond de cette cour ; àdroite est une porte par où l’on entre dans^intérieur du serrai! : le passage n’en estpermis qu’aux personnes mandées.

Pour la salle du conseil ou divan, elle estgrande , mais basse , couverte de plomb ,lambrissée & dorée assez simplement à laMoresque. On n’y voir qu’un grand tapisétendu fur l’estrade, où se mettent les offi-ciers qui composent le conseil ; c’est là que legrand-visu , affilié de ses conseillets, jugelans appel de toutes les causes civiles &criminelles 1 le caïfnacan tient fa place enIon absence , Sc 1 òn y donne à manger auxambassadeurs le jour de leur audience. Voilàtout ce qu’il est libre aux étrangers de voirdans le ferrai! ; pour pénétrer plus avant lacuriosité coûtcroit trop cher.

Les dehors de ce palais, du côté duport,n’ont rien de remarquable que le kiosc oupavillon, qui est vis-à-vis de Galata; cepavillon est soutenu par douze colonnes demarbre; il est lambrissé, peint à la persienne& richement meublé. Le grand-feígneur yquelquefois pour avoir le plaisir de

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remarquer ce qui se paslè dans le port, oupour s’embarquer lorí'qu’il veut se promenersut le canal.

Le pavillon qui est du cótédu Bosphore,est plus élevé que celui du porc, & il estbâti fur des arcades qui soutiennent troissalons terminés par des dômes dorés. Leprince s’y vient divertir avec ses femmes &ses muets : tous ces quais font couvertsd’artillerie, mais fansaftuts ; la plupart descanons font braqués à sieur d’eau ; le plusgros qui est celui qui obligea , dit-on ,Babylone à se rendre à sultan Mourat , estpar distinction dans une loge particulière.Cette artillerie fait grand plaisir aux Maho-métans ; car on la ure peur les avertir quele carême est fini , & qu’il ne faut plusjeûner : on la décharge auffi les jours deréjouissance, & pour les conquêtes dessultans ou de leurs généraux.

Telle est la description cju’a donné Tour.nefort du serrai! & de sos dépendances. Laparesse asiatique rend de tels palais deslieux de délices pour tous les hommes de lacour du prinpé ; des gens qui ne craignentque le travail , peuvent trouver leur bon-heur dans des lieux ou l’on n’a rien à faire.Mais quels peuvcr.t être les plaisirs & lesamuíemens des femmes du sultan , qui sontà jamais enfermées dans ces sortes de pri-sons ? On est dispensé d’en rien savoir, puis-que ces dames ne tombent pas plus fous lessens d’aucun etranger , que si elles croientdes esprits purs. Ces beautés rares de Men-grélie & de Géorgie ne font faites que pouramuser le sultan , & pour faire enrager leseunuques. Tous les gouverneurs des pro-vinces font ,à l’envi , présent au grand-sei-gneur , des plus belles personnes de l’em-pire , non feulement pour lui plaire , maispour tâcher de fe faire ces créatures dans lepalais , qui puissent les avancer. Ce n’estpoint !a naissance qui réglé les prérogativesdes filles que leur fort conduit dans le ferrai!,c’esì leur beauté, au goût du grand-feígneur,qui peut faire leur fortune. Ainsi la fille d’unberger peut devenir sultane favorite , &l’on porter sur cent autres que le sultan jugeà propos de négliger.

Après fa mort les femmes qu’il a daignehonorer de ses caresses, & les filles majeurespassent dans le vieux serrai! dç Constats