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éc qui n’ont pas la moindre connoiíTancedes réglés de la logique.
M. Loke dit avoir connu un homme ,qui , malgré 1 ignorance profonde où ilctoit de toutes les réglés de syllogisme ,appercevoit d’abord la foiblesse & les fauxraifonnerr.ens d’un long discours artificieux& plausible , auquel d’autres gens exercesà toutes les finesses de la logique fe fontlaissés attraper.
„ Ces subtilités, ditSeneque, en parlantdes argumens , ne fervent point à éclaircirìes difficultés, ik ne peuvent fournir aucunevéritable décision ; l’esprit s’en sert commed’un jouet qui l’amuse , mais qui ne lui estd’aucune utilité, & la bonne & véritablephilosophie en reçoit un très-grand dom-mage. S’il est pardonnable de s’amufer quel-quefois à de pareilles fadaises, c’est lorf-qu’on a d u temps à perdre ; cependant ellesfont toujours pernicieuses, car on se laisseaisément séduire à leur clinquant ik a leursfausses & ridicules subtilités ».
Si le syllogisme est nécessaire pour dé-couvrir la vérité , la plus grande partie dumonde en est privée. Pour une personnequi a quelque notion des formes fyllogiíli-ques , il y en a dix mille qui n’en ont au-cune idée. La moitié des peuples de 1 Asie& de l’Afrique n’ont jamais oui parler delogique. 11 n’y avoir pas un seul hommedans l’Amérique, avant que nous soufflonsdécouverte , qui fût ce que c’étoit qu’unsyllogisme ; il fe trouvoit pourtant dans cecontinent des gens qui raifonnoient peut-être aussi subtilement que des logiciens.Nous voyons tous les jours des paysansavoir dans les choses essentielles de la vie,fur lesquelles ils ont réfléchi, plus de bonsens & de juftestè que des doéteurs de Sor-bonne. L'homme seroit bien malheureux,li > lans le íecours des réglés d Aristote , ilne pouvoit faire usage de sa raison , & quece pruent du ciel lui devint un don inutile.
Dieu n’a pas été fi peu libéral de í'es la-veurs envers les hommes , que fe conten-tant d en faire des créatures à deux jambes,il ait laissé à Aristote le foin de les rendrecréatures raisonnables ; je veux dire ce petitnombre, qu il pourreit engagera examinerde telle maniéré les l'ondemeus du jyilo-ejme , qu’jls vissent qu’entie plus de 6e>
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maniérés dont trois propositions peuventêtre rangées , il n’y en a qu’envinbn qua-torze où l’on puisse être assuré que la con-clusion est juste , & fur quel fondement laconclusion est certaine dans ce petit nom-bre de syllogismes & non dans d’autres.Dieu a eu beaucoup plus de bonté pour le»hommes. 11 leur a donné un esprit capabledéraisonner , fans qu’ils aient besoindap-prendre les formes des syllogismes. Ce n estpoint, ais-je, par les réglés du syllogisme que1 esprit humain apprend à raisonner. 11 aunefaculté naturelle d appcrcevon la convenan-ce ou la difconvenar.ee de ses idées pi peut lesmettre en ordre fans toutes ces répétitionsembarrassantes. Je ne dis point ceci pour ra-baisser en aucune maniéré Aristote ; qu’cnpeut regarder comme un des plus grandshommes de l’antiquité, que peu ont égalé enétendue , en subtilité , en pénétration d’ef-prit, & qui, en cela même qu’il a inventéce petit système des formes de l’argumen-tation , par où l’on peut faire voir que laconclusion d’un jyllogijme est juste & bienfondée , a rendu un grand service aux se-vans contre ceux qui n’avoient pas hontede nier tout. 11 faut convenir que tous lesbons raifonnerr.ens peuvent être réduits àces formes fy Holistiques. Mais cependantje crois pouvoir dire que ces formes d’argu-mentation , ne font ni le seul ni le meil-leur moyen de raisonner ; & il est visiblequ’Aristote trouva lui-même que certainesformes étoient concluantes, & que d’autresne 1 étoient pas,non par le moyen des formesmêmes, mais par la voie générale de la con-noistànce , c’est-à-dire , par la convenancemanifeste des idées. Dites à une dame quele vent est fud-ouest , & le temps couvert&: tourné à la pluie elle comprendra fanspeine qu’il n’est pas sûr pour elle de sortir,par un tel jour , légèrement vêtue aprèsavoir eu la fievre ; elle voit fort nettementla hast on de toutes ces choses , vent fud-ouest , nuages , pluie , humidité , prendredu froid rechute , danger de mort , sensles lier ensemble par une chaîne artificielle& emoarrastant e de divers fy llo s i smes , qui
, s' e ser , vcnt ss ia barder l’efput qui, sens
' ., r ccouri ' y va plus vite d une partie àlautre.
í Au reste, ce n’est pas feulement dans