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Tome trentième.
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juste & si correct , qu’il y a peu d’auteurs IEspagnols qui puissent aller du pair avecCervantes à cet égard. II en a poussé si loinPétude, qu’il emploie de vieux mots pourmieux exprimer de vieilles choses. En sir* >les raisonnemens font pleins d’esprit , lenœud est habilement caché , & le dénoue-ment - heureux. .

La premiere partie de dom Quichotteparut à Madrid en 1605 , - 4^. & est

dédiée au duc de Bejar , de la protectionduquel sauteur se félicite dans des vers qu'ilattribue à Urgande la deconnue , & quifont à la tête du livre. La seconde partiede Pou v r âge ne parut qu en 161 f. Le débitdu livre fut tel, qu’avant que sauteur eûtdonné cette seconde partie , il fait dire aubachelier Samson Carasco : " A sheurequ’il est , je crois qu’on en a imprimé plusde douze mille à Lisbonne, à Barcelonne& à Valence , & je ne fais point de doutequ’on ne le traduise en toutes fortes delangues, w Cette prédiction s’est si bienvérifiée , qu’il faudroit un volume pourentrer dans le détail de ses différentes édi-tions & traductions. Tous les plus célébrésartistes , peintres, graveurs , sculpteurs ,dessinateurs en tapisseries de haute & basse-lisse, ont travaillé à l’envi à représenter lesaventures de dom Quichotte , & c’est ceque nous avons de plus amusant.

Dès que cet ouvrage parut en Espagne, onlui fit un accueil qui n'avoir point eud’exem-ple j car il fut universel chez les grands,le militaire, & lesgensde lettres. Un jourque Philipt*eIII. étoit fur un balcon du palaisde Madrid , ilapperçut un étudiant furiebord du Mançanarès, qui, en lisant, quit-toit de temps en temps fa lecture, &se frap-poitle front avec des marques extraordinai-res de plaisir: « cet homme est fou , dit ler> roi aux courtisans quiétoient auprès de

lo*, ou bien il lit dom Quichotte. Leprince avoit raison , c’éroit effectivementlà le liv*e que l’étudiant lisoit avec tant dejoie. n

Enié*4 , ^ryantes sir imprimer sonvoyage du Parnasse , qui n est point un élogedes poètes espagnols de son temps,mais unesatyre ingénieuse , comme celle de CésarCaporali, qui porte te meme titre , en est«ne des poètes italiens.

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En réîf il publia que'qncs comédies &farces nouvelles , les unes en vers , les aut-res en prose. II y joignit une préface très-curieuse fur l’origine & les progrès du dra-matique espagnol ; cependant les comé-diens ne jouerenr point les nouvelles piecesde fauteur, & e est lui méme qui nousl’ap-prend avec fa naïveté ordinaire.

“Ily a, dit-il, quelques années qu’étanerevenu à mes anciens amusemens, & m’ima-ginant que les choses étoient encore fur Ismême pié que du temps que mon nom fai-soit du bruit, je me mis de nouveau à com-poser qíielquespieces pour le théâtre ; maisles oiseaux étoient dénichés ; je veux dire „que j»ne trouvai plus de comédiens qui mules demandassent. Je les condamnai donc àdemeurer dans l’obfcurité. Dans le mêmetemps,un libraire m’assura qu’il me les auroitachetées, si un célébré comédien ne lui avoirdit, que son pouvoir espérer que ma ptôseréustìroit, mais non pas mes vers. Alors,je me dis à moi-même, ou je fuis bien déchu,ou les temps font devenus meilleurs,quoiquecela soit contraire au sentiment commun ,selon lequel on fait toujoursl’éloge des tempspassés. Je revis cependant mes comédies ,& je n’en trouvai aucune assez mauvaise ,pour qu’elfe ne pût appeler de la décisionde ce comédien , au jugement d’autresacteurs moins difficiles. Dans cette idée , jeles donnai à un libraire qui les imprima. IIm’en offrit une somme raisonnable , & jepris son argent. Je seuhaiterois qu’elles fus-sent excellentes ; du moins j’espere qu’ellesseront passables. Vous verrez bien-tót ,cher lecteur, ce que c’est ; si vous y trouvezdu bon, & que vous rencontriez mon comé-dien de mouvaise humeur , priez-le de mapart de n'être pas si prompt à faire injureaux gens ; qu’il examine mûrement mespieces, il n’y trouvera ni ridicule, ni pau-vreté ; leurs défauts font cachés , la versi-fication est fortable au comique ; & le lan-gage convient aux personnages qui y parois-fent. Si tout cela ne le contente pas, jelui recommande une pieee à laquelle jetravaille , intitulée f abus de juger fur f éti-quette , qui, si je ne me trompe , ne peutmanquer de plaire. En attendant, Dieului donne la santé, & à moi de la patience.

II se divertit encore à composer quelques

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