S E V
ire t. T,a mort qui termina la vie de ceprince quatre ans après, mit fin à ses bril-Ians exploits.
Les maisons de cette ville font toujoursconstruites â la moresque » & mieux bâtiesque celles de Grenade &deCordoue; maisles rues font étroites & tournantes. Leséglises y font fort riches ; la cathédrale esten particulier la plus belle église, & la plusrégulièrement bâtie qui soit dans toutel’Espagne ; sa voûte, extrêmement élevée,est soutenue de chaque côté, par deux rangsde piliers ; elle est longue de 175 pas, &large de 82. Son clocher est d’une hauteurextraordinaire, bâti tout entier de briques,percé de grandes fenêtres, qui donnentdujour à fa montée ; il est composé de troistours l’une surl’autre, avec des galeries &des balcons ; l’escali sra la montée si douce,qu’on peut la parcourir en mule & à cheval,jiisqu’au plus haut ,d’où l’on découvre touteh vise & la campagne.
L’archcváque de séville , dont le siégéest fort ancien , a pris quelquefois íe titrede primat d'Espagne ; on prétend que ceprélat a plus de cent mille ducats de revenu ;ti fabrique de l’église en a trente mille , &quarante chanoines ont chacun trente milleréaux.
La plupart des autres églises de séville !font belles, & particulièrement celles qu’onyoit dans quelques maisons religieuses ;pn y compte 8§ bénéfices, & plus de troismille chapelles ; l'éghle de S. Salvador,qui servoit autrefois de mosquée aux Mau-res, est par conséquent bâtie à la moresque,c'est-à dire, qu’elle est faite en arcadessoutenues par des piliers qui forment plu-sieurs portiques.
L’univcrsité de séville a été sondée enjjji , par Roderique Fernandez de San-taeîla , savant espagnol de son temps -ensuite les rois d’Efpagne lui ont accordéles mêmes privilèges qu’à celle de Salaman-que , d’Alcala , & de Valladolid ; elle a tou-jours pour patron quelque grand seigneurespagnol, qui pour cela ne la fait pas fleurirdavantage.
A u midi de la ville, près del’église cathé-drale , est Iç palais royal, nommé alcaçar ,bâti en partie à l’antique par les Maures ,& en partie à la moderne par le roi I).Tomt XXX,
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Pedro , surnommé le cruel ; mais l’antiqueest infiniment plus beau que le moderne.On donne à ce palais un mille d’étendue ; ilest flanqué de tours, qui font faites degrosses pierres taillées en quarté.
Labourse où les marchands réassemblent,est derriere l’églife cathédrale ; elle estfaite en quarté , d’ordre toscan, & com-posée de quatre corps de logis : chaquefaçade a deux cens pies de longueur avectrois portes & dix-neuf fenêtres á chaqueétage : elle a deux étages, dont l’un sertpour les consuls ; les appartemens font degrandes salles lambrissées, où les marchandstraitent ensemble des affaires du commerce,cebâtimenr, commencé en i584 , & quin a ete fini que soixante ans aptes, a coûteprodigieusement, puisque l’achat de l’em-plaeement seul, fut payé soixante & cinqmille ducats.
A l’entrée du fauxbourg nommé Triana ,est le cours, où toute !a ville va prendrele frais en été ; il est fait comme un jeude mail double , partagé en deux allées degrands arbres, avec de petits fossés pleinsd’eau-
La boucherie, par une plus sage politiqueque celle de Paris, est hors de la ville ; maispar tìne délicatesse de luxe, égalementcruelle& effrénée, on prend foin avant que d’égor-ger les boeufs, de les taire combattre contreles dogues, asin que leur chair en soit plustendre.
En rentrant dans la ville par le pont debateaux, on voit à l’entrée du port , quiest spacieux , le long du bord du Guadal-quivir, une grande place nommée l 'Arénal ,la maison de l’or , où l’on décharge leseffets , & où l’on met l’or & l’argentqui viennent des Indes. Cette maison aun grand nombre d’officiers qui tiennentregistre de toutes les marchandises q u *arrivent du nouveau monde , ou qu’on Yporte.
On compte plus de cent hôpitaf* dansSéville , 1 a plupart richement dotés ; d y en aun où l’on donne à chaque ms^de ses metsparticuliers, selon l’ordonnancs des méde-cins ; les gentilshommes , ,es etudians del’umversité , y font reçus, & ont les uns &.les autres, des chambres séparées ; c est
ancfott belle